Une abolition qui fait mauvais effet

EstrosiJe sens que ce papier ne va pas plaire à certains de mes amis maires de ma connaissance. En effet, je vais parler « logements sociaux ».

Disons-le en ouverture : je suis favorable à la mixité sociale et à la construction de logements sociaux mais pas n’importe où, pas à n’importe quel prix, et pas dans l’obligation pour certaines communes à revoir entièrement leurs structures communales.

Ceci-dit, passons aux choses qui fâchent et plus particulièrement à l’annonce par Christian Estrosi, Président de la région PACA, au nom de ce qu’il appelle « la solidarité », de l’abolition de la « double peine » des communes qui sont en infraction sur le pourcentage des logements sociaux. Cette double peine correspondait à une amputation de 50 % des subventions régionales. Désormais, les municipalités mauvaises élèves pourront dorénavant prétendre à toucher autant de subventions régionales que les autres.

Si j’étais mauvaise langue, je pourrais faire remarquer qu’avec quarante-deux communes gravement déficitaires en termes de logements sociaux, la région Paca fait figure de plus mauvais élève de France (près de la moitié des communes française ne respectant pas la loi SRU et que cette décision arrange tout le monde.

Je ne vais pas polémiquer sur les raisons qui poussent certaines communes à construire trop de logements sociaux et d’autres à ne pas le faire. Ce n’est pas le but de ce papier et je partage certains des arguments des opposants à ces constructions imposées.

Par contre, je vais m’insurger sur l’une des conséquences de la disparition brutale de cette « double peine ».

En effet, l’argent dégagé par ces pénalités alimentait un fond dédié au développement du logement social pour les jeunes. Que va désormais devenir cet axe politique fort de soutien aux premiers logements pour les jeunes, nécessaire et vital pour eux, souvent dans des situations plus que précaires ? Comment va être approvisionné ce fond ? Comme décision symbolique, Christian Estrosi pouvait difficilement faire pire.

C’est un très mauvais message envoyé par le Conseil Régional à la veille de son vote du budget qui laisse présager d’autres décisions qui risquent de ne pas me plaire.

A méditer …

Maintenant, pour ce que j’en pense …

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