Jour 1 : Commençons par l’éducation …

Dix semaines après l’élection d’Emmanuel Macron, cinq semaines après les dernières législatives, il est temps je pense de faire un petit bilan sur les mesures en prévisions, les changements en cours et les répercussions de l’élection d’untel ou untel sur notre vie …

Jour 1 : Commençons par l’éducation …

Parlons donc rythmes scolaires, baisse du budget de l’éducation supérieure, baisse des APL, accès aux études supérieures par voie de sélection, présence du latin et du grec (et celtes !), programmes d’enseignements et réforme de l’Éducation nationale …

La remise en cause des rythmes scolaires telle qu’elle a été faite est une absurdité. Oui il fallait faire le bilan de cette réforme mais tout précipiter comme cela a été le cas est d’une bêtise crasse.

Personne n’a suffisamment de recul pour pouvoir dire si elle était catastrophique ou non et … certainement pas les lobbys habituels qui pensent plus à leur tiroir-caisse qu’à la réussite d’un quelconque système éducatif.

Je pense que les 37 % des communes françaises qui se sont précipités dans le retour en arrière l’ont fait trop vite, sous la pression budgétaire (je pense à Marseille qui n’avait toujours pas trouvé la totalité des activités aussi bien que leurs financements) et sous la pression des parents d’élèves (justifiée ou non) sans le recul nécessaire à une bonne évaluation de la chose. La seule chose dont on est sûr, c’est la demande des chrono biologistes ou des scientifiques qui disent, je cite le « consensus scientifique sur le caractère préjudiciable de la semaine de quatre jours ».

Ce « consensus » semble toutefois mis-à-mal par certaines observations des parents et instituteurs qui indiquent constater un surplus de fatigue dans la semaine des quatre jours et demi. Ce qui me chagrine dans tout cela, c’est que loin de penser au bien-être de l’enfant, le retour à la semaine des quatre jours a pour motif caché et bien réel une raison pécuniaire d’économie pour les communes. En filigrane, l’éducation de nos enfants coute trop cher !

La baisse du budget de l’éducation supérieure est aussi une aberration, surtout dans les prévisions démographiques qui sont les nôtres. 331 millions de moins peut paraitre une simple goutte mais je rappelle l’un des engagements du programme d’En Marche : « Nous sanctuariserons le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. »  Nous sommes au cœur du baby-boom des années 90 et cela pendant encore quelques années. C’est d’un surplus de moyen dont l’éducation supérieure à besoin, pas d’une coupe aussi minime soit-elle. J’en veux aussi aux gouvernements précédents, sous Hollande et Sarkozy, qui n’ont pas pris la mesure du phénomène ni anticipé cet afflux d’étudiants, pourtant prévisible depuis longtemps accentué par l’objectif des 100 % de diplômés du bac

Enfin la baisse des APL, si minime soit-elle, (cinq euros par mois, moitié d’un futur paquet de cigarettes), ne vas pas-t-elle pas à l’encontre d’un autre engagement de campagne, qui de surcroit me tient particulièrement à cœur, c’est-à-dire « la création d’un environnement favorable à la réussite de tous les étudiants » par la sanctuarisation de ses motifs de précarité comme le logement ou le coût des études.Et que l’on ne me parle pas de la suppression de la taxe d’habitation comme mesure palliative. Les deux mesures ne sont pas concomitante et quid des étudiants logés en résidences étudiantes par les CROUS ?

Par contre, je ne suis pas opposé à la bascule de « l’accès aux enseignements supérieur pour tous de manière égalitaire », à « l’accès aux enseignements supérieurs par voie de sélection » dès le moment où tout le monde peut trouver une place quelque part. Je sais, cela fera un enseignement à plusieurs vitesses mais qui permettra de trier le bon grain de l’ivraie et pousser nos recherches vers le haut. Qui sait, nous pourrons peut-être faire concurrence à Harvard, Oxford ou Stanford …

Je soutiens la réintroduction du latin et du grec dans l’enseignement (mais ont-ils vraiment disparu ? Ceux qui ont poussé des cris d’orfraies, étaient plus dans une posture politicienne que dans la vrai défense d’un socle soi-disant civilisationnel). Je voudrais à ce propos que l’on se penche aussi sur nos racines celtiques, aussi importante voire même plus importante que nos racines grecques ou latines (et c’est un marseillais marié à une grecque qui le demande !)

Je suis aussi favorable à couper les ponts entre les politiques et les programmes d’enseignements. Je persiste à dire que les politiques n’ont pas à se mêler des contenus de l’enseignement et laisser ce versant de l’éducation aux spécialistes.

Je suis enfin convaincu, mais nous n’allons pas du tout dans ce sens, que les états-généraux de l’éducation doivent être dressés pour repenser à tête reposée la totalité de notre système éducatif avec comme vision le bien-être de nos enfants, dans le meilleur environnement possible avec les meilleurs résultats possibles. Là-encore, il faut se détacher des visions politiques partisanes comme de toutes celles qui prêchent pour leurs propres paroisses (enseignants, parents d’élèves ou des lobbys du tourisme surtout !)

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