Mardi 9 octobre 1934 : Assassinat du roi Alexandre 1er

 

Le voyage royal

VIII

Zelenika

 
IX

La reine Marie débarque

 
X

Le « Dubrovnik »

 
XI

Accueil naval du roi

 
XII

Marseille à l’aube du 9 octobre 1934

 


Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages de certains acteurs lors d’émissions diverses, des récits des témoins, des compte-rendu des journaux de l’époque, que ce soit les quotidiens nationaux comme « Le Petit-Parisien », « Paris-Soir » ou « l’Intransigeant », pour ne citer que les principaux, ou la presse locale, le « Petit Marseillais » et le « Petit Provençal » en tête.

La plus grande partie de l’iconographie est issue de photos publiées par deux quotidiens connus pour leurs photos : « Paris-Soir » et « l’Intransigeant ». La mauvaise qualité de cette iconographie est due à l'utilisation du bélinographe, appareil de transmission des photos à distance par le biais du système téléphonique, appareil révolutionnaire pour l’époque et ancêtre du télécopieur.

 

VIII / Zelenika :


Alexandre 1er

6 octobre 1934
Le roi Alexandre 1er sur le "Dubrovnik"



Le couple royal embarque dans le petit port de Zelenika le samedi 6 octobre 1934 à bord  du contre torpilleur « Dubrovnik », l’unité emblématique de la marine royale yougoslave. C’est sur cet unité que le roi Alexandre fit en octobre 1933 sa fameuse croisière à Constantza, Varna, Istanbul et Corfou à la base de la réconciliation bulgaro-yougoslave et de la réalisation de l’entente balkanique.

La reine Marie accompagne le roi malgré ses problèmes. Elle souffre en effet d'une lithiase biliaire (formation de calculs dans les voies biliaires). Elle craint que le mal de mer déclenche une nouvelle crise.

Avant d'embarquer, ils se sont rendus ensemble dans un couvent voisin pour prier, un peu pour conjurer la peur maladive qui étreint la reine lorsque le roi se déplace à l'étranger, et tenter de conjurer le mauvais sort.

Après quelques instants de prière, ils ont regagné le quai. Au moment de l'appareillage, le Chargé d'Affaire français en Yougoslavie, Mr Knobel monte à bord pour souhaiter une bonne mer au roi. Il ne peut s'empêcher de dire au roi :

"Vous allez trouver en France quarante millions d'amis !
- Et peut-être aussi quelques-uns de mes ennemis les plus acharnés !"
réplique le roi.

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IX / La reine Marie débarque :


Marie de Yougoslavie


En ce jour d'octobre, la mer est formée. Il ne faut que quelques minutes pour se rendre compte que la mer houleuse indispose la reine. Le « Dubrovnik » met  alors le cap sur la ville dont il porte le nom pour débarquer la reine et ses deux enfants qui vont finalement gagner le France par la voie ferrée.

Tandis que son royal mari reprend la mer, la reine visite l’après-midi, accompagnée du prince Paul et de la princesse Olga, les monastères et les différents monuments historiques de la vielle cité. A 18 heures, la reine, le prince et la princesse ont quitté la ville dans un train spécial en direction de Belgrade via Sarajevo où un wagon spécial va être rajouté au « Arlberg Orient-Express », variante de la célèbre ligne passant par l’Autriche et la Suisse. Il est prévu qu’à Bale, le wagon royal soit décroché de ce train pour être dirigé sur la gare française de Laroche-Migennes, près d’Auxerre, sur la ligne PLM Marseille/Paris. Il sera rattaché au train royal lors de son passage dans cette gare, permettant au couple yougoslave d’arriver ensemble à Paris.

Lorsque le "Dubrovnik" franchit les "Bouches de Bonifacio", il trouve l'escadre française qui l'attend pour l'escorter jusqu'au port phocéen. L'arrivée est prévue le 9 octobre vers seize heures.

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X / Le « Dubrovnik »


Le "Dubrovnik"

Le "Dubrovnik"


Le « Dubrovnik » est un navire de guerre, leader de flottille, construit pour la marine royale yougoslave par le chantier naval Yarrow Shipbuilders à Glasgow entre 1930 et 1931. C’est l’un des plus grands destroyers de son époque.

Ressemblant à la conception britannique contemporaine des destroyers, le « Dubrovnik » était un navire rapide avec un armement principal de quatre canons de 140 mm tchécoslovaque construit par Škoda. Destiné à être le premier des trois leaders de flottille construits pour la Yougoslavie, il fut le seul à être livré.

Durant son service au sein de la marine royale yougoslave, le « Dubrovnik » a entrepris plusieurs croisières en temps de paix avec le roi de Yougoslavie à son bord. Ce fut à bord de ce navire que le roi Alexandre 1er se rendit en septembre1934 en mer noire et surtout en Bulgarie pour renouer des relations distendues avec cet état.

C’est à bord de ce navire que le roi  se rend donc en visite officielle en France.

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XI / Accueil naval du roi :


Colbert 1934

Le croiseur lourd "Colbert "



Alors que le « Dubrovnik » vient de franchir les « Bouches de Bonifacio », il retrouve une division de torpilleurs français appartenant à la Première escadre basée à Toulon, qui va l’escorter jusqu’à Marseille. Il s’agit des torpilleurs « Forbin », « Mistral » et « Fronde ».

A proximité de la rade de Marseille, les croiseurs lourds « Colbert » et « Duquesne » ainsi que pas moins de dix sous-marins attendent la flotte royale qu’ils rejoignent peu avant son arrivée pour l’escorter à leur tour.

D’autre part, les contre-torpilleurs « Gerfaut », battant pour la circonstance le pavillon du vice-amiral Dubois, commandant en chef de la première escadre, « Vautour » et  « Chevalier Paul » ont quitté Toulon pour se rendre eux-aussi au-devant de la flotte qu’ils rejoignent vers huit heures du matin à 70 milles nautiques de la cité phocéenne.

Quand l’imposante flotte approche de Marseille, elle est survolée par des avions militaires en provenance de l’aérodrome militaire de Berre et de l’aéroport de Marignane



A savoir :

Les dix sous-marins :
« Phénix », « Actéon », « Prothée », « Pégase », «Requin », « Turquoise », « Argonaute », « Doris ». « Calypso », et « Vestale .

Deux autres sous-marins attendent le roi directement dans le bassin du Lacydon : le « Nautilus » et le « Rubis ».




A savoir :

Les hydravions sont en provenance de Marignane, les avions viennent de celui de Berre


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XII / Marseille à l’aube du 9 octobre :


Tandis que cette imposante parade navale se déroule dans le golfe du Lion, le ministre des affaires étrangères Louis Barthou et le ministre de la Marine François Pietri arrivent à Marseille par le train spécial de nuit Paris / Marseille. Ils sont  accueillis sur le quai de la gare par le Préfet des Bouches-du-Rhône, M. Jouanneau, et par le vice-amiral Berthelot, commandant de la troisième région maritime, accompagné de son officier d’ordonnance, le lieutenant de vaisseau Arden.

Plusieurs hautes personnalités et délégation ont aussi pris le même train comme M.Berthoin, directeur de la Sureté nationale et le contrôleur général Sisteron, spécialiste comme nous l’avons vu des voyages présidentiels ou royaux.

La délégation militaire : Le général George, membre du Conseil supérieur de guerre, l’amiral Joubert, le lieutenant-colonel Bellefond de la maison militaire du président de la République, l’attaché militaire à Belgrade, le lieutenant-colonel Bethouard, attaché militaire à la légation de France à Belgrade, le contre-amiral Odendal, directeur de cabinet du ministre de la marine.

La délégation diplomatique ; M. Loze, sous-chef du protocole, M.Naggiar, ambassadeur de France à Belgrade, M. Seguin, attaché au ministre des affaires étrangères yougoslaves,

Dans le même train a voyagé la délégation yougoslave déjà présente en France, menée par son excellence Dimitrievitch, maréchal de la cour, M. Spalaïkovitch, Consul général de Yougoslavie à Paris, M. Milos Bouloritch, secrétaire du ministre, M. Marcobitch, chef de cabinet au ministère des affaires étrangères yougoslaves, Mlle Gronitch, dame d’honneur de la reine, le capitaine Vupasni, Vokolitch, officier d’ordonnance du roi.



Le Vieux-Port


Le Vieux-Port le 9 octobre 1934

(c) INA


Sur le quai des Belges, tout est prêt pour accueillir l’illustre invité. Le débarcadère, recouvert de tapis, décoré de plantes vertes au feuillage léger, est installé, encadré par deux sous-marins le  « Nautilus » et le « Rubis ». Sur toute la largeur du quai, les canots à moteur, les yachts et même le ponton de la Société nautique ont été évacués. Le vaste plan d’eau ainsi obtenu est d’aspect digne de l’hôte attendu.

En attendant, une foule impressionnante se pressait pour voir le souverain. Fenêtres, balcons, trottoirs étaient combles. La Canebière et la Rue St Ferréol, trajet que devait emprunter le cortège officiel, étaient noires de monde. Marseille se savait au centre d'un événement politique majeur et tout le monde voulait y participer.

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Mardi 9 octobre 1934
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