Réflexions : Les Pins au coeur du projet de ville

2030627 Les Pins.

Vendredi 8 octobre 2010 :

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La suite de mon travail sur Vitrolles avec aujourd’hui au programme le projet de rénovation urbaine, les CUCS et un point focal plus particulier sur le quartier des Pins. 
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Avant toute chose, je tiens à féliciter Marie d’Hombres pour son remarquable travail sur le quartier des Pins avec son ouvrage « Une ville, cent histoires » ouvrage qui m’a bien aidé pour l’écriture de ce chapitre plus particulièrement consacré aux Pins.

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Vitrolles et ses quartiers
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Vitrolles et ses quartiers, une longue, vieille et houleuse histoire. Les quartiers ne peuvent être dissociés de Vitrolles car ils forment la ville. On ne peut envisager l’une sans les autres, pour le meilleur ou pour le pire ; et vice-versa.

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Ainsi, de tout temps, les municipalités qui se sont succédées à la tête de la commune ont pris le plus grand soin des quartiers, que ce soit au début, avec la « Cité rose » ou ensuite avec les quartiers sud. Il en allait de leur devenir et elles le savaient.

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Une seule exception à cette solide attention : la période Mégret.
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Les années d’extrême-droite (1997-2002) ont amené Vitrolles à délaisser ses quartiers, voire même à les vilipender. Il y avait les bons et les mauvais quartiers, les uns étaient aidés, les autres délaissés. Pire, cette politique trouva son apogée dans une intervention de Bruno Mégret réclamant, ni plus ni moins, que le détachement de Vitrolles du quartier des Pins. La conséquence directe d’une telle orientation a été une politique de la ville des plus minimaliste qui n’a pas été sans conséquence sur la qualité de vie dans les quartiers, sur la qualité des services publics s’y trouvant, sur l’image même de ces quartiers.
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Le retour en 2002 à la tête de la municipalité d’une coalition hétéroclite de circonstance mais penchant franchement à gauche, menée par Guy Obino, a permis de transformer cette politique en déliquescence en une « arme » affutée permettant aux habitants de ces quartiers laissés cinq ans à l’abandon de retrouver une vie plus adaptée à la société du XXIème siècle.
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Une vraie politique de la ville
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Ce retour à une normalité politique certaine, permit à Vitrolles d’envisager et enfin de construire une vraie politique de la ville. Disons le tout net : que l’on soit d’accord ou non avec les orientations politiques insufflées par la municipalité à cette occasion, on ne peut nier le principal avantage qu’elle avait : celui d’exister.

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La politique de la ville joue un rôle majeur dans l’organisation municipale. Elle est garante du projet urbain, économique et social en faveur des quartiers. C’est aussi elle qui permet de stabiliser les tensions et éviter les explosions sociales. Une bonne politique de la ville va atténuer les problèmes, grâce aux avantages et aux débouchés qu’elle offre. En d’autre terme, elle permet à l’espoir dans l’avenir de perdurer et de se développer.
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Pour être tout à fait objectif, je suis dans l’obligation de reconnaître que c’est probablement cette politique qui permit à Vitrolles de rester en marge des émeutes qui ont secoué la France en 2005 et 2007.
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A ce propos, je ferais une brève digression : en 2006 le premier ministre demande au Centre d’Analyse Stratégique un rapport pour essayer de comprendre les émeutes qui s’étaient déroulées à l’automne 2005 avec les funestes conséquences que l’on connaît. Le C.A.S. prit quelques villes emblématiques en exemple pour essayer de comprendre ce processus complexe dont Aulnay-Sous-Bois, l’une des villes à la pointe des émeutes. Ce rapport démontre de manière flagrante que les quartiers où les dégradations et les échauffourées ont été les plus importantes sont les quartiers où le tissu associatif social de proximité était le plus faible et où la ville d’Aulnay était le moins engagée dans sa politique de la ville. Pour être plus précis, ces émeutes ont touché plus durement les quartiers où les associations « nationales » opéraient (restos du cœur, secours populaire, SAMU social) et où les intervenants et présidents habitaient à l’extérieur, que les quartiers hébergeant des associations locales avec des présidents, des animateurs, des moniteurs, des bénévoles bien implantés dans les lieux et où le maillage était le plus fort.

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Dans ce contexte, il est impératif que la politique de la ville proposée par Vitrolles, soit obligatoirement la plus proche possible des habitants et implique fortement ces mêmes habitants. Il en va de la stabilité sociale et nous avons vu dans les chapitres précédant de cette étude que les voyants sociaux de notre ville sont loin d’être tous au vert !

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Le constat que l’on peut tirer de la politique de la ville menée actuellement sur Vitrolles montre que la commune bénéficie d’un point d’ancrage fort par la qualité du partenariat qu’elle a su développer et des outils partagés qui ont été définis. Reste maintenant à savoir si ce constat va permettre de relever l’enjeu qui est d’assurer pleinement à la fois sa mission sociale et assimiler les moyens d’intervention de l’action publique dans les quartiers.
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Et c’est là où les CUCS ont une importance vitale.
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Qu’est ce que le C.U.C.S. ?
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Que peut donc signifier ce sigle barbare de C.U.C.S. ? C’est la première question que l’on peut se poser. Il s’agit bien sûr du Contrat Urbain de Cohésion Sociale. Ces nouveaux contrats, d’une durée de 3 ans reconductibles, sont proposés aux villes et aux EPCI (Etablissements publics de coopération intercommunale) compétents en la matière pour développer leur politique de la ville en coordination avec les services de l’Etat. Ils sont entrés en vigueur au début de l’année 2007. Alors que le dispositif devait prendre fin en décembre 2009, le gouvernement a décidé de le proroger d’un an.
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Dès 2003, la commune s’est inscrite dans les politiques contractuelles de la ville et du développement social urbain, avec le soutien de l’Etat, des collectivités territoriales et de ses partenaires. Cette politique volontariste s’est traduite dans les faits par la signature d’une C.T.O. (Convention territoriale d’Objectif) engageant les partenaires à mettre en œuvre une politique de développement solidaire et de renouvellement urbain. Cette convention a été transformée en 2007 en contrat urbain de cohésion sociale, plus en rapport avec les objectifs que s’étaient fixés Vitrolles en faveur des habitants des quartiers en difficulté, reconnus comme prioritaires. Je verrais un peu plus loin si ces objectifs étaient suffisants.
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A partir de cette période, fortement engagée sur les quartiers prioritaires des Hermès des Pins, de la Petite Garrigue, du Liourat et des quartiers de la Frescoule et de la Tuilière, la ville a élaboré des documents thématiques de référence qui déclinent la convention territoriale d’objectifs en six projets :
1/ le contrat éducatif local,
2/ le contrat temps libre et le contrat enfance,
3/ le contrat enfance jeunesse,
4/ le contrat local de sécurité,
5/ l’Atelier-santé-ville,
6/ le projet de rénovation urbain
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Dans ce cadre là, il ne fait aucun doute que la partie la plus emblématique de cette reconquête des quartiers reste le projet de rénovation urbain actuellement mis en place.
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C’est une bonne chose car notre ville doit faire des quartiers populaires sa priorité pour sauvegarder aussi bien la cohésion que la paix sociale. Il est donc important que la solidarité entre toutes les composantes de son territoire constitue une orientation stratégique majeure à partir de laquelle elle pourra élaborer les réponses les plus adéquates en faveur des quartiers prioritaires de la ville.
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Quelques données sur les quartiers CUCS
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Nous avons vu dans les chapitres précédents la plupart des données sur les CUCS. Il est temps de les reprendre et de les compléter par quelques éléments manquants.
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Comme indiqué plusieurs fois, Vitrolles possède le plus fort taux de logements sociaux de la CPA avec 31,6 % de logements sociaux (soit 11.6 % de plus que ne l’impose la loi SRU. Sur les 3965 logements qui entrent dans cette catégorie, 2800 (70,6 % des logements sociaux) sont dans les zones CUCS et 2205 d’entre eux (78,75 % des logements de la zone) entrent dans le cadre du projet de rénovation urbaine.
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Le quartier des Pins, au cœur du projet de rénovation urbaine, est constitué de 1205 logements sociaux représentant à eux seuls 31 % du parc social de la ville et 98 % des logements de ce quartier sur 13 hectares et répartis entre trois bailleurs.
– LOGIREM : 206 logements
– Famille et Provence : 125 logements
– OPAC Sud : 875 logements, soit près de 3 logements sur 4 sur le quartier des Pins

C’est une population de 3401 personnes dont 42 % a moins de 25 ans. 41,11% des jeunes de ce quartier sont sortis du système scolaire sans diplôme. Ce quartier connaît un taux de chômage de 40,5% en 2009 et 57,70 % sont allocataires de la CAF

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Continuons le tour d’horizon avec la Petite Garrigue comprenant un total de 1829 personnes occupants 413 logements dont 373 sociaux (90.20 %) avec un tiers de jeunes de moins de 25 ans (33.6 %) dont 24,4% sans diplômes et un taux de chômage de 24,7 %,

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Le Liourat avec une population de 1687 personnes est un ensemble important à proximité immédiate des Pins. 50, 28 % sont des jeunes de moins de 25 ans et 22% sont sans diplôme. Le taux de chômage est 26,63 %, Près de la moitié du parc de logements du quartier (49 %) est à vocation sociale.
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Les Hermès, 191 logements sociaux, avec 2378 personnes dont 36, 80 % de jeunes de moins de 25 ans et 17,42 % sans diplôme. Le taux de chômage est de 25,44 %
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Pour terminer le quartier de la Frescoule/Tuillière excentré dans les quartiers sud, et ses 4629 habitants représentant peu ou prou 12 % de la population de la ville, une population jeune 36,6 % de moins de 25 ans (contre 38,53 % à l’échelle de la ville).
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Comme on peut le constater facilement, hormis plus de 2500 logements sur les 3965 (soit 63 %) sont localisés au centre géographique de la ville, coincés entre le Centre Urbain et le centre commercial, là où, dans les années soixante et dix se construisit le « cœur » de la ville nouvelle.
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Bailleurs sociaux multiples
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L’un des gros problèmes qui se pose sur Vitrolles c’est la multiplication des bailleurs sociaux qui opèrent sur son territoire. Ainsi, à ce jour, ce ne sont pas moins de douze sociétés, associations, collectivités différentes qui sont en action. Ils arrivent en plusieurs endroits que sur une résidence donnée, deux voire trois intervenants gèrent cette résidence. Malgré les normes existantes, la multiplication de ces intervenants rend difficile la lecture de la carte « habitat » de notre commune, chacun opérant avec ses propres critères.
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Cette absence d’unité crée un flou dans l’esprit des citoyens concernant les devoirs et charges des dits bailleurs. Les habitants des logements sociaux peuvent légitimement se poser la question de connaitre les raisons d’un loyer différent dans telle ou telle structure, d’une réactivité plus importante ou totalement absente de l’un ou l’autre des bailleurs, de la facilité et la rapidité d’obtenir une réponse en tel ou tel lieu.
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Si l’on parle de bailleurs sociaux, on ne peut écarter le principal d’entre eux, je veux bien entendu parler de l’Opac Sud. Cet organisme de stature départementale gère un parc de 1182 logements (soit 29.81 % du parc social total) répartis en quatre zones : le Cascabel dans les quartiers suds, les ZAC et ZUP des Pins que l’on ne présente plus, et le Roucas. Un tableau valant mieux qu’une grande description voilà donc la répartition de ces 1182 logements.

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Comme on peut le constater, les Pins sont au cœur des logements de l’OPAC sur Vitrolles. Avec un parc avoisinant les 80% de T3 et de T4, il saute immédiatement aux yeux que ce qui est favorisé par l’OPAC Sud, ce sont les familles au détriment des personnes isolées ou des familles monoparentales avec un enfant. Or l’évolution même de notre société tend vers cette deuxième solution, entrainant sur Vitrolles un déséquilibre entre l’attente des bénéficiaires et le constat qu’ils peuvent faire. Tous les rapports établis dans le cadre de l’élaboration du PLU tendent à renforcer cette analyse.

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Mais il faut aussi avouer que l’OPAC Sud, premier bailleur de la ville de Vitrolles, cristallise aussi les rancœurs au sein de ses locataires, des rancœurs habituelles dans les grands ensembles sociaux, mais des rancœurs quand même. Trop de locataire, trop de logement, des financements ne répondant pas aux attentes, un parc vétuste … la litanie pourrait être longue mais peut se résumer en un seul problème, de taille pour la ville : celui de la gestion et du suivi de ce parc.

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Droit d’ingérence sociale et transparence

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Donc, comme nous venons de le voir avec l’Opac Sud, le problème de la gestion et du suivi de ce parc est épineux. Mais ce sont tous les bailleurs sociaux qui sont aux prises avec cette équation. Si, comme nous l’avons vu, la municipalité gère « seulement » 15,36 % du parc, elle est quand même responsable du logement de ses citoyens, des conditions dans lesquelles ils habitent.

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Même si le projet de rénovation urbaine est bien lancé sur le quartier des Pins, les logements sociaux continuent à y être implanté et nombreux sont ceux qui n’entrent pas dans ce projet. Les habitants, déjà pénalisés par les difficultés sociales qu’ils rencontrent journellement, ne doivent pas subir le principe de la double peine en ayant face à eux des bailleurs sociaux dont le moins que l’on puisse constater est la surdité dont ils semblent atteint.

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Il y a peu, plusieurs exemples ont démontré de façon éclatante la lenteur, pour ne pas parler de carence, de ces bailleurs sociaux : absence de chauffage, problème de huisserie, pannes récurrentes dans les ascenseurs, problèmes divers et variés dans les logements. Je vous l’accorde, ces problèmes sont avant tout du domaine du bailleur et non de la municipalité.

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Pourtant, dans le cadre de logements sociaux, je suis intiment convaincu qu’une municipalité digne de ce nom, a un devoir d’intervention sociale, un « droit d’ingérence sociale ». Si le bailleur social, pour quelque raison que ce soit, faillit à sa mission, laisse ses locataires dans le marasme, n’intervient pas en temps et heure, alors la municipalité doit se substituer au bailleur pour effectuer les dites réparations, les dites interventions. Les frais engagés et les opérations effectuées en lieu et place du bailleur défaillant doivent être, bien entendu, répercutés à qui de droit par la municipalité.

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De même, quelque soit le processus, l’attribution des dits logements, doit être la plus transparente possible. Il en va de la justice sociale et de la crédibilité même de l’administration municipale. Je sais que ce processus est un moyen facile de créer un clientélisme qui facilite bien des choses lors des élections locales. Pourtant, c’est ce même clientélisme qui nuit de manière pernicieuse à ceux qui pensent en profiter en sapant leur crédibilité et par la même la crédibilité de tous les élus.

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Ce n’est pas parce que ce clientélisme a cours dans quasiment toutes les municipalités qu’il doit être appliqué à Vitrolles. Je suis intimement convaincu, et ce n’est ni de l’angélisme, ni de la crédulité, que transformer un processus d’attribution opaque en un système où la transparence a droit de cité, est l’unique voie de salut pour un système qui, globalement, est totalement décrédibilisé.
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De même, la transparence dans ce domaine permettrait d’éviter certaines dérives qui, il est vrai sont plutôt l’apanage des « grands » que des élus locaux. Nous ne verrons pas de fils de ministre logé dans les logements sociaux de Vitrolles mais il faut rendre impossible un éventuelle dérive de ce type à notre niveau local.
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Les citoyens attendent que l’on rende impossible toute confusion des genres et que les détenteurs de la puissance publique soient mis à l’abri, eux et leurs proches, des pressions de ceux qui leur fourniraient des avantages ou des revenus, et donc à qui ils seraient redevables. Résolvons cette équation et le combat sera presque gagné.
. La transparence sur les dispositifs de relogement et une municipalité qui favorise un relogement adapté à la composition de la famille et aux montants réels de ses ressources sont à la fois les impératifs et les conditions incontournables pour redonner son lustre d’antan à une administration désuète et inadaptée.
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Reconquérir la cage d’escalier
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Le problème des dégradations dans les ensembles sociaux est aussi un problème récurrent et important que rencontrent journellement les habitants de ces lieux. Non seulement leur condition sociale les empêche de jouir « pleinement » des avantages de la société à laquelle ils sont sensés appartenir mais en plus ils subissent les inconvénients causés par les incivilités d’une petite frange incontrôlée et incontrôlable.

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C’est précisément dans ces cas où l’on peut constater que la quasi disparition de nos antiques concierges, disparition directement induite par des visions économiques et financières, a eu un effet à la fois dévastateur et irrécupérable sur une fange de notre société déjà pénalisé par des facteurs comme le chômage, la précarité, l’instabilité familiale.
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A mon sens, il s’agit donc bel et bien de reconquérir la cage d’escalier, de remettre en ce lieu à la fois la sécurité, le social et une certaine forme de volonté citoyenne, symbole à mes yeux d’une intégration réussie dans notre société.
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Pour cela, il faut donc responsabiliser les citoyens en les incorporant aussi bien aux projets en cours de rénovation, en leur permettant d’exprimer leurs désirs mais aussi en les intégrant dans tous les stades et dans tous les processus d’élaboration de projet.
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Mais il faut les responsabiliser au quotidien, chose beaucoup plus ardue, en instaurant, pourquoi pas, des « conseils d’escaliers » calqués sur les réunions de copropriétaires permettant aux locataires de ne pas être seulement des usagers passifs de logements sociaux mais aussi des acteurs de leur propre vie.
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C’est en permettant aux citoyens socialement à la dérive, d’être en quelque sorte des décideurs que l’on pourra sortir ces quartiers de la spirale infernale dans laquelle ils sont, tout en permettant à tous les habitants d’agir à leur niveau sur la vie citoyenne et donc prendre conscience que leur situation d’assisté n’est pas un fin en soit mais le départ d’une nouvelle vie.
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Les interrogations de la rénovation des Pins
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Le projet global, tel qu’il a été validé et qui est déjà en cours de réalisation, prévoit la réhabilitation du parc habitat, la construction d’un parc de logements nouveaux et la favorisation du parcours résidentiel des habitants dans le cadre du relogement. Ainsi, sur les 746 logements sociaux touchés par ce programme (soit 61.91 % du parc social total du quartier) directement impactés par le projet, 614 seront réhabilites et 132 démolis. En contrepartie, 286 logements neufs seront construits faisant passer le parc social de 1205 logements à 1359.

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Le parc habitat, qui va être nouvellement créé, intégrera les principes du développement durable pour une meilleure qualité de vie : appartements traversant orientes N/E – S/O pour une meilleure économie d’énergie, matériaux isolants et imputrescibles, eau chaude sanitaire solaire, isolation renforcée du bâtiment par l’extérieur, accessibilité pour personnes a mobilité réduite, etc.
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L’idée de base pour cette réhabilitation est de désenclaver le quartier des Pins en l’ouvrant sur la ville. Dans les faits, si l’on regarde de près le plan qui a été adopté, en l’ouvrant sur l’avenue des Salyens. Pour cela, la destruction de la barre principale doit être faite et cela permettra la création d’un vaste espace qui pourra accueillir le grand marché du vendredi, habituellement situé sur l’avenue même.

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A cette heure, plusieurs rénovations sont en cours, le premier immeuble neuf a été livré (Jardins d’Alembert) et certains programmes postérieurs ont été lancés.

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Tout cela est bien sauf que …
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Ce que pour ma part je trouve très curieux dans le projet qui concerne les Pins et dont je m’ouvre en toute franchise ici-même, c’est que ces projets soutenus par l’ANRU sont avant tout des projets qui ont pour but d’ouvrir les quartiers, de rendre meilleure la vie de ceux y demeurent et « casser » la ghettoïsation s’y installant.
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Sur le site internet de l’ANRU, on peut trouver des exemples de projets en cours un peu partout en France. La grande constante de ces projets, c’est que dans tous les cas, on reconstruit moins de logements sur le site et l’on reconstruit ailleurs pour retrouver, dans le pire des cas, la même offre (voir quartier Monclar à Avignon, Les Flamands, Les Iris à Marseille). Sans oublier que tous les projets « réhabilitent la totalité des logements restants ».
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Or, dans le cas de Vitrolles, et c’est quand même remarquable, au lieu de reconstruire à l’identique ou moins de logement comme cela se fait partout, c’est 154 logements supplémentaires qui seront proposés. L’une des pistes d’explications sur ce surnombre, c’est que nous détruisons des logements immenses plus du tout en adéquation avec la problématique actuelle pour construire des logements plus petit plus en rapport avec les cas nombreux de familles mono parentales ou à un ou deux individus. Toutefois, alors que nous sommes largement au dessus du seuil obligatoire social, nous allons encore accroitre cette offre.
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Autre aspect gênant du projet, même si sur ce point, la municipalité n’y est pas pour grand-chose, bien au contraire.
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Dans ce dossier, les polémiques et les rumeurs sont allées bon train et même si je reconnais volontiers que la municipalité a fait un remarquable travail d’information, ce travail n’a pas forcement été bien perçu par les habitants du dit quartier. Il faut respecter les Vitrollais qui vivent dans ce quartier et qui sont les premiers concernés par ce projet. La crainte de l’avenir et la fragilisation de ces populations gravement affectées par les retombées de la crise ont favorisé l’émergence d’un terreau de mécontentement.
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Nous sommes aujourd’hui dans une situation où les craintes ayant été volontairement alimentées voire récupérées à titre politique, les habitants sont désormais en position de scepticisme complet vis-à-vis de ce projet.
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Je veux pour preuve les retombées qu’a eu la légende d’un article de la Provence concernant la résidence d’Alembert. Dans cet article, les journalistes ont interviewé plusieurs habitants de cette résidence construite en bordure du quartier des Pins, à l’angle de l’avenue des Salyens et de la rue …. Un d’entre eux, dans son interview, a déclaré venir de Berre. Il n’y a pas eu besoin de plus pour mettre le feu aux poudres. Une levée de bouclier se fit parmi les résidents des Pins sur le thème : « comment, on devait favoriser exclusivement les résidents des Pins et ce sont ceux de l’extérieur qui ont encore eu ces appartements ! ». Le mot « encore » dans la rhétorique démontre que les résidents des Pins pensent des ces « passe-droit » pourtant inexistants sur ce dossier sont monnaie courante dans la cité.
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Pourtant, simple remarque, il est probable que toute cette polémique eut pour origine les déclarations de l’élue en charge du dossier lors d’une réunion d’information aux Pins et qui ont été répercutée dans la Provence du 16 février 2009. Ce soir là, elle déclara, parlant de l’attribution des logements des « Jardins d’Alembert » : « Ils seront attribués comme d’habitude par une commission. Seront acceptées les familles dont les ressources correspondent aux loyers. Celles qui résident dans un immeuble à démolir seront prioritaires ». Sauf que ce n’est pas le cas puisque cette résidence ne rentre pas dans le cadre du relogement et qu’elle est de surcroit dans le cadre du logement social de qualité supérieure.
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Et désormais, même après les explications cohérentes des bailleurs et de la municipalité, nombreux sont ceux à encore croire qu’ils vont être une nouvelle fois laissé sur le bord du chemin de la rénovation.
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Une conclusion ?
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Les projets liés au CUCS et à la rénovation de l’ANRU sont donc une chance pour Vitrolles. La municipalité l’a saisi et c’est une très bonne chose. Comme je l’ai développé dans ce chapitre, on peut être en désaccord avec la direction prise mais on ne peut nier que Vitrolles ne sera plus comme avant après la réalisation de tout ce qui est prévu.
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Mais on ne doit pas perdre de vue que tout ceci est mis en place pour le bien des vitrollais et surtout de ceux en grande difficulté sociale. Il faut aussi les protéger et en cela le devoir d’urgence sociale est important dans le dispositif social qui doit être maintenu et développé sur le territoire de notre ville.
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De même, la reconquête des cages d’escaliers, un suivi plus important des habitants, le retour à une normalité républicaine sous entendant surtout et avant tout une stabilité sociale, doivent être pérennisés et développés.
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C’est le seul moyen pour obtenir une paix sociale à laquelle nous aspirons tous.
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