Culture = 7 x Valeur ajoutée de l’industrie automobile !

Nous sommes en période de restriction. Toutes les collectivités territoriales sont en train de serra la vis, quel que soit leur grandeur : Région Département, Métropole ou même commune, tous les décideurs n’ont qu’une seule idée en tête : économie, un seul mot à la bouche : restriction, et une seule explication : baisse des dotations de l’Etat.

Les premiers qui en font les frais sont bien sur les associations et la culture. Que valent ces deux pôles face à celui du tout sécuritaire frénétique qui a saisi la France entière. Oui, que valent les actions des milliers de bénévoles associatifs, les centaines d’initiatives culturelles, le tissu social défendu par ces deux pôles face à des portiques de sécurité, l’armement des polices locales la multiplication des caméras de vidéosurveillance, j’en passe et des meilleurs.

Justement, un rapport passé totalement inaperçu, remis en son temps à Aurélie Filippetti alors Ministre de la Culture et établi par des personnes rébarbatives comme le sont les inspecteurs des finances, apporte une réponse des plus intéressante à la question de savoir ce qu’apporte la culture à l’économie en France.

Et là, surprise. En résumé :

1/ Les branches culturelles contribuent à 3,2 % de la richesse nationale et emploient 670 000 personnes

2/ Une valeur ajoutée culturelle de 57,8 Md€ en 2011 (soit 44,5 Md€ d’activités spécifiquement culturelles et 13,3 Md€ d’activités indirectement culturelles), mais dont la part dans la valeur ajoutée nationale est en diminution depuis 2005

3/ La valeur ajoutée des activités culturelles est équivalente en 2011 à la valeur ajoutée de l’agriculture et des industries alimentaires (60,4 Md€)8. Elle représente sept fois l’industrie automobile (8,6 Md€ en 2011), quatre fois l’industrie chimique (14,8 Md€) ou l’assurance (15,5 Md€) et plus de deux fois les télécommunications (25,5 Md€)

4/ Au sein de la valeur ajoutée culturelle (57,8 Md€), les onze secteurs se répartissent en trois groupes. Deux secteurs contribuent à eux deux pour près d’un tiers du total : il s’agit du spectacle vivant (8,8 Md€ de valeur ajoutée) et du patrimoine (musées et patrimoine monumental : 8,1 Md€), dont une part essentielle (5,6 Md€) vient de l’activité indirecte liée notamment au secteur de la restauration du patrimoine bâti.

5/ La production culturelle s’élève en 2011 à 129,8 Md€, dont 111,7 Md€ de production marchande et 14,0 Md€ de production non-marchande, (57,8 Md€ de valeur ajoutée (cf. 2) et de 72,0 Md€ de consommations intermédiaires)

6/ Si les entreprises culturelles emploient 670 000 personnes dans des professions culturelles et non culturelles, les professions culturelles (870 000 personnes) irriguent également les entreprises non culturelles.

7/ L’emploi dans les activités culturelles représente donc 2,5 % de l’emploi total en France (26 700 000 actifs en emploi en 2010). Le secteur culturel le plus pourvoyeur d’emplois est le spectacle vivant (150 000 emplois, soit 22 % du total de ces emplois), devant la publicité (100 000) et la presse (87 000).

8/ Le total de l’intervention financière de l’État dans le domaine de la culture et de la communication s’établit en 2012 à 13,9 Md€, dont 11,6 Md€ en crédits budgétaires, 1,4 Md€ en dépenses fiscales et 0,9 Md€ en taxes affectées15.

9/ L’étude de six variables semblent indiquer une corrélation plausible entre implantation culturelle et dynamisme socioéconomique d’un territoire. Mais des études approfondis doivent être menées.

Un passage de ce rapport est particulièrement intéressant, aussi je mets le paragraphe en entier. Il traite de « l’effet de levier », combien de fois brandi pour justifier par exemple « Marseille 2013 ». Il remet parfaitement en perspective les enjeux actuels de la culture :

« L’analyse des effets économiques d’une manifestation invite à regarder avec circonspection l’approche par « l’effet de levier » entre les subventions publiques et les retombées économiques. D’abord, il serait paradoxal que chaque collectivité partenaire revendique sa propre subvention comme étant à l’origine des retombées observées : la sagesse est de retenir comme référence le montant global de l’ensemble des subventions publiques. De plus, parler d’un « effet de levier » n’a pas grand sens, une collectivité pouvant renforcer mécaniquement ce levier en décidant simplement de baisser sa subvention. Enfin, les retombées économiques ne sont pas la seule justification d’une subvention publique : la subvention peut être, précisément, la conséquence d’une programmation artistique courageuse, moins directement « grand public », dont le résultat pour la collectivité (et la justification vis-à-vis des électeurs) est plutôt à attendre en termes de prestige et de « positionnement » culturel que d’impact économique direct. »

A la lecture de tout ceci, nos décideurs devraient y réfléchir à deux fois avant de s’attaquer aux financements aussi bien associatifs que culturels. Finalement, les subventions culturelles sont bel et bien un investissement plus que rentable. Après tout, la Culture représente à elle seule sept fois la valeur ajoutée de l’industrie automobile …

A méditer …

Mais pour ce que j’en dis !

http://www.economie.gouv.fr/etude-sur-apport-culture-a-l-economie-francaise

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