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Réflexion sur les lettres ouvertes et les statuts sur les réseaux sociaux qui se multiplient à Vitrolles

Cet article est une réflexion tout à fait personnelle et n’engage que moi …

Depuis la dernière vague d’attentat, les polémiques sur la sécurité vont bon train. Chacun y va de sa « solution miracle ». On se croirait dans un « storage war » sécuritaire où les enchères et surenchères vont bon train. A croire que Donald Trump se cache derrière chacun de nos politiques …

Vitrolles n’échappe pas à ce « phénomène de mode » et chacun de nos élus, imitant en cela l’empereur de la chose, Nicolas Sarkozy en son temps, joue sur ce que j’ai toujours dénoncé : « la politique de l’émotion ». Faisant fi du moindre bon sens, se réfugiant derrière « la sécurité des vitrollais », ouvrant des parapluies aussi grands que l’Ombrière du Vieux-Port, chacun y va de sa lettre ouverte au maire, de ses posts sociaux assassins ou de son interview dans la Provence. Est- ce que cela à sa place dans le débat ou ne sert qu’à jeter de la poudre aux yeux aux citoyens crédules et donner bonnes consciences à des hommes politiques dépassées ?

Comme si un maire portait à lui seul la sécurité de la France, comme le fait de dévoiler les fiches S de la ville allait tout résoudre, comme si la multiplication des policiers municipaux allait empêcher mécaniquement tout acte délictueux, comme si la vidéosurveillance était la panacée sécuritaire.

Pourtant, que je sache, les 1254 caméras de Nice n’ont pas empêché le drame de la Promenade des Anglais ou les policiers municipaux parisiens celui du Bataclan …

Tout ce petit monde semble oublier l’essentiel : la sécurité est un des trois piliers régaliens. Alors, oui une municipalité doit participer à cette sécurité mais pas se substituer. A chacun son rôle.

De même, chacun se défausse de sa propre sécurité sur cet Etat régalien … C’était bien mais la donne a changé maintenant. Le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais. Rien n’empêchera un fanatique de procéder à un attentat s’il le décide. N’importe quel portique de sécurité, n’importe quelle caméra à reconnaissance faciale, n’importe quel soldat armé de Famas, n’importe quel policier même possédant un lance-roquette, n’arrêtera un fanatique. Ils rendront simplement les attentats plus difficiles et probablement plus meurtriers.

Arrêter toutes les fiches S, fermer nos frontières, placer un soldat derrière chaque citoyen, oublier l’Etat de droit, mettre en place une dictature, ne fera jamais cesser le terrorisme. Au contraire, pousser l’Etat vers la répression et le fascisme est ce que cherche l’Etat islamique, reprenant en cela la mécanique de tout mouvement qui a choisi le terrorisme comme moyen d’action.

Nous avons commis deux erreurs qui maintenant se retournent contre nous au quotidien : la suppression du service militaire a enlevé à la Nation le creuset citoyen qui permettait à chacun d’entre nous d’avoir un socle commun et une idée de la mixité. La réorganisation des renseignements Généraux et plus globalement celle des Services secrets français a décapité un service qui aurait pu prévenir et mieux encadrer cette montée terroriste.

Le terrorisme joue sur nos peurs et nos divisions, attisant la haine, l’exclusion et la répression. Plutôt que de faire corps autour de la République continuons à avoir l’indécence de tenir des propos comme certains irresponsables politiques le font et les terroristes auront gagnés.

L’appauvrissent intellectuel de notre politique est là. Aucun recul, aucune réflexion, aucun débat … juste des avis tranchés, lancés sous le joug de l’émotion sans aucun recul. Une « myopie transformée en art de gouverner » que même nos politiques locaux adoptent.

Les français doivent prendre conscience désormais que la sécurité doit être l’œuvre de tous, du berceau au tombeau. Il ne s’agit pas d’armer chaque citoyen mais que chaque citoyen fasse son boulot et cesse de se reposer sur un Etat qui peut mais ne peut pas tout. Des attentats auraient pu être évités si certains citoyens avaient fait le bon choix plutôt que de choisir la voie du silence. Des attentats auraient pu être évités si chacun avait fait son boulot.

La résilience des français doit s’exercer. Malgré les traumatismes, la vie continue. Nous devons intégrer par contre un élément nouveau dans notre vision des choses :  Nous sommes en guerre, cette guerre est sale mais cette guerre ne doit pas tout excuser. L’Etat doit être la cheville ouvrière de notre sécurité mais chaque citoyen doit aider l’Etat, le tout dans les limites de notre Constitution et de l’Etat de droit. Sinon, nous ne serons plus en République et les terroristes auront gagnés.

Il faut dire que j’ai sur ce sujet un état d’esprit un peu particuliers. Voilà trente-cinq ans que je travaille pour une société qui a été plusieurs fois la cible d’attentats et nous avons eu notre quota de pleurs. Nous avons pris l’habitude, au point que c’est devenu naturel et instinctif, de jeter un coup d’œil sous notre bureau et dans nos tiroirs avant de commencer à travailler, de changer de temps en temps de trajet et d’habitude, de ne pas se mettre dos à une porte ou une salle, d’être attentif à notre environnement …

Est-ce de la paranoïa ? Peut-être au début, maintenant c’est inné et, dans l’état actuel de stress du pays, je ne regrette pas ces gestes simples.

Il est temps que le citoyen comprenne que, dans cette lutte face à la barbarie, le risque zéro n’existe pas et que l’Etat ne peut pas tout. Commençons par appliquer les lois existantes et émettons les décrets d’application manquant, il sera toujours temps de parler de la fin de l’Etat de droit après !

1 comment for “En réponse à …

  1. piquet
    8 août 2016 at 17 h 01 min

    à Nice, il faut arrêter de dire des « ciottises »

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