Réflexions : Environnement durable à préserver

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Vendredi 29 octobre 2010 :
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La suite de mon travail sur Vitrolles avec aujourd’hui au programme tout ce qui touche l’environnement et le développement durable sur le territoire de cette commune.
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Après avoir étudié quelques gros morceaux comme les transports, l’urbanisme ou le social, nous allons nous plonger cette fois-ci de nouveau dans un chapitre vital pour le développement d’une commune qui se veut à la fois responsable et tournée vers l’avenir. Je veux bien entendu parler de l’environnement, du développement durable et de tout ce qui tourne autour sur le territoire de notre commune.Un tournant sociétal

Il est désormais évident pour tout le monde que notre société est à un tournant.
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A l’heure ou le libéralisme à tout crin a montré sa limite, à l’heure où les leçons du dernier crash financier n’ont visiblement pas été comprises, A l’heure où nos gouvernants ne songent qu’à reprendre leur ancienne politique en la teintant d’un petit paravent écologique appelé « développement durable » sensé blanchir leurs actes inconséquents, il est plus que temps de se poser la question de savoir dans quelle société (et par extension dans quelle ville) nous voulons vivre.

Les différentes crises traversées par nos sociétés ont amené les citoyens à prendre conscience des enjeux environnementaux les concernant. Nicolas Hulot, dans son pacte écologique, définissait trois grands enjeux. Ma petite expérience sur le sujet m’amène moi aussi à reprendre ces trois grands enjeux et je vais tenter de les appliquer au niveau local par tous les outils que nous offre une ville comme la notre.

On ne peut bien entendu ignorer l’enjeu climatique, on en parle tellement. Que l’on croit ou non au réchauffement climatique, que l’on soit Claude Allegre ou Al Gore, il est impossible de nier que l’humanité consomme à ce jour plus de 11 Gtep (milliards de tonnes équivalent pétrole) d’énergie dont 80% sont des énergies fossiles. Et on ne peut nier qu’en brûlant ces énergies fossiles nous émettons du CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre.

Je suis intimement convaincu que moins de CO2 ne peut qu’être bénéfique à l’humanité toute entière. Aussi, quand la France s’engage à diviser ses émissions de CO2 par quatre d’ici 2050, je ne peux qu’applaudir des deux mains. Mais j’ai aussi conscience que maîtriser ses consommations d’énergie et baisser les émissions de CO2 ne sera qu’un plus dans l’enjeu climatique qui est le notre.

Un des éléments essentiel et primordial de notre mode de vie, de notre société actuelle, est bien entendu la biodiversité, tissu vivant de la planète. Quoique l’on observe, la grande majorité de nos biens de consommation courante provient du monde vivant (aliments, matériaux, fibres textiles, molécules pour les médicaments ou les cosmétiques). De surcroit, nous bénéficions d’un nombre incroyable de services gratuits et surtout écologiquement fiable comme l’approvisionnement en eau potable, pollinisation, épuration des eaux et de l’air (par les plantes et les micro-organismes), protection contre les catastrophes naturelles, préservation des sols…

Seulement ces services ont un poids non négligeable sur notre biodiversité qui est fortement entamée par le mode de développement à la fois tout azimut et effréné que nous connaissons depuis plus d’un siècle. Notre biodiversité est touchée d’une manière inquiétante tandis que les habitats des espèces vivantes sont détruits et que les espèces disparaissent.

Notre mode de développement a aussi un autre impact important sur l’environnement par l’émission de nombreux polluants, dangereux pour la santé humaine et nuisibles aux écosystèmes. Les produits chimiques se sont multipliés à l’infini. Leur utilisation est non seulement entrée dans le domaine courant mais en plus semblent indispensables dans la vie de tout les jours. Or, avouons le, aucun ne l’est réellement car remplaçable par des produits, des méthodes, des manières alternatives issus d’une fabrication moins agressive et plus naturelle. Il s’agit désormais de les utiliser et d’encourager leur développement.

Des défis à relever :

Le constat de départ est sans appel. Les ressources naturelles ne sont pas exploitables à l’infini et même, dans certains cas, en voie de disparition à plus ou moins brèves échéances. En une phrase : les ressources mondiales sont épuisables. Dans ce contexte, quel est l’avenir d’une politique qui se base sur l’expansionnisme de sa production ?
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Quand on sait que l’Union Européenne dépend encore à 80 % des énergies fossiles, qu’il est impératif d’être à la pointe des technologies dites propres, comment ne pas être sceptique devant le plan énergétique concocté par la Commission Européenne qui préconise de consacrer une part non négligeable de son financement au nucléaire, technologie que personne désormais, même les plus consensuels, ne met dans la catégorie des technologies de pointe et d’avenir, au détriment des nouvelles technologies énergétiques ? C’est le choix énergétiques qui est en cause et, par extension, les priorités de la recherche européenne.

La solution de l’Agenda 21

En 1992, à Rio de Janeiro, cent soixante treize pays se sont réunis pour étudier les risques que courrait notre planète concernant l’environnement. De ce « Sommet de la Terre » est sorti un plan d’action pour le XXIe siècle, que l’on a appelé dans un premier temps, « Action 21 » mais qui est rapidement devenu « l’Agenda 21 ».

Fort de quarante chapitre, ce plan d’action passe en revue tous les domaines où les états, les régions, collectivités territoriales, quelque soit leur grandeur, peuvent influer pour favoriser l’environnement et surtout le développement durable. Ce ne sont que des recommandations mais qui ont valeur de défis à relever dans des domaines aussi variés que la Santé, le Logement, la gestion des ressources naturelles, l’urbanisme, la gestion des déchets, la pollution sous toutes ses formes

En parallèle à ce plan d’action, une déclaration sur l’environnement et le développement a été adoptée. Elle énumère 27 principes à suivre pour mettre en œuvre l’Agenda 21.

Le chapitre 28 s’intéresse aux collectivités locales qui sont appelé à mettre en place un programme d’Agenda 21 à leur échelle, intégrant les principes du développement durable, à partir d’un « mécanisme de consultation de la population ». Ce mécanisme particulier deviendra l’Agenda 21 local, mécanisme que Vitrolles, depuis un an maintenant, a mis en place.

Pour les créateurs de ce plan réunis à Rio, les collectivités locales sont le chainon le plus important dans la mise en place d’un plan efficace de développement durable et surtout le chainon le plus pertinent pour collecter et analyser les demandes des citoyens. Les solutions à un problème mondial doivent être mises en place localement. C’est du moins comme cela que pensent les initiateurs de l’Agenda 21.

Un « couac » à mon avis dans ce bel ensemble idéologique. La mise en place de cet Agenda 21 est laissée à la libre appréciation des collectivités territoriales et donc des élus qui la composent. Sachant que les règles imposées par l’Agenda 21 amènent généralement des surcouts et des contraintes lourdes, les collectivités sont réticentes à s’engager dans cette démarche qui pourtant, à mon avis, ne peut être que bénéfique pour la ville, pour les citoyens et pour l’image même de ceux et celles qui s’y engagent.

Si Vitrolles, à son niveau a bien lancé son propre Agenda 21, d’autres villes avoisinantes ne l’ont pas fait. Et un élu haut placé d’une autre commune à qui je posais dernièrement la question de savoir où sa ville en était sur ce sujet précis, me répondit froidement : « L’Agenda 21, cette usine à gaz ? Vous êtes fou de vous lancer là-dedans. Vous allez être pieds et poings liés dès que vous voudrez faire la moindre chose. Quant à l’urbanisme, c’est l’enfer. Autant te dire que nous, à XXX, on n’appliquera jamais cet agenda de malheur ! »

Un lourd travail de pédagogie et de bon sens s’impose urgemment.

Vitrolles : Agenda 21 en action

Depuis un an, Vitrolles s’est donc lancée dans une démarche de développement durable, en l’occurrence dans la démarche dite de « l’agenda 21 ». Actuellement, la ville est dans la phase active de cette élaboration.
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Il est évident qu’un tel programme aussi ambitieux ne peut s’élaborer qu’avec une participation large et active de la population et des acteurs du territoire concerné (associations, entreprises, administrations, syndicats professionnels, élus, etc…).
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Au final, il ne s’agit « que » d’un plan d’actions programmées dans le temps mais un plan où l’élaboration et le résultat final sont aussi important l’un que l’autre et indépendant l’un de l’autre. En effet, quelle que soit la nature de la structure qui s’engage dans un agenda 21, il s’agit bien de réorienter les actions de celle-ci à la lumière des principes du développement durable.
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Mais inscrire une commune dans la démarche de l’Agenda 21 est une démarche de longue haleine qui s’élabore sur une période de trois à quatre ans le plus souvent. Au 30 avril 2009, plus de 372 villes et communes françaises de toutes régions et de toutes tailles sont engagées dans une démarche d’Agenda 21.
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Les étapes principales de sa rédaction sont le diagnostic, la concertation et l’écriture du plan d’actions.
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Dans le cas présent, Vitrolles en est donc au diagnostic et a commencé sa concertation. Je ne peux qu’approuver cette démarche qui va dans le sens du bien commun et de l’avenir de nos enfants et des générations futures. Il faut œuvrer pour le bien commun en faisant fi des divergences et des opinions politiques.
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Dans mon optique, cet Agenda21 doit transcender les courants et les divisions et non être le facteur principal d’un théâtre politique dépassé. Pour l’instant, c’est le cas. Espérons que cela dure
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Enfin, n’oublions pas que ce fameux Agenda 21 local est fait en concomitance avec l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme actuellement en cours et qui va définir la ville de Vitrolles à l’orée 2025.
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Une bonne chose et un formidable outil pour changer l’image négative de notre ville !
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L’Etang de Berre
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Abordons maintenant l’un des deux grands dossiers qui impactent directement notre ville et notre vie de citoyen.

L’Etang de Berre, c’est un peu (voire même beaucoup) notre mer à nous. Et il est, c’est le moins que l’on puisse dire, en mauvaise santé, même si depuis quelques années, son état s’améliore. Plusieurs grandes opérations (des remèdes de cheval ont même dit certains) ont permis à l’Etang de Berre de sortir d’un état catastrophique et passer à un état acceptable, permettant même la baignade l’été.

Créée par la remontée des eaux lors des dernières glaciations, cette étang, véritable mer intérieure, le plus grand étang littoral d’Europe, s’étend sur près de 15 500 hectares soit 900 millions de mètres cubes de liquide (20 kilomètres de long, 16,5 kilomètres de large au maximum et 6 mètres de profondeur maximale)
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Or, cet étang est très malade. Depuis 1966, il reçoit les eaux douces de la Durance par le biais des rejets de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas. Cet apport considérable d’eau douce et de limons a eu de graves conséquences hydrologiques et écologiques pour l’étang, pour la Durance, et les nappes phréatiques associées, et pour la Camargue qui, privée de limons, recule devant la mer. L’eau douce représente en moyenne un apport de 3,3 milliards de mètres cubes par an (mesuré sur la période 1966-93) soit environ 3,7 fois le volume de l’étang. Dans le même temps, les apports moyens en sédiment sont de 520 000 t/an. Les limons s’accumulent dans certaines zones, au nord de l’étang.
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Ces rejets ont entrainé une chute abyssale de la salinité de l’eau et une dégradation dramatique des peuplements marins, situation qui a perduré jusqu’à une prise de conscience salutaire à l’orée des années quatre vingt dix.

A l’instigation du Groupement d’intérêt public des rives de l’étang de Berre (Gipreb), le syndicat mixte qui gère la remise en état de notre mer, tous les rejets polluants émanant du pourtour direct de l’étang de Berre ont été recensés et identifiés durant l’été 2010.

Dans quelques mois, une nouvelle étape va s’ouvrir qui va consister à quantifier les doses de polluants et mesurer l’impact des rejets issus du réseau pluvial des communes, des conduites d’assainissement des particuliers, et des conduites émanant des sites industriels ».

Les polluants identifiés lors de cet inventaire sont des agents nutritifs, phosphates et nitrates, mais aussi des métaux lourds, plomb, mercure, cadmium entre autres, et des traces d’hydrocarbures, qui sont retrouvés dans les réseaux d’évacuation pluviale qui desservent les surfaces imperméabilisées comme celles des voies routières, zones industrielles et zones commerciales.

Le but final n’est pas de faire la police, le syndicat n’en ayant pas le pouvoir, mais de faire remonter les pollutions constatées qui sont transmises aux municipalités et intercommunalités concernées en matière d’assainissement non collectif pour qu’une solution soit trouvée.

Prenons le cas de Vitrolles. Avant même la campagne, d’importants dysfonctionnements avaient été repérés à la fois à l’embouchure de la Cadière (d’où la construction de la nouvelle station d’épuration) et vers le quartier des Vignettes et la plage des Marettes. Dans ce dernier secteur, le plus gros problème venait de l’anse des Agneaux avec des rejets sauvages d’assainissements en provenance d’un « quartier illégal ». Sur tout ce secteur, la Communauté du pays d’Aix a aidé les riverains de l’étang à améliorer leurs installations d’assainissement, soit par le raccordement au tout à l’égout des fosses septique, soit par une aide matérielle importante à l’éradication des rejets illégaux.

Mais les opérations de luttes contre la pollution de notre étang ne sont pas seulement de ce type. Par exemple, il y a un an, le syndicat débutait une opération de réimplantation, sur les fonds de l’étang de Berre, d’herbiers de zostères, herbes marines essentielles à la survie de la faune et de la flore aquatiques. Parmi les cinq sites choisis pour cette opération, aucun vitrollais mais un site proche de nous avec la plage des Robinsons à Rognac.

D’autre opération beaucoup plus lourd sont en cours de réalisation comme, par exemple, la réouverture à la courantologie du tunnel du Rove, permettant un apport de « sang neuf » dans notre étang qui en a tant besoin.

La plage des Marettes
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Les quartiers du bord de l’Etang ont la particularité d’être le seul accès à la mer de la Communauté du Pays d’Aix. La plage des Marettes est donc la seule plage véritable et publique de cette collectivité territoriale.

Cette particularité aurait pu laisser penser que la CPA ait particulièrement soignée cet atout de son territoire. Force est de constater que ce ne fut pas le cas. Mais il faut aussi avouer que si la CPA n’a pas favorisé ce secteur, elle ne l’a pas non plus défavorisé. Elle a tout simplement quasiment ignoré cet atout et cette vitrine.

La municipalité de Vitrolles, elle, a pris conscience de la valeur d’une telle particularité géographique et s’est enfin décidée à l’exploiter. Des rénovations ont été faites, des améliorations ont été apporté (rampes d’accès pour les handicapés). Mais, première critique, cette exploitation est à vocation estivale et ne vise qu’à améliorer l’accueil de la plage et attirer un peu plus les vitrollais vers « leur » plage. Festines, bibliothèque à la plage, moniteurs, tout a été fait l’été dernier pour rendre les Marettes plus attractives.

Ainsi, ma principale critique vient des autres périodes. La municipalité s’est contentée de simple projet de rénovation, ce que je pourrais appeler (et que j’ai appelé à une certaine époque) des « réalisations à courte vue ». Les choses ont changé mais aucun projet de réelle envergure n’est programmé pour notre littoral.

Entre le projet pharaonique et bling bling de Christian Borelli (pour mémoire, un port de plaisance pour yachts …) et les projets montées par la municipalité en place (simple rénovation de la plage et de la base nautique), n’y a t’il aucun avenir pour les rives vitrollaises de l’Etang de Berre ?

Je sais, la principale difficulté pour monter le moindre projet en ces lieux est le millefeuille législatif qui touche tous les littoraux français. Entre la loi Littoral, les différentes obligations légales directement lié par la présence à proximité de l’aéroport et des industries pétrochimiques, de la main mise des affaires maritimes et, j’allais oublier, les contraintes imposées par la base de Canadair et leur écopage, il est très difficile de monter le moindre projet en ces lieux. Et ce fantôme menaçant des Affaires maritimes planant sur le moindre projet touchant les rives de l’Etang à fait capoter bien des idées, la ville de Vitrolles est bien placée pour la savoir.

Entre parenthèse, c’est pour cela que la construction d’un port, même avec une petite capacité de l’ordre de 150 anneaux et même construit avec des pontons flottants est illusoire. Quand on voir les difficultés à obtenir des Affaires maritimes l’autorisation d’implantation d’un simple ponton flottant provisoire pour les deux mois d’été de seulement une douzaine d’anneaux, on sait que tout autre projet n’est qu’une utopie.
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Les salins du lion

Comment, lorsque l’on aborde le problème des rives de l’Etang de Berre ne pas parler, même brièvement, des Salins du Lion.

Vingt six hectares sauvages s’étendant de la plage des Marettes à la zone aéroportuaire de Marseille-Provence, les Salins du lion sont le seul espace naturel en bordure de l’Etang sur le territoire de la Commune.

C’est aussi le domaine des oiseaux. Plus de cent huit espèces ont été recensées sur ce territoire, la plupart étant des espèces protégées voire même en danger de disparition.

Mais, là aussi, il nous faut avoir la plus grande vigilance pour la défense de cet endroit exceptionnel. Je rappelle qu’une grave pollution d’origine indéterminée à touché ces salines en décembre dernier, tuant plusieurs milliers de poissons. L’écosystème généré par les oiseaux est des plus fragiles. Ne le détruisons pas.

Le plateau de l’Arbois
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Passons maintenant à l’opposé géographique de Vitrolles, sur les hauteurs qui dominent le centre commercial.

Ce que l’on appelle d’un terme générique « le plateau de l’Arbois » est un vaste espace de forme triangulaire dont les angles seraient approximativement Aix en Provence, Velaux et Les Pennes-Mirabeau.

Cet espace, de par ses qualités environnementales et sa situation stratégique au cœur du système métropolitain, fait l’objet d’une attention particulière aussi bien des collectivités territoriales que des associations environnementales sans oublier les services de l’Etat et cela depuis de très nombreuses années. (Approximativement une quarantaine d’années)

Loin d’être une entité individualisée, il est composé en fait d’une succession de plateaux, apparaissant plutôt comme un conglomérat environnemental que comme une entité unique. Il se décompose en plusieurs entités, orientées tantôt vers l’Etang de Berre, tantôt vers la Sainte Victoire.

Toutefois, trois grandes zones peuvent être dégagées :
• Les gorges de l’Arc, dont l’hydrologie déjà remarquable, est renforcée par le tracé du canal de Marseille qui traverse cette vallée par l’aqueduc de Roquefavour,
• La cuesta de Vitrolles qui est un espace assez préservé bien que fortement détérioré suite à l’incendie de 2004. Ce secteur, presque exclusivement naturel, contrebalance les zones fortement peuplés de Vitrolles, Rognac, les Pennes-Mirabeau, qui s’adossent à elle.
• Le plateau de l’Arbois proprement dit qui s’inscrit dans une dynamique périurbaine et confirme sa vocation historique en termes d’occupation d’espace au fil des années.

De surcroit, ce territoire exceptionnel est à la fois un lieu d’accueil d’activités humaines importantes et un espace naturel majeur, ce qui pose bien évidemment problème entre ces deux premiers pôles antinomique.

La Communauté du Pays d’Aix est directement impliquée par tout ce qui se passe sur le plateau de l’Arbois car sur les sept communes se partageant ce plateau, cinq sont membres de la CPA pour 85% du territoire concerné.

De plus, des infrastructures collectives se trouvant sur ce territoire dépendent directement de sa compétence :
• Centre intégré de traitement des déchets,
• Stadium,
• Projet de transport en commun en site propre,

La cuesta de Vitrolles

Ce que les Vitrollais appellent « le plateau de l’Arbois » est en fait la cuesta de Vitrolles et une partie seulement du dit plateau. La première est rattachée à la ville avec plusieurs infrastructures lourdes comme le Stadium, l’ENSOSP, les « quartiers » des Pinchinades et de Valbacol, l’autre s’étend donc jusqu’à Aix mais peut être considérée comme vitrollaise jusqu’à la gare TGV, incluant le site du Centre Technique d’Enfouissement (de si « olfactive » réputation).
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Ce secteur de Valbacol a fait l’objet de nombreuses polémiques sur les vues (supposées ou réelles) de la municipalité sur une réserve foncière de cent hectares (ramenée à quarante hectares en 2009) située autour des terrains de l’ENSOSP en bordure de la RD9 entre la ZAC du Griffon et l’ENSOSP, la zone de Valbacol en fait.
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Les interrogations de l’époque, dont les miennes je ne le nie pas, venaient de la discussion, non close à ce jour même si la CPA a peut-être la réponse pour nous, pour franchir la barre des 40.000 habitants. Les espaces restants à Vitrolles capable d’accueillir de 800 à 1000 logements nouveaux ne sont pas légion et à part faire du tricotage dans les zones restant encore à ce jour accessibles, seul le plateau de l’Arbois et Valbacol en particuliers répond aux critères d’un tel projet. Il n’était donc pas inutile de poser le problème, ce qui a amené une réponse tranchée (en espérant définitive) de la municipalité.
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Terminer l’urbanisation tout en protégeant les espaces vitrollais n’est pas chose facile.
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La mairie, par la bouche de Jean-Claude Denjean d’abord puis de Loïc Gachon, n’a jamais nié avoir mené une réflexion sur le devenir de ces terrains. Elle n’a non plus jamais nié qu’elle préférait voir ces terrains rester en l’état plutôt que de les voir urbanisés. Toutefois, un certain manque de communication a laissé la polémique se développer.

Ces terrains, la municipalité a décidé de les confier au Conservatoire du littoral. Le PLU en cours de montage, confirme cette volonté. Les menaces existantes sur ce site semblent désormais faire bel et bien parti du passé. Et c’est heureux.

Il semble acquit que l’urbanisation sauvage le long de la RD9 vers la gare TGV ne soit pas à l’ordre du jour tout comme celle du vaste espace allant de Valbacol aux Collets Rouge. Mais, toute la zone séparant la ZAC du Griffon du carrefour de Valbacol est au cœur des débats.
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Philippe Gardiol, adjoint au Développement Durable, faisait remarquer, à juste titre au moment où l’hypothèse de la construction d’un éco-quartier à cet endroit là était à l’ordre du jour, que cet espace, certes attirant pour les promoteurs, possède néanmoins quelques inconvénients dont celui, entre autre, d’être sur un trajet d’incendie. L’implantation d’un nouveau quartier à cet endroit demandera donc une forte prévention des terrains situés en amont. Autre inconvénient, et non des moindre, celui d’être totalement coupé du reste de la ville, à la fois par la RD9 et par les falaises.
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Pour ma part, je reste très réservé sur n’importe quel projet de construction de n’importe quel type sur le plateau. J’espère que notre Préfet sera lui aussi très critique dans les projets et préservera ce qui peut encore l’être en s’opposant toute construction.

Restons vigilant

La protection environnementale du plateau de l’Arbois

Concernant la protection environnementale, trois axes de réflexions sont privilégiés par les autorités :
• une protection au titre des sites et des paysages,
• des mesures de protection ponctuelles du patrimoine naturel,
• une protection des ressources en eau et des milieux aquatiques naturels (protection propre au bassin du Réaltor).

D’ores et déjà certaines zones du plateau de l’Arbois sont ou vont être classées « Natura 2000 ». (Au total 4292 hectares) et ce depuis octobre 2003. Ce classement empêche de « faire n’importe quoi » sur le plateau et oblige à une certaine cohérence dans les projets.

De surcroit, plus du double de cette superficie est classé Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type II

Pour mémoire, « Natura 2000 » est un réseau européen de sites naturels ou semi-naturels ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelle qu’ils contiennent.

La constitution du réseau Natura 2000 a pour objectif de maintenir la diversité biologique des milieux, tout en tenant compte des exigences économiques, sociales, culturelles et régionales dans une logique de développement durable.

Il est important de noter que le réseau « Natura 2000 » n’est pas la mise sous cloche ou la confiscation de terre au profit de la sauvegarde écologique mais une possibilité de travailler positivement en commun au développement durable des espaces naturels d’importance communautaire. Cette directive est donc compatible avec la réalisation de certains projets sous réserve d’une étude d’impact et, le cas échéant, de la mise en œuvre de mesures compensatoires. (C’est elle qui « plombe » les scénarios de tracés de la RD9)

Ainsi, par exemple, sur la Cuesta de Vitrolles, comme pour l’ensemble du massif de l’Arbois, l’activité pastorale ou agricole n’est pas interdite mais encouragée tout en étant encadré et réglementé par le dispositif « Natura 2000 » et chapeauté par le Syndicat Intercommunal du Massif de l’Arbois (SIMA). Il est important de faire remarquer que, dans ce cadre là, la ville de Vitrolles possède son troupeau grâce à notre « Loïc le chevrier » national.

Site d’importance majeure pour la conservation de l’Aigle de Bonelli (1 couple), par son importante densité de Grand-duc d’Europe, par la nidification probable d’un coupe de faucon pèlerin, site d’importance internationale (réservoir du Réaltor) pour l’hivernage des oiseaux d’eau, et plus particulièrement pour la Fuligule morillon, le plateau de l’Arbois était un lieu incontournable pour le plan européen « Natura 2000 »

Mais le casse-tête de la protection du plateau de l’Arbois doit prendre en compte le fait qu’elle met en œuvre différents types de protection.

Au niveau européen, on retrouve la directive « habitat » (22 mai 1992) plus connu, comme on vient de la voir, sous le nom de « Natura 2000 » et dont on a déjà parlé.

Au niveau national, nous avons :
La loi Littoral (Vitrolles et Rognac sont uniquement concernés) Elle réglemente l’urbanisation de ces deux villes tout en protégeant certains espaces remarquables,
Le classement aux Monuments historiques (Roquefavour, Saint Pons, le château de Montvallon) et enfin
le PIG de l’Arbois qui comporte deux aspects : protection des sites et paysages et projet de territoire. Le périmètre du PIG est désormais inscrit dans la Directive Territoriale d’Aménagements des Bouches du Rhône.

Au niveau départemental, nous avons :
Les espaces naturels sensibles initiés par le Conseil Général

Enfin, au niveau local, on retrouve plusieurs arrêtés ou programme de protection comme les espaces boisés classés et les Zones Naturelles, des documents d’urbanismes locaux, toutes ces mesures qui ont permis de préserver l’intégrité de l’espace naturel boisés.

Un classement définitif ?

Les autorités envisagent le classement définitif de cet ensemble pour protéger et geler cet ensemble majeur.

Toutefois, elles n’envisagent pas un classement global du plateau, principalement cause de la nature des paysages de certaines sites et des enjeux économiques concernant ce territoire comme par exemple la gare TGV ou l’Europole.

Il s’agit pour elles de trouver le juste milieu pour préserver sans entraver. Et ce n’est pas chose facile quand on constate le développement des opposants de tout style que ce soit pour la RD9, pour la ligne LGV ou plus simplement pour les trajectoires aériennes.

Il est important de noter qu’aucun site classé en France n’est situé dans un tel contexte urbain (cœur de métropole, gare TGV, etc …). C’est pour cela que l’Agence d’Urbanisme du Pays d’Aix préconise un classement se limitant aux sites dont l’intérêt paysager et environnemental est reconnu de tous, soit environ 5000 hectares (A titre de comparaison, le site de la Sainte Victoire couvre 6000 hectares) et rechercherait d’autres types de protection à définir en fonction d’objectifs clairement énoncés.

La problématique spécifique de la RD9

L’inscription du plateau de l’Arbois dans les dynamiques urbaines métropolitaine a fortement évolué ces dernières années. L’Etat n’est pas en reste avec, de son côté la construction d’un axe majeur de sa politique de transport, en l’occurrence la LGV et son annexe, la gare TGV.

La construction de la gare TGV a entrainé pour la RD9 un regain d’activités et lui a permis de redevenir l’un des axes principaux de notre département avec toutes les conséquences que cela entraine.

Cette trop fameuse RD9, (38000 véhicules jour en 2006) seul axe ouest/est entre Aix et l’Etang de Berre, de surcroit seul interconnexion avec la gare TGV, est un atout majeur pour le développement du plateau mais aussi une énorme contrainte.

Mais cette amélioration des dessertes des zones de l’Arbois ne peut se faire qu’avec la mise totale à 2 fois 2 voies de la RD9 ainsi qu’une amélioration (voire la recréation dans certains cas) de transports rapides régionaux. La fonction d’aérodrome d’affaire des Milles devrait être affirmée.

La partie centrale du plateau s’inscrit donc dans une dynamique périurbaine. C’est cette zone qui est devenu au fil des années la zone d’accueil d’équipements et d’infrastructures indispensables et impossibles à réaliser ailleurs.

On peut aussi remarquer que certains de ces équipements n’ont pas qu’un impact négatif sur l’environnement comme le bassin du Réaltor et le canal de Marseille qui ont favorisé tout deux l’expansion de la faune et de la flore locale.
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Le cas de la Cadière
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La Cadière, cette rivière emblématique, qui traverse quelques zones dans les plus industrialisées de France, polluée au PCB il y a peu (en temps géologique !) se doit d’être protégée au maximum, avec tous les moyens possibles et imaginables. Même si le diagnostic de cette pollution est contesté, la conclusion est là : la Cadière est fragile et demande toute notre attention.
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Le réseau hydrologique de Vitrolles est très nettement dominé par le Lac de la Tuillière et la rivière de la Cadière.
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La longueur de son cours d’eau est de 11900 mètre. Elle prend sa source, à l’altitude 99 mètres, sur la commune de Vitrolles, à l’ouest des plaines d’Arbois, plateau culminant à 232 mètres. Elle s’appelle alors l’Infernet.
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Elle rejoint ensuite l’Etang de Berre, sur le territoire de la commune de Marignane, (donc altitude 0,4 m) et plus précisément dans l’Etang de Bolmont, entre le stand de tir et la jetée de ski nautique, juste à côté de la zone industrielle de la Palun. La Cadière passe au bout des pistes de l’aéroport de Marseille Provence près du quartier Saint-Victoret, et de la zone industrielle des Estroublancs.
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En 2009, le Sibojaï qui gère l’étang du Bolmont faisait état d’ « améliorations récentes des conditions physico-chimiques et écologiques de l’étang du Bolmont, en partie liées à la mise aux normes des stations d’épuration de Vitrolles et des Pennes-Mirabeau »
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Le lac de la Tuillière
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Ce lac artificiel, d’une superficie de trois hectares, alimenté par la Cadière, est le point emblématique des quartiers sud. Sa destination première est d’être le bassin de rétention de la zone et a été aménagé en premier il y a presque trente ans. Ensuite ont suivis les réseaux divers et variés dont à besoin un quartier neuf (égouts, câblages électriques, etc …), puis les infrastructures publiques (école, poste) et enfin les habitations donnant naissance au quartier de la Tuillière.
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Avant, ce n’était que champ à perte de vue et personne n’aurait imaginé, ne serait-ce qu’il y a quarante ans, une telle urbanisation à cet endroit là. Pourtant, malgré le caractère nouveau de ces habitations, l’élaboration du projet ne s’est pas faite de manière anarchique comme en certains autres endroits de notre ville : la création du quartier de la Frescoule a été pensé, étudié et mis en application de manière méthodique.
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Le dernier remaniement des abords du lac date de 2009. A cette occasion, Toute une série d’espaces de circulation autour du lac, des bancs et des tables, un espace ludique fermé pour les enfants ont été construit, sans oublier les 80 arbres qui ont été planté. Enfin, pour éviter le drame de l’été 2008, des barrières de protection ont été érigé autour du plan d’eau.
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L’AAPPMA entretient le Lac de la Tuilière en effectuant un nettoyage journalier et s’occupe de le peupler en poissons.
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Le lac de la Tuillière et son parc, la Cadière et sa promenade, la « trouée verte » sont des exemples réussis de l’intégration d’espace vert ou bleue dans un urbanisme effrenée avec la mise en avant des espaces verts et des grandes envolées architecturales avec l’idée de trouée verte rectiligne entre le lac de la Tuillière et le Parc du Griffon concrétisée par « le Mail » et prolongé vers Montvallon,
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La station d’épuration
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Pour être tout à fait complet et terminer ce bref tout d’horizon des problèmes, potentiels, défis environnementaux auxquels Vitrolles est confronté, je suis dans l’obligation d’évoquer la nouvelle station d’épuration dont notre ville s’est doté il y a désormais deux ans de cela.

Cette station reçoit et traite les eaux usées des communes de Vitrolles et des Pennes-Mirabeau. Elle possède une capacité de traitement de 120000 équivalent habitants. De type biologique, elle est le fleuron des stations du pourtour de l’Etang de Berre.

Quant aux boues issues du traitement, une fois stabilisées et déshydratées, elles sont envoyées sur un centre spécialisé situé à Ensuès-La Redonne où, mélangées à des déchets verts, elles sont transformées en compost utilisable par l’agriculture.

Sur ce dossier, je me contenterais de regretter que les contraintes financières aient favorisé la solution du traitement des boues en externe, génératrice de risque et de pollution secondaire par le seul fait du transport, Mais ceci est une autre histoire

Conclusion : un environnement de qualité à préserver
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La préservation de la richesse du milieu naturel, la prévention des catastrophes environnementales, la lutte contre les dérèglements climatiques doit être une de nos priorités, voire même la priorité.

Personne ne peut ignorer cette dimension quasiment philosophique et tout le monde, à son niveau, doit agir pour notre environnement. Il s’agit en fait d’un défi planétaire mais avec des actions locales

La France compte plus de 36 000 communes qui couvrent l’ensemble du territoire national. Relever les défis écologiques passe nécessairement par elles.

Les municipalités sont donc en premières lignes pour agir, agir sur les bâtiments et espaces qu’elles gèrent, agir sur l’aménagement de leur commune, agir enfin sur les modes de vies. Un pouvoir d’action qu’il ne faut pas négliger et au contraire encourager pour le bien de notre planète.
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