Réflexions : Le social à la « une »

20130629 CCAS.
Vendredi 1er octobre 2010 :
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La suite de mon travail sur Vitrolles avec aujourd’hui au programme l’action sociale pratiquée ou à pratiquer sur Vitrolles, sujet que je veux le plus impartial et le plus complet possible. .
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« L’action sociale désigne l’ensemble des moyens par lesquels une société agit sur elle-même pour préserver sa cohésion, notamment par des dispositifs législatifs ou règlementaires et par des actions visant à aider les personnes ou les groupes les plus fragiles à mieux vivre, à acquérir ou à préserver leur autonomie et à s’adapter au milieu social environnant ».
(Maty – Edition 2010)
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Le décret de 2002 résume bien les rôles et les devoirs des municipalités : « …l’action sociale doit promouvoir l’autonomie et la protection des personnes, la cohésion sociale, l’exercice de la citoyenneté et prévenir les exclusions… garantir le respect de l’égale dignité des citoyens pour répondre de façon adaptée aux besoins de chacun d’eux et garantir un accès équitable sur l’ensemble du territoire ».
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Un point est important et incontournable quand on s’intéresse et s’implique un temps soit peu, à la vie d’une commune : c’est à la combinaison du constat social que l’on peut dresser et de l’action sociale diligentée par la municipalité que l’on doit appliquer.
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Plus la situation économique est délétère, plus la société se précarise, et plus l’action sociale a besoin d’être efficace. C’est le premier et lancinant constat que l’on peut faire. Et c’est précisément sur ce constat que toute l’action politique d’un élu, d’une municipalité, d’une formation politique, sera jugée.
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Chance, l’analyse annuelle des besoins sociaux (ABS) d’une ville a été rendue obligatoire en 1995. Une municipalité qui se veut responsable doit s’appuyer sur ce document et aller même au-delà pour tirer tout d’abord un constat social le plus précis possible de son territoire puis programmer l’aide qu’elle peut fournir dans le cadre de ses compétences. Il est du devoir impératif de la municipalité d’accompagner ses citoyens dans le besoin à la fois au long terme, dans le cadre d’actions d’envergure, comme l’épicerie sociale ou le soutien des œuvres sociales et dans le court terme, dans le cadre d’action beaucoup plus ciblées et à vocations temporaires comme le soutien à la famille de Robin ou le relogement des locataires de l’Agneaux.
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Le constat vitrollais est malheureusement accablant. De ce constat, il ressort que l’action sociale doit être placée au cœur de la problématique de notre ville d’autant plus que certaines zones sont plus défavorisées que d’autres, créant ainsi aussi bien un déséquilibre urbain qu’une rancœur latente entre les quartiers.
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Quel est donc ce constat ?
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Nous avons commencé à le faire dans la première partie de nos réflexions. Je vais donc le reprendre en l’étayant et en allant un peu plus loin dans les détails.
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Pour commencer, je rappelle que l’habitat sur Vitrolles, c’est 14878 logements dont 98 % sont des résidences principales. Sur ces 14878 logements, 5898 sont des résidences pavillonnaires. Le reste, donc un peu plus de 60 %, sont des logements en habitats collectifs et 68 % d’entre eux sont des T4 (en villa ou en appartement), de grands logements majoritairement donc.
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Or, un tiers de la population de la ville (environ 38000 habitants) est âgé de moins de 30 ans. Nous sommes donc en présence d’une population très jeune. De plus, 53 % des ménages vitrollais sont des familles monoparentales ou à une ou deux personnes. Nous sommes face à une population qui a la caractéristique première de vieillir, phénomène apparu depuis quelques années déjà. Vitrolles se retrouve donc face au problème récurrent de la ville qui, alors que les familles diminuent, se retrouvent avec un parc de grands logements en inadéquation avec la demande, en totale inadaptation à la situation réelle. Cela entraine une pénurie de petits logements et des difficultés pour les familles peu nombreuses à trouver un habitat sur le territoire communal.
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La ville de Vitrolles possède le plus fort taux de logements sociaux de la CPA avec 31,6 % de logements sociaux (soit 11.6 % de plus que ne l’impose la loi SRU). Ce sont ni plus ni moins que 3965 logements qui entrent dans cette catégorie, logements se répartissant en douze bailleurs sociaux intervenant quotidiennement sur le territoire communal. Sur ces douze bailleurs sociaux, onze d’entre eux sont concernés par le programme CUCS mis en place sur notre ville.
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Toutefois, la répartition des logements sociaux est très inégale suivant le territoire de la ville. Ainsi, les Pins et ses 1205 logements sociaux représentent à eux seuls 31 % du parc social de la ville et 98 % des logements de ce quartier. Le logement social dans le quartier du Liourat, proche des Pins, représente moins d’un pour cent du parc social de la ville mais frôle la moitié du parc de logements du quartier (49 %). Le secteur de la Frescoule/Tuillière totalise quant à lui un parc de 603 logements dont 48% de logements locatifs sociaux, gérés par six bailleurs sociaux, quartier détenant sans problème la palme de la diversité des bailleurs.

Pour être tout à fait complet dans ce petit exposé, dans le cadre des grands ensembles sociaux, il faut encore rajouter deux quartiers, la Petite Garrigue et ses 373 logements sociaux et les Hermes et ses 191 logements.
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Comme on peut le constater facilement, hormis le quartier de la Frescoule/Tuillière excentré dans les quartiers sud, plus de 2500 logements sur les 3965 (soit 63 %) sont localisés au centre géographique de la ville, coincés entre le Centre Urbain et le centre commercial, là où, dans les années soixante et dix se construisit le « cœur » de la ville nouvelle.
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La question qui découle de ce premier constat est l’usage que l’on peut faire de ce parc.
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Chaque année, le service municipal du logement reçoit quelque 1000 demandes de logement social mais seulement 2 à 3 % d’entre elles peuvent recevoir satisfaction. Il faut savoir que la municipalité ne gère que 15 % du parc des HLM de la commune, soit 609 appartements. Quant au délai d’attente, il est, en moyenne, de deux à trois ans.
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Avec l’aide de l’Etat et de tous mes acteurs sociaux, un vaste programme de rénovation a été lancé, Plus de la moitié du parc social se trouve ainsi dans le territoire du plan de rénovation urbaine supporté par l’ANRU. Ce parc social, devant être rénové dans les trois prochaines années, représente un total de 2205 logements sur les 2800 logements compris sur ces zones. Alors que les techniciens en charge de l’urbanisme à la C.P.A. font l’amer bilan des aides étatiques diminuées par deux quand les objectifs assignés vont croissant, des normes environnementales toujours plus coûteuses, du besoin toujours plus pressant des populations en détresse, Vitrolles et son ANRU passe pour une privilégiée.
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Droit d’ingérence sociale et obligation de transparence
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Mais ce vaste parc de logements sociaux amène un problème de taille pour la ville : celui de la gestion et du suivi de ce parc. Si, comme nous l’avons vu, la municipalité gère « seulement » 15,36 % du parc, elle est quand même responsable du logement de ses citoyens, des conditions dans lesquels ils habitent. Pire, c’est vers elle que les citoyens se tournent instinctivement en cas de doutes et de difficultés.
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Même si le projet de rénovation urbaine est bien lancé sur le quartier des Pins, les logements sociaux continuent à y être implantés et nombreux sont ceux qui n’entrent pas dans ce projet. Les habitants, déjà pénalisés par les difficultés sociales qu’ils rencontrent journellement, ne doivent pas subir le principe de la double peine, celle de la précarité tout en ayant face à eux des bailleurs sociaux dont le moins que l’on puisse constater est la surdité abyssale dont ils semblent atteints.
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Pourtant, dans le cadre de logements sociaux, je suis intiment convaincu qu’une municipalité digne de ce nom, a un devoir d’intervention sociale, un « droit d’ingérence sociale ». Je reviendrai plus en détail sur ce « droit » dans le prochaine chapitre axé plus spécialement sur les Pins et plus généralement sur les quartiers « sociaux » mais, pour résumer et présenter cette notion, je la définirais comme l’obligation pour une municipalité à se substituer au bailleur pour effectuer les réparations qui tardent ou les interventions d’urgences, au frais bien entendu du bailleur.
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De même, quelque soit le processus d’attribution des dits logements, il doit être le plus transparent possible. Il en va de la justice sociale et de la crédibilité même de l’administration municipale. Je sais que ce processus est un moyen facile de créer un clientélisme qui facilite bien des choses lors des élections locales. Pourtant, c’est ce même clientélisme qui nuit de manière pernicieuse à ceux qui pense en profiter en sapant leur crédibilité et par la même la crédibilité de tous les élus.
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Sur ce sujet brulant, là aussi je reviendrais dans le prochain chapitre de manière plus exhaustive.
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Combattre un chômage récurrent
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Les situations socio-économiques constatées sur notre territoire démontrent la grande précarité qui touche les habitants de notre commune : fort taux de chômage, fort taux de logement sociaux, fort taux d’allocataires de la C.A.F, fort taux de bénéficiaires de la CMU. Bilan encore plus consternant quand on s’aperçoit que ces taux ne sont pas seulement élevés mais ont aussi tendance à croitre.
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Le taux du chômage communal est difficile à chiffrer même si on peut l’évaluer aux environs de 14 %, chiffre toutefois largement supérieur à la moyenne nationale (9.3 %), à celui du département (11,7 %) mais aussi à celui de la CPA (8.7 %). En 2009, environ 6700 demandeurs d’emplois étaient inscrits au Pole-emploi de la ville (10464 sur le bassin complet d’emploi de Vitrolles-Marignane).
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Il est important de noter, concernant le chômage, que les quartiers se trouvant en zone ANRU ont des taux de chômage facilement évaluables et nettement supérieurs à la moyenne de la ville. Ainsi on sait que ce taux est de 21,1 % pour les zones sous CUCS et atteint même 35 % dans certaines zones ultra prioritaires.
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Le taux des allocataires de la CAF sur notre territoire est très important avec 58,4% de la population, soit un taux de 23 % supérieur à celui de la C.P.A. Enfin, Les allocataires de l’A.P.L et de l’A.A.H. sont supérieurs de 26 % à la moyenne de la C.P.A.
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Le croisement des chiffres du chômage et d’allocataires de la CAF dans les quartiers sujets à rénovation est accablant par la conclusion qu’il sous entend. Les quartiers ANRU sont des quartiers dont tous les voyants sont au rouge et n’incitent donc pas les habitants à afficher un optimisme beat !
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Ainsi les Pins affichaient en 2006 un taux de chômage de 40,52 % pour un taux d’allocataire de la CAF de 57,70 %. Le quartier voisin du Liourat, même avec des chiffres moindres, possède malgré cela un constat accablant : 26,53 % de chômeurs pour 50,80 % d’allocataires. Un bilan sans appel comme on peut le constater.
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Combattre le chômage est donc une nécessité car la montée du chômage va de pair avec l’instabilité sociale qui elle-même va de pair avec l’insécurité. Mais il est primordial de ne pas perdre de vue que ce combat doit avant tout être mené par l’Etat et par des structures comme le Pole-Emploi tout en étant soutenu par les collectivités locales dont les municipalités.
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Il est donc du devoir d’une municipalité, comme c’est aussi le travail des associations opérant dans le domaine du social, de créer et développer des mesures d’accompagnements. Que ces structures soient « officielles » comme la Mission Locale, les centres sociaux, les Maisons (du droit par exemple) ou plus associatives comme l’AVES.
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Dans le cadre de la Mission Locale, tournée vers l’aide aux jeunes demandeurs d’emploi (moins de 25 ans), le constat particulier de cet organisme est à la fois préoccupant et encourageant. Préoccupant parce que le nombre de jeunes le fréquentant ne cesse d’augmenter, encourageant parce que les résultats obtenus le sont. Toutefois, il ne faut pas non plus tomber dans une admiration béate : la Mission Locale peut mieux faire et doit mieux faire. Elle ne peut se contenter de ces résultats.
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Je rappelle que cette structure est financée par les collectivités locales (Vitrolles, Marignane, Gignac, Berre, Saint Victoret, Velaux,) au prorata des jeunes y étant inscrits. Pour l’année 2010, à titre indicatif, la ville de Vitrolles a versé environ soixante huit mille euros (67918,00 euros pour être précis).
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Le bilan de l’année 2009 permet de dire que 593 jeunes s’y sont inscrits et que c’est la première année depuis la fondation de cette mission que le nombre de garçons (308) est supérieur à celui des filles (285) et 36 % ont entre 18 et 20 ans. Au niveau de la qualification, 30 % ont un niveau de qualification 5, c’est-à-dire du niveau du CAP, 23 % ont un niveau de qualification infra 5 et 35 % on un niveau de qualification 4 (BAC).
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Les résultats sur le terrain obtenus par la Mission locale sont explicites : 36 ont décroché un CDI, 211 ont obtenu au moins un CDD et 172 ont effectué des missions d’intérim et 58 ont été aidé pour monter un projet personnel. Mais on ne peut ignorer le fait que 174 d’entre eux, soit 19,56 %, sont restés sur le carreau.
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Au niveau de la formation et des aides, le bilan est bien meilleur puisque 280 jeunes ont bénéficié d’une formation, 208 ont obtenu l’aide à la mobilité, 143 ont reçu une allocation financière pour les aider à accéder à un premier emploi et les 58 jeunes créateurs ont obtenu des fonds pour financer un projet économique personnel (aide à l’achat de matériel pour une future esthéticienne par exemple)
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Pour terminer le chapitre de la Mission Locale, on peut résumer ses résultats en une phrase ; peut mieux faire.
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D’autre part, les associations engagées sur ce terrain doivent être soutenues car le combat contre le chômage permet, comme on l’a abordé précédemment, de jouer sur d’autres leviers de notre société qui, a terme, conduisent à la fois à la confiance et à la paix sociale.
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Des centres sociaux à la pointe du combat
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La ville est engagée dans une dynamique de « convention cadre » avec les associations qui gèrent ses trois centres sociaux, Les Salyens et Le Bartas, tout deux gérés par l’Aves (association vitrollaise des équipements sociaux), et La Frescoule (anciennement Calcaïra), confiée à Léo-Lagrange
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Pendant des années, suite à la présence de l’extrême-droite à la mairie, puis au désengagement de l’État des affaires sociales, les centres sociaux vitrollais ont été sur la corde raide. Pour pérenniser leurs actions et amener un certain calme dans ce domaine sensible, Vitrolles a trouvé une solution, qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui a l’avantage de satisfaire tous les partis concernés, en l’occurrence donc une » convention cadre » qui assure aux centres sociaux un budget de fonctionnement sur trois ans, qui leur permet de travailler sans passer leur temps à chercher des subventions.
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La ville n’est pas la seule à financer les centres sociaux. En effet, le CG13, la région et surtout la CAF, font parties intégrantes de ce montage par le biais de la Convention-cadre. Seul bémol : la CAF ne finance que les centres sociaux dont elle approuve le « projet social », c’est-à-dire son programme d’action envers la petite enfance, les jeunes, les familles, l’éducation et l’habitat. Chance, c’est le cas des trois centres sociaux vitrollais.
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Le fait d’obtenir l’agrément de la CAF donne aux centres sociaux le droit de répondre aux appels d’offres lancés par la Ville dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) passé avec l’État. Les actions spécifiques menées dans le cadre du CUCS sont donc financées « en sus ». C’est le cas notamment des actions de soutien à la parentalité, par exemple.
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Je trouve personnellement illogique que la ville soutienne financièrement dans un premier temps les Centres sociaux par le biais de subventions et paie une seconde fois ces mêmes centres sociaux s’ils ont remporté l’appel d’offre qu’elle-même a lancé. La ville paye donc deux fois mais cet apparent illogisme permet une action sociale plus pointue. Ce constat doit donc être accueilli avec beaucoup de prudence.
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Nous sommes aujourd’hui très loin des centres sociaux de nos grands parents. Une action efficace et une convention-cadre veut dire professionnalisation de leurs personnels, formation des animateurs, gestion rigoureuse et surveillée étroitement et surtout ajustement de l’action en cas d’inadéquation avec les besoins des populations concernées.
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Les centres sociaux sont la cheville ouvrière d’une politique sociale digne de ce nom. Ils peuvent œuvrer en toute tranquillité dès le moment où on leur en donne les moyens. Et c’est ce dernier point donc qui est le plus difficile à obtenir.
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Enfin, malgré le fait que deux associations gèrent les trois centres sociaux, obligation leur est faite de travailler ensemble dans le cadres des directions imposées par les projets sociaux de la municipalité. Les centres sociaux sont sensés mettre leurs expériences en commun, en déduisent des actions communes et se partagent les missions de façon à être complémentaires et non concurrents. Un minimum pour deux associations recevant de l’argent public !
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Un CCAS qui porte bien son nom
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Dans le cadre des actions sociales, un organisme a bien entendu une place à part : je veux parler du Centre communal d’action sociale plus connu sous le sigle de CCAS.
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Celui de Vitrolles est un établissement public comme tous les autres CCAS intervenant principalement dans trois domaines :
1/ l’aide sociale légale qui de par la loi, est sa seule attribution obligatoire,
2/ l’aide sociale facultative et l’action sociale, matières pour lesquelles il dispose d’une grande liberté d’intervention et pour lesquelles il met en œuvre la politique sociale déterminée par les élus locaux
3/ et enfin l’animation des activités sociales.
Cet organisme n’existe de plein droit qu’à l’échelon local et dont sa compétence s’exerce uniquement sur le seul territoire de la commune. Enfin, pour terminer cette mini définition, le Centre communal d’action sociale est une personne morale de droit public, ayant une autonomie de gestion.
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Dans le cadre de ce CCAS, la verse dote cet organisme d’un million trois cent mille euros pour 2010 pour en couvrir les actions auquel s’ajoute 295000 euros pour des actions plus spécifiques. A titre comparatif, ces sommes correspondent à environ 2.12 % du budget de fonctionnement de la ville qui s’élève à soixante et quinze millions.

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que la mission première du CCAS est le soutien au plus démunis, l’aide à la jeunesse et l’accompagnement des séniors. Pour tout ce qui concerne la jeunesse, j’aborderais le sujet dans un autre chapitre. Concernant les deux autres piliers du CCAS, nous allons brièvement les survoler l’un après l’autre.
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L’aide au plus démunis
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Dans le contexte de crise que nous connaissons qui, de surcroit, loin de s’atténuer, se durcit de jour en jour, l’aide aux plus démunis reste non seulement une nécessité encore d’actualité, mais une urgence prioritaire. Il est du devoir de tous, que ce soit les associations quelques soient leurs origines, les élus, les collectivités, les particuliers, de s’investir dans ce domaine si particulier et pourvoir au secours moral et social des citoyens à la fois dans le besoin et souvent dans le dénuement le plus extrême, sans même évoquer le désarroi dans lequel ce type de situation les plongent.
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Il est donc du devoir des élus et des politiques de tout bord de tout mettre en œuvre pour que de telles situations soient le moins dommageable possible pour les populations. Une coordination des moyens et des actions est nécessaire pour optimiser l’action sociale. Il est à mon sens de leurs devoirs de créer une structure de coordination ou de définir une mission de coordination confiée à une structure existante, non pour aller directement porter secours aux plus démunis, mais bel et bien pour optimiser de la meilleure façon possible les aides déjà en action sur le territoire communal.
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Il est en effet à mes yeux aberrant de constater que des structures comme les Restos du cœur, l’épicerie sociale, le secours populaire, le SAMU social et bien d’autres encore, vaquent à leurs occupations, chacune de son côté même si une coordination informelle est de mise.
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Dans ces conditions, il me semble primordial de mettre au point une structure qui canalise toutes ces bonnes volontés, toutes ces aides, toutes ces missions, toutes ces énergies pour rendre plus efficace et plus performante l’aide sociale. Rationnaliser ces aides est donc une priorité. Cette structure dont je souhaite l’apparition ne doit pas être forcement sous la coupe de la municipalité mais celle-ci doit avoir un rôle important de gestion dans son fonctionnement, une politique sociale efficace ne pouvant se faire au minimum qu’au niveau d’une collectivité territoriale.

Pourquoi ne pas confier ce rôle au CCAS ? L’élu à l’action sociale, qui déjà joue un peu le rôle de chef d’orchestre, pourrait ainsi disposer d’un outil performant tout en coordonnant une politique au plus près du citoyen et pourrait réagir de la manière la plus adéquate en cas de situation de crise.

Prenons un exemple récent : le cafouillage social s‘étant déroulé le 27 septembre 2010 aux cabanons de l’Agneau lors de l’intervention de l’ARS et de la « mise en péril imminent » du logement de la famille Broie aurait pu être ainsi évité et tous les acteurs de ce drame en seraient sortis avec panache. Au lieu de cela, l’image de la municipalité a été durablement écornée et les acteurs sociaux pas vraiment sortis grandis.

Une affaire à méditer pour optimiser en tout cas !

L’accompagnement des séniors
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Nos séniors ne doivent pas être oublié surtout que, très souvent, la nouvelle donne des retraites, déjà mise en place, et celle annoncée, précarisent de plus en plus cette catégorie sociale. La profonde transformation structurelle de notre société avec la refonte de la famille et culture du quant à soi, transformation qui a mis sur la touche, pour ne pas dire complètement écarté, « nos anciens », demande désormais que cette catégorie sociale soit à la fois aidée, soutenue et accompagnée. L’action sociale se substitue à la cellule familiale qui, de surcroit, ressent cela comme un dû et non une aide.

Dans ce contexte, l’Etat se désengageant aussi de son côté avec des retraites plus faibles, des aides moins nombreuses, des remboursements de soins moins importants, l’action sociale vers les séniors repose de jour en jour de manière plus importante sur les collectivités locales comme les municipalités et donc, conséquence directe de cette transformation, sur les CCAS. Il faut donc non seulement pérenniser toutes les aides permettant à nos séniors de mieux vivre après une vie de dur labeur mais aussi les développer.

Quatre structures seulement accueillent les seniors à Vitrolles et trouver une place en maison de retraite peut parfois être le parcours du combattant. Deux sont établissements privés, une mutualiste et une dernière municipale.

1/ la Bastide-des-Oliviers : 120 places (privée et agrée pour l’aide sociale)
2/ le foyer logement des Hermès 70 logements individuels spécialement aménagés, du studio au T2, pour des seniors valides (Mutualiste et agrée pour l’aide sociale)
3/ l’Hotelia les Alpilles : 119 lits dont 32 réservés aux courts séjours (privée et agrée pour l’aide sociale)
4/ Lo Sousto : 30 logements individuels spécialement aménagés (Municipal, agrée pour l’aide sociale) mais actuellement spécialement dédié au relogement des seniors des Pins touchés par le programme de rénovation

En étant optimiste, on obtient sur le territoire communal un total de moins de trois cent cinquante places pour une ville qui dépasse les trente huit mille habitants. Le problème est d’autant plus épineux que l’établissement des Alpilles, appartenant au groupe Korian, ayant un budget départemental, est plutôt tourné vers l’accueil de personnes extérieures à Vitrolles. De surcroit, dans ce dernier établissement, cinq places seulement ont été attribuées à l’aide sociale par le Conseil général. Autant dire que la situation sur Vitrolles n’est pas des plus encourageantes.

Enfin, il est évident que le suivi au plus près de nos seniors, doit être développé. Aide au chauffage ou plateaux repas comme cela se fait déjà mais surveillance accru en période de grands froids ou de fortes canicules, aides à domicile, aides aux services, accès au savoir, en fait tout ce qui peut favoriser la vie de nos seniors doit être une priorité.
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Mais, si aider nos seniors est une chose, il ne faut pas seulement faire cela. En effet, quelque chose d’important est à prendre en compte lorsque l’on aborde le sujet des seniors : ce n’est pas parce que l’on est « seniors » que l’on est obligatoirement sur la touche.
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Lors de la dernière campagne municipale, une senior, plus que dynamique malgré son âge, forte de sa grande expérience à la fois professionnelle et relationnelle, nous avait fait une proposition assez originale dans le cadre de l’action sociale, touchant à la fois les seniors, les jeunes et les demandeurs d’emploi. Elle nous avait proposé que les seniors prennent en parrainage des jeunes à la recherche d’emploi et les accompagnent dans leurs démarches et leurs recherches. Le but était de permettre aux jeunes d’éviter certains écueils lors du démarrage de leur vie professionnelle et apporter leur expérience irremplaçable. Elle-même n’avait pas fait que nous proposer cette expérience puisqu’elle avait pris successivement sous sa coupe plusieurs jeunes de son quartier avec un certain succès il faut le reconnaitre. Je l’ai rencontré il y a peu et elle m’a confirmé continuer ce type de parrainage.
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Enfin, pour terminer ce bref tout d’horizon, avec l’allongement de l’espérance de vie, les progrès de la médecine et la multiplication des temps disponibles, les seniors ne sont plus uniquement une charge pour la société mais aussi une chance et un vivier que l’on doit faire fructifier.
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Conclusion provisoire : Ne pas se faire dépasser par la « sur communication »
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Les déclarations d’intentions font toujours de beaux effets dans la presse mais sans actions, elles ne restent que de la poudre aux yeux et renforcent l’idée que se fait l’opinion des politiques. Il est donc plus important d’agir sans faire passer la communication au premier plan, communication qui aura tendance avec le temps à se substituer à l’action.
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Bien entendu, agir ne sous entend pas non plus le faire dans le secret le plus absolu. Un juste milieu et à trouver pour que tous ceux qui sont dans le besoin, prennent conscience que la municipalité n’est pas enfermé dans sa tour d’ivoire, qu’elle est accessible et surtout qu’elle s’occupe des dossiers, s’occupe des problèmes sociaux, en résumé, s’occupe de ses concitoyens.
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Dire « on s’occupe du dossier » et ne plus donner de nouvelles pendant cinq semaines laisse à penser que cette déclaration n’était qu’une façade, une manière de gagner du temps et que les élus se désintéressent du dossier. Nous savons pertinemment que ce n’est probablement pas le cas mais c’est, malheureusement, ce que croit la population devant un tel silence. En terme clair, une très mauvaise opération pour tous le monde.
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