Craignos pour nos libertés numériques …

Autant je n’étais pas d’accord avec plusieurs des prises de positions de Christiane Taubira, autant je suis dans l’obligation de constater le courage et l’abnégation dont elle fait preuve. Contrairement à ce que la plupart de mes petites camarades écrivent, pour beaucoup dans le déni de la justice régalienne, je persiste et je signe quand j’affirme que ce fut une bonne garde des sceaux, meilleures que beaucoup, au moins depuis le passage de Robert Badinter.

Je suis aussi atterré par le fait que le gouvernement se retrouve privé d’une intelligence rare alors qu’il en manque tant. Que va-t-il se passer maintenant sans cette voix qui permettait d’éviter de graves dérives ? Serait-ce la fin de la France humaniste ?

Mais il est évident que placer à un poste régalien une femme, noire, à la parole libre et intelligente ne pouvait que la placer au centre de la cible à abattre des néo-conservateurs (voir mon post FB du 21 janvier 2016) et autres réactionnaires de tous bords.

Mais ceci n’est pas ma principale préoccupation. Je suis en fait vraiment inquiet depuis la découverte du nom du nouvel occupant de la Place Vendôme. En nommant Jean-Jacques Urvoas au ministère de la Justice, François Hollande confie la Chancellerie à un homme qui n’a eu de cesse d’accompagner et de soutenir la dérive sécuritaire, au détriment des droits et libertés, un homme qui a porté la fameuse loi controversée sur le renseignement qui fait passer le « Patriot Act » pour un jouet de cour de maternelle.

Il fut également un soutien actif de la loi de programmation militaire de 2014. Pour rappel, cette loi étendait déjà les pouvoirs de surveillance. Un de ses principaux articles, qui fit couler beaucoup d’encre, autorise la collecte de données en temps réel sur les réseaux, sans passer par un juge.

C’est toujours lui qui fut rapporteur de la loi sur l’état d’urgence de novembre 2015, laquelle a diverses implications pour Internet, dont la possibilité d’accéder aux données sur le Cloud depuis le domicile de personnes perquisitionnées, sans contrôle d’un juge.

Que va-t-il se passer maintenant quand projet de loi sur le numérique dont je parlais justement hier en me félicitant de son adoption, va revenir à l’Assemblée en seconde lecture ?

Le renard est enfin entré dans le poulailler et il va pouvoir se régaler en toute tranquillité !

A méditer

Maintenant, pour ce que j’en dis

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