Parlons « taxe transport » aujourd’hui

Parlons « taxe transport » aujourd’hui

Je reviens aujourd’hui sur les annonces d’Elizabeth Borne et plus particulièrement l’idée de faire payer au transport routier (les camions) les dépenses d’infrastructures par le biais d’une « écotaxe » déguisée. Comme je l’ai dit il y a deux jours, le retard en équipement dans les autres types de transports est tel que ce n’est pas cette taxe qui va pouvoir les financer. C’est bel et bien un « cinquième plan » qu’il faut à notre pays en concertation avec tous les acteurs du secteur (et pas seulement du secteur d’ailleurs).

Au-delà de cela, le transport routier génère actuellement chaque année six (6) milliards d’euros en impôts, taxes diverses et péages. Quel pourcentage de ces six milliards est reversé réellement en dépense d’équipement par l’Etat ou les collectivités qui les perçoivent ? A comparer avec les « près de 10 milliards d’euros de projets d’infrastructures » annoncés par la nouvelle ministre des transports.

De surcroit, la mise en place d’une telle taxe ne peut toucher que les acteurs français du transport. Elle pourrait aussi déboucher, suivant les règles et les moyens d’application, sur une inégalité avec les transporteurs étrangers qui utilisent les réseaux de notre territoire. Cette fréquentation risque de surcroit d’être augmenté avec la transformation européenne des règles dites du « cabotage » et le risque grave de dérapage qui en découle.

Enfin, il pourrait être envisagé la mise en place de « péage » sur certains axes nationaux comme la N7, la N10 ou d’autres grands axes dans certaines régions frontalières. Outre le fait que le glissement du trafic vers des axes secondaires est à craindre (comme par exemple cela se fait déjà sur l’A10 sous employée par les camions qui préfèrent la gratuité de la N10) , la mise en place de péage spécifique met à bas le principe ancien de la gratuité du réseau public.

Pourquoi ne pas envisager, comme cela se fait déjà dans certains pays, le principe de « la vignette obligatoire » pour tout camion, français ou étrangers, utilisant notre système routier ?

J’expliquais le 5 juillet les raisons de l’utilisation grandissante de la part camionnage dans le transport français. C’est en fait l’histoire du serpent qui se mord la queue. Tant que les infrastructures de remplacement seront obsolètes (pour mémoire, 5300 km du réseau ferrée français sont ralenties pour des raisons de sécurité) ou inexistantes (Mourepiane, 2XL), le réseau routier se développera. Encore faut-il trouver l’argent. Mais, à mon avis, ce ne sont pas « dix milliards d’euro » qui seront nécessaires pour remettre tout cela à niveau.
D’où la nécessité d’un véritable plan global de transport pour la France avec une visibilité sur 10 à 15 ans

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