Vendredi 28 octobre 1938 : Incendies des Nouvelles-Galeries

 

Le sinistre difficilement maîtrisé

XVII

L'arrivée des Marins-pompiers toulonnais

 
XVIII

La réunion de commandement de 17 h 30'

 
XIX

La soirée du 28 octobre 1938

 
XX

Les feux enfin maîtrisés

 
XXI

L'intervention des Sapeurs-pompiers lyonnais

 
XXII

Les sinistres enfin éteints

 
XXIII

Conclusion provisoire

 

 

Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages des divers protagonistes survivants, des récits des témoins, des rapports officiels des Sapeurs-Pompiers de Marseille (et d'ailleurs) et des conclusions des experts (de l'époque ou des Marins-Pompiers quelques décennies plus tard). Ces différents témoignages en version "brute" sont disponibles, sur simple demande, aux Archives Municipales de la Ville de Marseille (cartons 32 H 13 à 32 H 20) et plus particulièrement le carton 32 H 16 contenant le compte rendu des audiences du premier procès devant le tribunal correctionnel.

XVII / L'ARRIVÉE DES MARINS-POMPIERS TOULONNAIS :


Marins-Pompiers de Toulon


Le détachement des Marins-Pompiers toulonnais étant intervenus à Marseille.
(c)/varmarine.wifeo.com



Partis à 15 h 20' de Toulon, les marins-pompiers débouchent peu avant 17 h 00' dans le centre ville. Ce sont les éléments les plus rapides du détachement qui sont les premiers sur les lieux, en l'occurrence le side-car, l'autopompe, la voiture avec l'électro-ventilateur et le camion du personnel. Les autres engins, beaucoup plus lents, n'arriveront qu'une demi heure plus tard. Dans son rapport, l'officier ingénieur Serves prendra l'heure d'arrivée de ces derniers éléments, soit 17 h 20', comme heure officielle de l'intervention du détachement toulonnais alors que ceux-ci sont à pied d’œuvre dès 17 h 00’.

Les premiers éléments sont accueillis sur le boulevard Garibaldi par le contre-amiral Muselier, officier commandant la Marine à Marseille. Ils sont surpris par la foule énorme se trouvant sur les lieux et ils mettent plusieurs minutes à se frayer un chemin et gagner l'endroit du sinistre. Les fusiliers-marins, présents sur le boulevard, leurs sont d’une grande utilité en contenant la foule. Ils découvrent alors combien la situation est désespérée sur la Canebière. De surcroît, la fumée est épaisse, âcre, largement répandue par un Mistral qui ne faiblit pas, rendant la scène fantomatique L'agitation est grande tandis que la noria des ambulances se fraie difficilement un passage à travers les badauds. Les blessés et les morts se comptent par dizaine et on les évacue vers des hôpitaux complètement débordés. La plupart des immeubles sont gardés par les forces de l'ordre car des pillages ont déjà eu lieu.


Mais la principale crainte qui habite le capitaine Godard, est malheureusement confirmée par le contre-amiral Muselier. Les raccordements aux bouches à incendie de la ville ne sont pas compatibles avec le matériel utilisé par les militaires de Toulon. Les marins-pompiers n'ont qu'une solution : mettre leur autopompe en aspiration à la mer et installer une motopompe en relais à hauteur du cours Saint-Louis. Il est nécessaire de remonter l'eau du Vieux-Port comme le font déjà les pompiers marseillais. Mais, avec cette solution, les risques de perte de pression sur toute la longueur du trajet sont énormes sans compter les risques de rupture.

Sans attendre les ordres d'un commandement qu'il ne voit pas, le capitaine Godard fait installer une lance en aspiration à la mer. Pendant que ses hommes effectuent cette opération, il décide de procéder à une reconnaissance du sinistre. A ce moment là, comme nous l'avons déjà vu, les sapeurs-pompiers marseillais sont en train de noyer le feu avec plusieurs grosses lances au niveau du rez-de-chaussée du magasin, comblé par les ruines des étages. De l'autre coté de la rue, les étages supérieurs des hôtels sont en feu. Sur la toiture, plusieurs pompiers combattent le sinistre pied à pied malgré les risques d'effondrement de la toiture sous le poids de l'eau déversée. Il ne fait plus aucun doute à personne que le principal problème est désormais situé sur cet îlot.

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XVIII / LA RÉUNION DE COMMANDEMENT DE 17 H 30' :


Daladier et Sarraut


M Daladier et M Sarraut


Aux environs de 17 h 30', les autorités décident enfin de tenir une réunion de commandement. Cela fait près de trois heures que l'incendie a débuté !

Elle se déroule sur le trottoir du boulevard Garibaldi, autour du Préfet des Bouches-du-Rhône, Graux, en présence d’un observateur attentif, Albert Sarraut, le Ministre de l’Intérieur. Pour tous les acteurs, il est évident désormais qu'il y a trop de détachements hétéroclites, de toute provenance de surcroît, engagés en même temps sur le terrain. Il s'agit donc de mettre un peu d'ordre dans tout cela et d'arrêter en commun des mesures de défense. Pour les marseillais, le capitaine Quenin et le lieutenant Rieu y participent. L'officier ingénieur Serves, quant à lui, juge inutile d'y rester jusqu'au bout.


Durant cette réunion, le commandant Quenin ne change rien au dispositif de secours. Il maintient en place les éléments d'Aix-en-Provence, Aubagne, Berre et Toulon et cantonne les marseillais dans les secteurs où ne subsistent plus aucun danger immédiat c'est à dire à l'extinction définitive du foyer des "Nouvelles-Galeries" qui n’est plus qu’une question de minutes. Le vieux commandant ne parait pas du tout satisfait du travail des sapeurs-pompiers marseillais et il le leur fait vertement savoir quand plusieurs d'entre eux viennent le voir pour lui présenter leurs civilités. Profitant de cette réunion, le préfet Graux et l'amiral Muselier présentent enfin le capitaine Godard au commandant Quenin.

C'est aussi durant cette réunion qu'arriva l'Inspecteur du Service Départemental des Incendies, Mr Amerigo. Un peu plus tôt dans l'après-midi, le commandant Fredennucci a envoyé une estafette le quérir. Malheureusement l'inspecteur se trouvait, ce jour là, à la campagne. Le lieutenant Sentenac ne put le toucher qu'à son retour. Lorsque Mr Amerigo arriva enfin en ville, il confirma immédiatement l'officier ingénieur Serves à la tête du détachement marseillais avant d'effectuer un rapide tour d'horizon. Cette inspection le conforta dans l'approbation générale des décisions que le commandant Quenin avait pris.

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XIX / LA SOIRÉE DU 28 OCTOBRE 1938 :


A la suite de cette réunion, le plus gros du travail est désormais effectué par les détachements extra-muros et principalement par les marins-pompiers de Toulon.

Les lances, installées le long de la Canebière par les toulonnais, leur permettent d'avoir la puissance suffisante pour utiliser leur grande échelle. Ils ne vont pas s'en priver. Durant cinq heures trente, ils vont opérer avec une lance orientable, montée au sommet de leur grande échelle. Grâce à ce dispositif, ils vont méthodiquement noyer l'un après l'autre les foyers s'étant déclarés au cœur de l'îlot "Noailles".



Nouvelles Galeries

Tandis que les secours combattent le feu, les marseillais apportent leurs soutiens aux hommes engagés sur les sinistres.

Ici, un cafetier apporte des rafraichissements aux hommes de troupe en charge de la sécurité.



Ils vont, malgré tout, rencontrer de nombreux problèmes dans le déploiement puis l'utilisation de ce matériel, problèmes qui expliquent le temps relativement long pour venir à bout définitivement du feu. Le premier obstacle, le principal aussi, est le Mistral. Sa puissance oblige les marins-pompiers à arrimer leur matériel plus que nécessaire. Ensuite, il y a les nombreux kiosques qui occupent l'espace sur les trottoirs, sans oublier le réseau dense des tenders électriques qu'utilisent les tramways. Ces deux types d'obstacles obligent les marins-pompiers à effectuer mille prouesses pour travailler efficacement. Vers dix huit heures, la nuit étant tombée, les toulonnais sont obligés d'installer le projecteur de 1000 watts armant le camion équipé de l'électro-ventilateur. Ils placent cet engin sur la partie haute de la Canebière pour éclairer les opérations. Cet opération rend angoissant le spectacle du sinistre. Par contre, pour les photographes, c'est une véritable aubaine.

Mais, malgré ces inconvénients somme toute mineurs, l'intervention des marins-pompiers est d'une efficacité redoutable. Les incendies ravageant les hôtels, attaqués à la fois par l'intérieur et l'extérieur, sont circonscrits les uns après les autres. Mais il faut que les sapeurs-pompiers marseillais garde la maîtrise des secours. Ainsi, chaque équipe de marins pompiers est guidée par un sapeur pompier local durant son intervention. L’un d’entre eux, sur les lieux depuis de longues heures, équipé de bric et de broc, exténué par les efforts consentis, chute lourdement dès sa première ascension vers les toits en flammes. Il devra être évacué vers l'hôpital le plus proche. Cet accident sera longuement exploité par les adversaires de la municipalité, prenant cette chute comme exemple, à la mauvaise préparation des pompiers locaux.


Alors qu'ils sont en pleine intervention, les toulonnais reçoivent la visite des personnalités, Edouard Herriot et Edouard Daladier en tête. Bien entendu, ils traînent dans leur sillage une meute de journalistes, avides de sensation. Les deux leaders politiques chantent les louanges de ces militaires si disciplinés et admirent la virtuosités des servants de la lance, juchés sur l'échelle aérienne, à plusieurs mètres du sol.  Enfin, ils questionnent le capitaine Godard, un véritable interrogatoire pour un homme qui a d'autres préoccupations que de répondre à une curiosité à l'arrière goût politique. Ils l'interrogent sur tous les types d'incendie et principalement les incendies urbains et les incendies de forêts. Henry Queuille, le ministre de l'agriculture est très intéressé par le bref exposé du capitaine Godard et le montre d’une manière ostentatoire.


Henri Tasso

Henry Tasso
Maire de Marseille (1935-1939)


Il ne faut pas être très observateur pour ne pas s'apercevoir de la connivence qui apparaît entre les militaires et les politiques, connivence qui n'existait pas lorsque les sapeurs-pompiers ont été interrogés par ces mêmes politiques quelques instants auparavant. Les militaires ont marqué un point dans une lutte dont ils ne soupçonnent pas l’existence. C’est probablement à ce moment là que Albert Sarraut et Edouard Daladier ont pris la décision de remplacer les sapeurs-pompiers marseillais par des militaires.

Toutefois, les leaders radicaux ne sont pas les seuls à occuper le pavé de la Canebière. On y trouve aussi le maire de la ville, Henry Tasso, son adjoint délégué aux pompiers, Toussaint Ambrosini, l’un des sénateurs des Bouches-du-Rhône, Vincent Delpuech, vieux militant radical socialiste, qui est aussi le propriétaire du puissant « Petit Provençal ». Son pire ennemi, Jean Gaillard-Bourrageas, patron du très populiste « Petit Marseillais », était bien entendu aussi à ses côtés.

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XX / LES FEUX ENFIN MAÎTRISES :


Hotel Noailles

L'Hotel Noailles, le feu maitrisé


Il est désormais près de vingt et une heures. La nuit est définitivement tombée sur une cité traumatisée. La fumée, lourde et âcre, recouvre toute la ville. Les projecteurs donnent une ambiance de fin du monde au centre-ville. Les pompiers, exténués, combattent un incendie que peu à peu ils arrivent à maîtriser.

D’abord l’hôtel "Astoria", puis les hôtels de la Canebière, voient les incendies qui les dévoraient, tout d’abord contenus, puis maîtrisés et enfin éteints grâce à l’action conjuguée des marins-pompiers à l’extérieur des bâtiments, des sapeurs-pompiers à l’intérieur. Dans les couloirs et les chambres dévastées, les secours sécurisent peu à peu les lieux.

C'est le moment que choisit Mr Amerigo, l'inspecteur départemental, pour revenir sur les lieux du drame. Il écoute un bref compte-rendu effectué par le Lieutenant Rieu avant de faire une nouvelle inspection. Durant cette tournée, il fait stopper et démonter plusieurs établissements qui lui paraissent désormais inutile voire dangereux et qui pouvaient même causer des dégâts.


Mais, sur le macadam, la polémique fait déjà rage entre les toulonnais et les marseillais, entre les militaires et les civils. Les premiers s’étonnent haut et fort d’avoir trouvé au début de leur intervention des pompiers sur les toits des immeubles en flammes, toits qui menaçaient de s’effondrer sous l’action conjointe de l’eau et du feu. Les deuxièmes reprochent aux marins-pompiers une utilisation irrationnelle du matériel et surtout l’emploi de la grande lance sans aucune coordination avec les secours locaux, emploi qui faillit être funeste aux personnels engagés sur les toits.

Toutefois, malgré cette polémique, le commandant Quenin en cette fin de soirée peut être satisfait. L’incendie qui menaçait le centre-ville est enfin maîtrisé. Vers onze heure du soir, voyant que les feux sont presque tous éteints, il décide enfin de regagner son domicile, laissant à l'officier ingénieur Serves, la bonne marche des secours.

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XXI / L’INTERVENTION DES POMPIERS LYONNAIS :


Pompiers Lyon

Un des engins lyonnais étant intervenu à Marseille
(c) SEMLH Rhone



Alors que tout semble enfin sous contrôle sur la Canebière, un dernier rebondissement va finalement clôturer cette journée dramatique. Cet événement est politique car la politique a pris pleinement possession du drame. Les sapeurs-pompiers lyonnais, appelés par leur maire, le tout puissant Edouard Herriot, débarquent sur la Canebière.

Le détachement des pompiers lyonnais a embarqué à bord d’un train spécial en gare de la Guillotière peu après 17 h 15’. Le P.L.M. a mis à leur disposition deux wagons plates-formes et un wagon de passagers. Le détachement est sous les ordre du chef de Corps, le commandant Rossignol. Il comprend deux véhicules, une auto-pompe Rochet-Shneider et une échelle aérienne sur porteur Delahaye. Question effectif, le détachement, outre le commandant, secondé par le sergent-major Chichignoud, est composé de dix huit sapeurs.

Toutefois, le détachement n’est pas vraiment convaincu du bien fondé de sa mission. Ces hommes, habitués aux catastrophes et aux incendies, savent que lorsqu’ils arriveront sur la Canebière, tout sera fini. Tout au plus, dans le meilleur des cas,  devront-ils éteindre quelques foyers résiduels. Il est beaucoup plus probable qu’ils seront confinés à la surveillance des zones dévastées pour éviter une éventuelle reprise des incendies.


Tous ont conscience que leur équipée est plus politique que nécessaire. Ils vont à Marseille pour prouver la supériorité de la municipalité radicale sur une municipalité socialiste. Ils vont à Marseille parce que leur maire tout puissant l’a décidé. Mais le devoir s’impose sur les hautes idées qu’ils portent sur les manœuvres politiciennes d' Edouard Herriot.

Il est 18 h 15’ lorsque le train spécial quitte enfin la gare. Tout a été fait pour que l’expédition marseillaise soit un succès. Ainsi, les sapeurs-pompiers lyonnais voyagent en première classe, sandwiches et tenues de rechange se trouvant à leur disposition dans le wagon. Sur le plan technique, l’inspecteur principal du P.L.M., Mr Loriot a prévenu tous les secteurs de Lyon à Marseille pour que rien ne viennent enrayer la bonne marche du train spécial.

Douze minutes après le départ de Lyon, l’officier marseillais de permanence à la caserne du boulevard de Strasbourg est prévenu de l’arrivée du détachement lyonnais pour la fin de soirée. Le premier réflexe des sapeurs marseillais est de prendre cet avis pour une galéjade, personne n’étant au courant de l’esclandre d' Edouard Herriot.



Edouard Herriot

Edouard Herriot, Maire de Lyon
Ancien Président du Conseil



Lorsqu’à 19 h 20’, l’officier de permanence est prévenu par le commissaire principal Cals de l’arrivée imminente de ces renforts, il faut se rendre à l’évidence. Lyon veut damer le pion à Marseille. Il prend alors toutes les dispositions nécessaires à l’accueil de ces invités surprises, pour loger dans la caserne un détachement dont tout le monde se rend compte qu’il sera inutile.

En effet, les nouvelles en provenance du centre-ville sont de plus en plus rassurantes. Il est désormais évident que les secours sur place ont pris la mesure de l’incendie qui est maintenant dans sa phase finale.

Après une courte halte à Avignon pour changer de locomotive, le train spécial entre enfin en gare de Marseille-Prado à 23 h 20’. Au même moment, les premiers renforts quittent les lieux du sinistre pour regagner leur cantonnement. Il s’agit, en l’occurrence, des sapeurs pompiers d’Arles sous les ordres du capitaine Lieggis.

Bien entendu, Edouard Herriot, le président de l'Assemblée Nationale et maire de Lyon, attend ses pompiers sur le quai de la gare. Durant le débarquement du matériel, il se renseigne auprès du commandant Rossignol sur le déroulement du voyage. Toute l'opération est, bien entendu, suivie par la presse lyonnaise qui n'en perd pas une miette.

Lorsque que les lyonnais arrivent enfin sur la Canebière, ils apprennent de la bouche même de l'Officier ingénieur Serves que leur présence est inutile. Les différents sinistres sont tous maîtrisés.


Mais ce voyage n'est pas politiquement inutile. Les lyonnais sont immédiatement entourés par une meute de journaliste. Au milieu d'eux, tel un phare, Edouard Herriot trône, fier de son excellent coup médiatique. Il démontre la toute puissance d'une administration radicale. Cet effet d'image n'a pas de prix. D'ailleurs, les contribuables lyonnais ne vont pas en connaître le prix.

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XXII / LES SINISTRES ENFIN ÉTEINTS :

Nouvelles-Galeries

Les Nouvelles-Galeries au soir du 28 octobre


Lorsque les lyonnais débouchent sur la Canebière, les effectifs engagés sur les différents sinistres sont en train de définitivement éteindre les derniers foyers. Peu à peu, les détachements "extra-muros" quittent les lieux. Signe révélateur de cette journée anarchique, tous ne préviennent pas le commandement marseillais de leur départ.

Vers minuit, la dernière lance encore en action, en l'occurrence une de celles mise en place par les Marins Pompiers, est coupée à son tour. Les incendies sont définitivement éteints. Les militaires restent sur place pour s'assurer que tout risque de reprise de feu est écarté.

Il est plus d'une heure du matin quand le capitaine Godard envisage à son tour de réintégrer son détachement à l'arsenal de Toulon. Il met quelques minutes pour trouver  l'officier ingénieur Serves. Il le trouve attablé dans un restaurant du boulevard Garibaldi, en compagnie des vingt sapeurs-pompiers lyonnais, hôte désormais des Marseillais. Le matériel des sapeurs pompiers lyonnais se trouve alors sous la bonne garde de trois gendarmes.

Après accord de l'officier, les marins-pompiers rentrent enfin à Toulon tandis que les Lyonnais vont se reposer dans le dortoir aménagé au sein de la caserne de Strasbourg. Quant au directeur des 'Nouvelles-Galeries", Raoul Foucher, il se retrouve chez lui à méditer sur cette sinistre catastrophe.


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XXIII / CONCLUSION PROVISOIRE:


Le samedi matin, alors que Marseille se réveille sous le choc, les ruines sont là pour attester que la journée de la veille n'a pas été seulement un cauchemar. A la préfecture de police où ils sont logés depuis la destruction de "l'hôtel de Noailles", Edouard Daladier et Albert Sarraut ne peuvent que dresser un constat accablant de ce qu'ils ont vu la veille.

Désormais, tout est prêt pour que la polémique fasse la une de la presse.

Et elle va la faire !

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Vendredi 28 octobre 1938
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