Réflexions : Urbanisme, urbanisation et PLU

20130629 plu.
Vendredi 15 octobre 2010 :
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La suite de mon travail sur Vitrolles avec aujourd’hui au programme le Plan Local d’urbanisme et certaines considérations sur l’urbanisme tout court sur Vitrolles.

L’urbanisation a été de tout temps la préoccupation première des municipalités qui se sont succédées à la tête de la ville depuis la fin de la seconde guerre mondiale, que ce soit sous Henri Loubet, Victor Martin, Henri Bremond, Pierre Scele, Jean-Jacques Anglade, Guy Obino ou Loïc Gachon. Sept maires, sept politiques mais une seule préoccupation.
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Que ce soit la construction de la Cité Rose, la transformation du petit village en ville nouvelle, la réappropriation des surfaces par les citoyens ou la rénovation des anciens quartiers, cette urbanisation n’a cessé d’être en tête de chapitre année après année de la politique municipale.
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2010 ne fait pas exception à la règle puisque, sous l’égide de la mairie, un vaste débat de fond est lancé avec une réflexion citoyenne sur le P.L.U. (Plan Local d’Urbanisme) et tout ce que cela entraine comme répercussion au niveau de la cité urbaine. Et cette réflexion est une chance pour notre ville car, le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis « la chute de la maison Anglade », il manque une ligne claire et directrice à notre urbanisme. Quoi que l’on pense de Jean-Jacques Anglade, sa plus grande qualité était d’avoir une vision d’avenir pour Vitrolles. Que cette vision ne soit pas partagée, que ce ne soit pas la mienne d’ailleurs, est anecdotique. Cette politique existait. Et cela était le plus important !
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Désormais, la question posée est à la fois simple et complexe : dans quel Vitrolles voulons-nous vivre à l’horizon 2025 ? C’est aujourd’hui qu’il nous faut répondre à cette question. Moi-même, je vais tenter, dans ce chapitre, de mettre mes idées sur le papier et ainsi apporter mon humble pierre à l’édifice de la concertation.
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Dans cette brève introduction, vous avez certainement remarqué que je n’ai pas cité Catherine Megret, ni l’extrême-droite d’ailleurs. Ce n’est point son appartenance politique qui m’a poussé à occulter son mandat. Je l’ai omis parce que l’urbanisme n’était pas une priorité sous sa mandature. Mais si cette politique spécifique n’était pas sa préoccupation première, je suis aussi convaincu que ce fut la résultante d’un état de fait, les finances de la ville et les financements des projets ne lui permettant pas la moindre politique d’urbanisme hormis les travaux d’urgence. L’absence de finances et de financements est un autre débat dans lequel je me garderais bien d’entrer, du moins dans ce chapitre.
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Urbanisme qu’est ce que c’est ?
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L’urbanisme et la politique qui va avec, est la priorité actuelle de cette municipalité et, au-delà, de Vitrolles et des vitrollais. Ce n’est pas innocent. C’est non seulement une nécessité mais aussi une obligation. Une obligation car la mairie s’est lancée dans l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme, Plan succédant à l’obsolète Plan d’Occupation des Sols.
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L’objectif de l’opération lancée par la mairie (pour répondre aux normes étatiques) est d’obtenir la meilleure lecture possible de la ville et de son territoire. Le travail porte donc sur l’existant avec l’aménagement des espaces (publics ou privés), la répartition et l’organisation du bâti, des activités économiques, des flux de transport, la répartition des équipements publics. Pour résumer en une phrase quelque chose de très complexe, on peut comparer un P.L.U. a une photo, la plus précise possible, de la ville et des différents réseaux qui la compose.
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Une fois cette photographie prise et analysée, les collectivités locales, avec l’aide de professionnels de la chose, vont mettre en forme un projet visant à anticiper l’évolution de la cité et présenter un développement urbain efficace sur le plan socioéconomique et durable sur le plan environnemental.
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Comme on peut le voir, une politique d’urbanisme responsable ne se décide pas comme cela et ne se monte pas de manière amatrice et désinvolte. C’est une vision d’avenir qui est demandée. La situation géographique, économique, sociale de la ville doit être prise en compte.
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Pendant très longtemps, l’urbanisme a été l’affaire de l’Etat. Ce n’est qu’à partir de 1983 et des lois de décentralisations, que les gouvernements, de droite ou de gauche, ont délégué à d’autres la fabrication de la ville, se mettant même parfois au service du privé ; Dans ce style de dérive, le plus bel exemple fut Eurodisney qui bénéficia d’une ligne RER offerte par le gouvernement alors que les habitants de Marne-la-vallée réclamaient sans succès depuis des années.
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En 1983, les lois de décentralisation donnent tout pouvoir aux maires en matière de permis de construire. Et c’est à ce moment là que commence un urbanisme vraiment effréné ne correspondant pas à l’attente de la société française et ne prenant pas en compte les intérêts à longs termes. Il faudra près de vingt ans pour que la tendance s’inverse et que l’intérêt général devienne la priorité principale.
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Durant cette période, les villes françaises ont été prises dans un curieux engrenage dont le mécanisme est simple : pour lutter contre l’exode rural, pour éviter la fermeture de l’école, la commune fait construire un lotissement, qui amène de nouveaux arrivants. Mais les enfants scolarisés grandissent et s’en vont. Il faut créer un second lotissement pour maintenir la démographie et attirer de nouvelles familles. C’est la fuite en avant.
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Dans le cas de Vitrolles, l’épisode de l’exode rural n’existe pas puisque la ville était classifié « ville nouvelle » donc en constante expansion mais le deuxième rouage du mécanisme implacable, est actuellement en action : les enfants des vitrollais installés au moment de l’expansion tout azimut de la ville ont grandi et il faut leur trouver de la place sur notre espace communal.
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Etat des lieux
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La situation de Vitrolles est exceptionnelle. En effet, on peut trouver sur son territoire, pêle-mêle, une gare TGV, un aéroport international, une gare TER, un important nœud routier, de vastes zones industrielles et commerciales, de nombreuses facilités, en fait tout ce qui permet d’en faire une attractivité pour l’économie, les affaires et les entreprises.
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Une urbanisation débridée dans la fin des années 70 et tout au long des années quatre vingt, a amené notre ville du statut de petit village campagnard à une ville « nouvelle », certes cité-dortoir, mais rivalisant avec les villes nouvelles de l’époque et surtout tiraillé par ses trois pôles d’intérêt : Salon, Aix-en-Provence et Marseille.

Vitrolles a été bâtie et s’est agrandie entre les rives de l’Etang de Berre et le Plateau de l’Arbois sur trois « étages » différents : les rives de l’étang, le premier plateau avec la zone industrielle et la ville elle-même, le plateau de l’Arbois. Au départ installée au creux du premier plateau, adossée aux falaises du second plateau, avec son rocher protecteur, la ville a conquis tout son territoire en moins de quarante ans.
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De plus, Vitrolles est une ville toute en longueur et très étendue (plus de huit kilomètres de long sur environ six dans sa plus grande largeur pour un total de plus de trente six kilomètres carrés) qui nécessite obligatoirement un véhicule dès le moment où l’on veut s’y déplacer.
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Cette particularité géographique a été accentuée à la fin des années soixante avec la construction de l’autoroute A7 qui suivait le tracé de la ligne de chemin de fer PLM (Paris-Lyon-Marseille). Cette autoroute, au départ simple balafre dans un territoire agricole vierge de toute habitation, est devenue rapidement un handicap car coupant le territoire de Vitrolles en deux. A l’ouest les zones industrielles, à l’est les zones commerciales et d’habitations/
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En effet, en 1972 un immense centre commercial, est construit en bordure d’autoroute suivit quelques années plus tard par le gigantesque échangeur du Griffon. Or, ces trois ensembles (autoroute, échangeur, centre commercial) sont construits à l’endroit où le fameux deuxième plateau est le plus étroit, de surcroit déjà occupé par une vaste zone industrielle. La conséquence est une véritable coupure entre les quartiers sud et le reste de la ville.
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Au nord, la situation n’est pas meilleure puisque les bords de l’étang sont eux-mêmes coupés du reste de la ville par les falaises de Vitrolles et la longue descente de la RD113. Cette constatation pousse même les habitants des quartiers nord à dire qu’ils sont plus rognacais que vitrollais et invoquer, à tort ou à raison, un certain abandon de la part de la « ville haute ».
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Dans ce contexte géographique particulier, on peut considérer que la ville est coupée en trois entités distinctes, ces trois entités se sont transformés en quelques années en une multitude de quartiers, rendus autonomes par contrainte topographique pour la plupart d’entre eux.
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Pour être tout à fait près, ce n’est pas de trois entités que je devrais parler mais bel et bien de quatre ! Car la partie située entre le centre commercial et la bordure des falaises plongeant vers l’étang peut, elle-même, être divisée en deux parties distinctes fonctionnant de manière relativement autonome, répondent à leur propre logique : le village avec le Roucas, la Cité Rose, les Cadenières et la Plaine et le Centre Urbain avec les Hermès, les Pins, le Liourat (les quartiers classés dans le cadre de la rénovation urbaine comme on peut le constater)
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Les périodes de constructions permettent aussi de voir l’évolution de l’urbanisation. A une urbanisation « tout béton » en vigueur dans les années soixante et soixante et dix dont le quartier des Pins est le meilleur exemple, a succédé une urbanisation « pensée et raisonnable » dans les années quatre vingt dont la Frescoule peut en être une illustration.
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La destination des zones est aussi clairement définie :
– Estroublans, Anjolly et Bagnols pour le coté industriel et économique,
– Griffon, Tuillière et Liourat pour le coté commercial,
– Les Pins, Petite Garrigue, Frescoule, Liourat et Hermès pour le coté social,
– Pinchinades, Cadenières, Fontblanche, Vignettes pour le coté pavillonnaire,
Etc…
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Autre particularité, Vitrolles n’a pas de centre-ville au sens strict du terme mais trois centres différents : un centre administratif, un centre commercial et un centre historique. Seul problème, non seulement ces trois centres ne sont pas situés au même endroit mais en plus ils sont distants de plusieurs kilomètres l’un de l’autre.
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L’urbanisation du quartier de la Frescoule
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Le quartier a vingt trois ans. Avant, ce n’était que champ à perte de vue et personne n’aurait imaginé, ne serait-ce qu’il y a quarante ans, une telle urbanisation à cet endroit là. Pourtant, malgré le caractère nouveau de ces habitations, l’élaboration du projet ne s’est pas faite de manière anarchique comme en certains autres endroits de notre ville : la création du quartier de la Frescoule a été pensé, étudié et mis en application de manière méthodique. Ainsi, le bassin de rétention (qui deviendra le lac de la Tuillière) a été aménagé en premier, puis les réseaux divers et variés dont à besoin un quartier neuf (égouts, câblages électriques, etc …), ensuite les infrastructures publiques (école, poste) et enfin les habitations.
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Cet urbanisme concerté est en parfaite symbiose avec les notions architecturales en vigueur à l’époque. On peut très facilement s’en apercevoir en examinant un plan de ce quartier. On y trouvera la centralité des services publics au sein du quartier, comme la Poste ou la Mairie annexe, (et des édifices religieux d’ailleurs), la mise en avant des espaces verts et des grandes envolées architecturales avec l’idée de trouée verte rectiligne entre le lac de la Tuillière et le Parc du Griffon concrétisée par « le Mail » et prolongé vers Montvallon, la prédominance de l’enseignement avec des groupes scolaires harmonieusement répartis (du moins pour l’époque). Toutes ces marques sont parfaitement reconnaissables dans le périmètre du quartier. Ce fut seulement quand ces infrastructures furent construites que les immeubles, les commerces et les villas commencèrent à être érigées.
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Enfin, l’urbanisme a pris en compte les erreurs de la décennie précédente. On ne trouve pas dans les quartiers de grandes barres immobilières ou de grands ensembles comme on peut en voir aux Pins par exemple. De même, pas de grandes tours mais l’implantation de logements collectifs de petite taille avec très peu d’étages.
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On peut désormais constater que les quartiers sud et plus particulièrement le secteur La Frescoule/La Tuillière, sont assimilables à une ville nouvelle autonome incluse dans un territoire plus vaste qui est celui de Vitrolles.
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Une ville de quarante mille habitants ?
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La question se pose de savoir si Vitrolles a dépassé le seuil des quarante mille habitants ou pas. Certains organismes, comme la C.P.A., ont lancé un pavé dans la mare en avançant le fait que Vitrolles a déjà dépassé ce seuil. Pour l’INSEE, ce n’est pas encore le cas.
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On peut se poser la question de savoir pourquoi ce seuil devient soudain si important et sujet à autant de polémiques. La raison en est simple : une ville de quarante mille habitants voit sa dotation globale (versée par l’Etat) inscrite au budget de fonctionnement de la commune, considérablement augmenter, a la possibilité d’engager plus de cadre A, ces directeurs territoriaux qui facilitent tant la vie communale, constate que son prestige et son poids politique augmente au sein des collectivités à laquelle elle appartient, sans oublier les quatre conseillers municipaux en plus auquel elle a droit.
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Donc, même si personne ne l’avoue, tout le monde a intérêt à ce que cette barrière soit franchie. Tout le monde s’accorde aussi pour dire que les prévisions des années 70 donnant une ville de Vitrolles avec une population de 70000 personnes sont une utopie et que la prévision haute donnée par les urbanistes dans le cadre du scénario « expansif », soit 48959 sont irréalistes.

En terme plus clair : oui pour 40001 habitants pour franchir le seuil mais pas beaucoup plus !
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Il est évident que répondre à cette interrogation va engager la ville dans un sens ou dans un autre. Penser un urbanisme pour une ville de 40000 habitants alors que nous sommes 38000 se fera d’une autre manière que si nous avons déjà franchi cette fameuse barrière.
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Je me demande simplement qui pourra nous donner cette fameuse réponse !
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La place des espaces verts dans la ville
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Lors de son extension pharaonique, les architectes qui se sont penchés sur Vitrolles ont disposé de tous l’espace nécessaire pour donner libre court à leur imagination. Seul bémol à cette créativité : la majorité des plans ont été fait avant le premier choc ou dans l’immédiate période qui a suivi, le règne du « tout voiture » est bien visible dans la trame urbaine.
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Cependant, malgré cette erreur que nous payons encore aujourd’hui, les mêmes urbanistes ont eu la présence d’esprit d’intégrer dans leurs réalisations de vastes espaces dédiés aux espaces verts. Mieux, des dizaines d’hectares de terrain sont restés vierges de toute trace de béton et peuvent maintenant faire la fierté des vitrollais.
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En termes d’espace, il est intéressant de noter que la surface bétonnée a, peu ou prou, la même surface que les espaces verts ou boisés. Mieux, ces deux surfaces se fondent l’une dans l’autre permettant à tous les quartiers sans exception de posséder des oasis de verdure. Si l’on rajoute les « espaces bleus », ces lacs, rivières, fontaines qui peuplent la cité du rocher, nous pouvons dire sans crainte que la mosaïque vitrollaise est unique et demande à être préservée.
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Et puis, il ne faut pas oublier le plateau de l’Arbois !
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Le plateau de l’Arbois
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Une grande partie du territoire vitrollais se trouve sur les contreforts ou le plateau de l’Arbois lui-même. Les terrains situés sur ces zones ne sont pas « libre de droit » contrairement à ce que certains voudraient faire croire. Ils sont sous la protection de plusieurs règlements allant de la loi littorale aux zones Natura 2000 en passant par une multitude d’autres classements de protections.
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Toutefois, au cours des années passées, des « dérogations » ont été accordées sur le site de Valbacol où le plateau technique de l’École nationale des officiers sapeurs-pompiers a été construit et au moins deux villas ont aussi vu le jour à proximité de la sortie de la RD9.
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Par ailleurs, lors de la construction de l’ENOSP, la mairie a obtenu un accord avec l’Etat, en l’occurrence une réserve de 40 hectares (dont 10 autour du stadium) qui pourrait revenir dans le giron de la Ville si celle-ci le désire et devenir constructible si le nouveau PLU le permet. A priori ce ne sera pas le cas !
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En effet, j’ai pris bonne note de la volonté municipale de laisser ces terrains à la nature, de leur transfert au conservatoire du littoral et de la volonté affichée de la mairie de ne point y toucher. Je sais que les contacts sont bien avancés pour que ce transfert se fasse dans les plus brefs délais. Toutefois, je connais aussi les impératifs liés à l’urbanisme, je connais les projets, même en rêve, de certains élus (comme la construction d’un stade à Valbacol ou la supposition de quartier écologique au même endroit). Nul ne sait de quoi demain sera fait.
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J’aborderais dans un autre chapitre plus spécifiquement le plateau de l’Arbois mais d’ores et déjà je me permets de signaler que je reste très vigilent sur ce sujet.
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La politique de transport
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On ne peut parler d’urbanisme sans aborder le problème des transports. En effet, l’approche des urbanistes ne sera pas la même si les développeurs sont en présence de facilités pour les transports (réseaux ferrés importants, présence d’autoroute, d’aéroport, etc.) ou en présence de zone agricole.
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Dans ce contexte, Vitrolles est à la fois bien desservis (gare TER, aéroport international, gare TGV, gare autocars etc …) et en retard. En retard car l’offre de transport public, quoique variée, est en fait inadaptée à la configuration locale. Se rendre en bus à la gare TER ressemble plus au parcours du combattant qu’à un transport rapide et efficace d’un point A au point B. Se déplacer par les transports publics le dimanche est impossible. Disposer d’un moyen adapté est une chimère. Je reviendrais sur tout cela lors de mon étude sur les transports en action sur notre territoire.
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Mais il ne faut pas écarter le fait que le Plan Local d’urbanisme et plus généralement l’urbanisme d’une ville prend en compte le Plan de Déplacement Urbain et d’une manière plus générale tout ce qui touche les transports.
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Lorsqu’il fut décidé que Vitrolles entrerait dans le cadre des villes nouvelles, nous étions avant le premier choc pétrolier. Le pétrole coulait à flot et le « tout voiture » était l’avenir. Cette politique insouciante est visible dans l’urbanisme de la ville. La voiture est partout favorisée, des grandes avenues à double voies coupant la ville au parking « presque dans les cages d’escaliers » des immeubles.
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Les crises et une prise de conscience certaine de la société ont changé la donne. Tout le monde favorise désormais les modes de transports de substituions, les transports publics et tout ce qui permet de faire reculer la voiture.
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Ce constat accablant, il est important de la prendre en compte alors que nous sommes en train de définir la Vitrolles de 2025.
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Les risques sur le territoire
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Les risques recensés, sous trois intitulés (naturel; technologique et industriel ; ferroviaire et aérien), sont multiples : feu de forêt, inondation, mouvement de terrain, canicule, neige et grand froid, transport de matière dangereuse, sismique, ferroviaire et aérien.

Et question risque, Vitrolles a eu sa dose : des événements « brulants » en 2004 avec l’incendie de l’Arbois qui menaça la ville, des événements « glaçants » en 2009 avec les chutes abondantes de neige qui ont isolé la ville durant deux jours,
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Un plan sécurité existe sur notre commune. Son but : identifier, au-delà du Plateau, les zones exposées, trouver les mesures pour défendre les habitations existantes, définir celles qui visent à intégrer ce risque dans les projets de construction.
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Pourquoi aborder ce plan ? Tout simplement parce qu’il va profondément impacter le Plan Local d’urbanisme en imposant des règles et des contraintes aux habitations.
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Par exemple, étant zone 1 dans les risques sismiques, la construction de nouveau édifice va prendre en compte des contraintes pour que ces édifices résistent aux tremblements de terre. De même, deux sociétés situées sur le territoire communal sont classées en site Seveso: Brenntag en seuil haut, et Air Liquid en seuil bas. La première, installée dans les Estroublans, qui conditionne et stocke des produits chimiques, a dû mettre en place un plan particulier d’intervention qui lui est propre en cas d’incendie.
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Parmi tous les autres risques, on peut enfin relever celui des mouvements de terrain: les glissements sont localisés vers le camping Marina, l’ouest de la RN 113 ; l’érosion du littoral est potentielle le long de l’étang et à l’ouest de la commune; des chutes de blocs sont envisagées le long du Plateau, avenue de Marseille, route de la Sed et du Rocher.
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Tous ces risques sont donc pris en compte lorsque des modifications de l’urbanisme sont envisagées, raison de plus lorsqu’il s’agit de Vitrolles. Et quand ces modifications ne sont ni plus ni moins que l’élaboration d’un Plan Locale d’Urbanisme définissant la ville dans quinze ans et l’engageant dans un urbanisme pour la première moitié du XXIème siècle, ces risques deviennent prioritaire.
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Un combat personnel : la place Gaufreton
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Je terminerais par ce qui, peu à peu, est devenu une sorte de combat personnel. Ce combat concerne la Place Gaufreton, cette place que tout bon vitrollais appelle le parking de la Poste. Sur cette place, outre la fameuse Poste, on peut accéder avec facilité au Centre Urbain mais aussi et surtout au Cinéma Les Lumières, à la brasserie FD Music, deux moteurs du centre urbain le soir.
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Donc, à ce propos, je propose à la mairie de mettre à l’ordre du jour la rénovation de la Place Gaufreton. Le coté sordide de cette place le soir est un « repoussoir » aussi bien pour le cinéma que pour les rares commerces s’y trouvant. Une petite réorganisation du parking, quelques bacs à fleurs, un espace un peu plus piétons devrait suffire à changer l’aspect de cette place et donner plus envie de venir s’y garer pour aller au cinéma (ou, pourquoi pas, au « nouveau » pub musical s’y trouvant).
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Que faire des zones industrielles ?
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Pour terminer ce tour d’horizon, il est difficile de faire l’impasse sur les grandes zones industrielles qui sont situés « de l’autre coté de l’autoroute ». Que ce soit l’Anjolly, les Estroublans, les Bagnols, quel que soit le nom qu’on leur donne, ce sont quand même une part prépondérante de Vitrolles
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La zone industrielle représente aujourd’hui un territoire économique de 375 hectares regroupant les deux sites : la zone industrielle des Estroublans et la Zac de l’Anjoly. Vitropole devient l’appellation de ces 2 zones fusionnées en 1999.
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La zone industrielle des Estroublans est la plus ancienne des zones d’activités du département des Bouches-du-Rhône mais aussi l’une des plus vastes avec une surface de 280 hectares dont 247 cessibles.
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Si à l’origine, l’activité industrielle était fortement représentée, au fil du temps, on a pu constater un rééquilibrage de la répartition des activités. Aujourd’hui, la ZI des Estroublans est assez polyvalente, 40% des emplois relèvent du secteur des services, 30% du commerce, et 29% de l’industrie.
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La ZAC de l’Anjoly couvre une superficie totale de 95 hectares. Les principaux secteurs d’activité de la zone sont le transport, la logistique et l’industrie, spécialisations liées à l’excellente accessibilité routière et autoroutière de l’Anjoly et à sa proximité des rives de l’Etang de Berre et du Port de Marseille notamment.
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Une étude récente de la DRIRE a démontré que le succès de ces deux zones n’est pas conditionné à la proximité des infrastructures portuaires de Marseille/Fos et l’aéroport Marseille/Marignane, même si les entreprises considèrent que ce sont des atouts potentiels ou des moyens d’approvisionnement. En revanche, la présence du nœud routier à proximité de la zone est un élément majeur de leur implantation.
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Nous retombons là dans la problématique de l’urbanisation liée aux transports et au fait que Vitrolles est construite sur un des nœuds routiers les plus importants des Bouches-du-Rhône.
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Vitropole possède également les infrastructures TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) adaptées à son fonctionnement. De plus, la CPA (Communauté d’Agglomération du Pays d’Aix-en-Provence) a mis en place il y a peu de temps un accès très haut débit internet sur l’ensemble de son territoire.
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Les travaux de voirie qui ont perturbé durant plusieurs dizaines de mois le fonctionnement des zones sont terminés et l’ouverture de la gare des Aymards sur la zone même a facilité l’accès au réseau de transport. Il s’agissait d’une nécessité aussi bien au niveau des infrastructures routières que des impacts sur le développement durable pour les entreprises.
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Par ailleurs, les prix du foncier et de la location sur la zone sont attractifs par rapport à d’autres sites sur le Pays d’Aix. Cela constitue donc une offre globale de services disponibles qui rend la zone très compétitive.
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Mais ce tableau idyllique est gâché par certaines considérations dont, entre autre, une qui est primordiale dans ce chapitre : le P.L.U de Vitrolles. Alors qu’il est en cours d’élaboration, son ancienne version impose des contraintes qui ne permettent pas d’agrandir le périmètre de la zone. Les demandes d’implantation restent régulières et les agences de promotion ne sont pas en mesure de proposer une implantation sur la zone. Il n’y a donc quasiment pas de disponibilité foncière à proposer
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De nouveau se pose la question de savoir si ces zones doivent être agrandies ou non et le P.L.U. donnera la réponse pour l’avenir 2025.
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Et à nous aussi de réfléchir à ce que l’on veut sur cette zone.
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Une ligne directrice pour Vitrolles
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De toute cette étude, on peut dégager une ligne directrice pour Vitrolles.
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La sauvegarde des espaces naturels étant une priorité, la géographie vitrollaise une constante, le gros urbanisme existant difficilement malléable, la sécurité prioritaire et le recul de la voiture un souhait, on peut dégager quelques zones encore urbanisables (quelques hectares seulement) qui permettrait de franchir ce fameux seuil des quarante mille habitants.
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L’évolution économique, le départ de l’industrie lourde, la prédominance de la macro entreprise permet aussi de réfléchir à la requalification de certains secteurs à vocation commercial ou industriel.
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Le développement des transports « doux », l’évolution de tous les modes de transports vers des transports où la haute qualité environnementale est de mise, permet de repenser complètement les échanges et l’intercommunalités.
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Le Vitrolles de 2025 nous attend. A nous d’en faire quelque chose dont nous serons fier.
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