Vendredi 28 octobre 1938 : Incendies des Nouvelles-Galeries

 

Les Lamaizière,  une dynastie d'architecte

LX

Le concept Lamaizière

 
LXI

Léon Lamaizière, un architecte familial

 
LXII

Le destin national de Léon Lamaizière

 
LXIII

Le père et le fils

 
LXIV

Un fin en queue de poisson

 

 

Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages des divers protagonistes survivants, des récits des témoins, des rapports officiels des Sapeurs-Pompiers de Marseille (et d'ailleurs) et des conclusions des experts (de l'époque ou des Marins-Pompiers quelques décennies plus tard). Ces différents témoignages en version "brute" sont disponibles, sur simple demande, aux Archives Municipales de la Ville de Marseille (cartons 32 H 13 à 32 H 20) et plus particulièrement le carton 32 H 16 contenant le compte rendu des audiences du premier procès devant le tribunal correctionnel.

 

Le magasin marseillais des "Nouvelles Galeries" a été inauguré à l’aube du XXème siècle. Ce magasin, fleuron du commerce marseillais, a été édifié d’après les plans établis par des architectes stéphanois, le cabinet "Lamaizière, Père et Fils", cabinet très réputé sous la IIIème République.

La famille Lamaizière est une véritable dynastie d’architectes qui eut son heure de gloire à la charnière des XIXème et XXème siècles. D’origine stéphanoise, elle a profondément et durablement marqué le paysage urbain local. Son activités débordante a très largement dépassé le cadre étriqué du Forez.

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LX / LE CONCEPT LAMAIZIERE :


La griffe architecturale de ce cabinet réputé est aussi visible dans de très nombreux domaines allant des bâtiments publics aux hôtels particuliers en passants par les bâtiments industriels et les immeubles de rapport.

A cette époque là , les architectes étaient très demandés et les lieux industriels se développaient avec une grande vitesse. Cela correspondait à l’évolution des mœurs et au besoin industriel de l’époque  qui voulait que les espaces d’habitations et les espaces professionnels soient enfin scindés, chacun avec son propre style architectural. De plus , la révolution industrielle de la fin du XIXème siècle avait accéléré les choses.

C’est dans ce contexte que le génie de Léon Lamaizière trouve son plein emploi. Le principal atout des Lamaizière se résume en un concept : Ils étaient des architectes de famille. Pour une famille cliente, ils construisaient aussi bien l’usine, lieu de travail, que la maison, l’hôtel secondaire sans oublier le tombeau familial. Un système "tout compris" qui séduisit rapidement la grande bourgeoisie industrielle stéphanoise.

Le langage architectural déployé est plutôt situé sur le registre néoclassique, entre le style Louis XIII et Louis XV. Cet éclectisme architectural n’est pas ni le fruit du hasard ni un amour immodéré des Lamaizière pour ce style mais collait en fait parfaitement à l’image que la bourgeoisie industrielle de la fin du XIXème siècle voulait donner d’elle même. Les Lamaizière savaient s’adapter et ils le faisaient très bien.




Palais Mimard

Palais Mimard - Saint Etienne

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LXI / LEON LAMAIZIERE, UN ARCHITECTE FAMILIAL :


Leon Lamaiziere

Leon Lamaiziere


Le fondateur de cette dynastie est Pierre-Léon Lamaizière, connu sous le prénom de Léon. Issu d’une famille modeste de Saisy, petit village de Saône et Loire, il est le troisième enfants d’un famille de quatre enfants. Il entre en 1874, à l’age de dix neuf ans, comme dessinateur au Bureau d’Architecture de la ville de Saint-Étienne. Cinq ans plus tard, il est nommé Architecte puis, en 1885, alors qu’il vient à peine de fêter ses trente ans, il obtient le poste prestigieux d’Architecte en Chef de la Ville de Saint-Étienne. Il a ainsi gravi avec une rapidité étonnante (onze ans) tout les échelons de la profession.

Parallèlement à son activité administrative, il se lance aussi dans l’architecture privée. Malgré son jeune age, il ouvre en 1880 , alors qu’il est à peine âgé de vingt cinq ans, son propre cabinet d’architecte, rue Marengo, cabinet qui obtient rapidement une grande notoriété.

Dès l’ouverture, les commandes affluent. En effet, comme on l’a déjà vu, le concept architectural de son cabinet qui offre un projet de travail "tout compris" séduit les clients potentiels. Il décroche ainsi, dès son ouverture, des commandes importantes provenant des grands capitaines d’industries qui peuplent Saint-Étienne à la fin du XIXème siècle.

 


L’une des toutes premières commandes qu’il reçut fut celle de la construction d’une usine, celle de "l’Usine Forrest et Cie", fabricant des rubans de mode et autres textiles, sise 14 rue Buisson. Il prit soin de signer la façade, montrant ainsi sa volonté à la fois de marquer l’achèvement d’une des premières constructions de son nouveau cabinet., et d’exhiber son savoir-faire.

Mais, l’une des plus importante commande qu’il reçut, véritable tournant de sa carrière, fut celle, en 1893, d’Etienne Mimard qui lui demanda la construction de la fameuse Manufacture des Armes et Cycles de Saint-Étienne.

Sa vie familiale évolue aussi. Marié en 1878 à Jeanne Bernard, il devient en 1879, le père d’un garçon, Marcel, qui suivra très rapidement les traces de son géniteur, avant de s’allier à lui. En 1882, ce sont des jumeaux qui rejoignent le foyer familial, Léon-Emile et Louise.



Manufrance

Manufrance - Saint Etienne


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LXII / LE DESTIN NATIONAL DE LEON LAMAIZIERE :


Mais ce qui lui amena une notoriété nationale à la carrière de Léon Lamaizière, ce fut le contrat qu’il signa auprès de la famille Démogé-Canlorbe, famille fondatrice du "Grand Bazar" qui deviendront rapidement les "Nouvelles-Galeries".

En signant ce contrat, en devenant ami avec Ariste Canlorbe, ce n’est plus le bassin du Forez qu’il touche mais bel et bien tout le territoire français. En effet, si l’on tient compte, par exemple, de la seule chaîne de magasins portant l’enseigne des "Nouvelles Galeries", les Lamaizière ont construit, entre 1894 et 1930, un tiers de ces magasins et dirigé l’aménagement de la moitié d’entre eux. Ce ne sont pas moins de trente magasins dans autant de villes différentes qui portent leurs marques.

En 1902, Léon Lamaizière quitte la direction du Service d’Architecture de Saint-Étienne, prenant ainsi sa retraite de fonctionnaire. Toutefois, il ne prend pas celle d’architecte privé. Il est toujours un homme entreprenant, membre influent de plusieurs conseils d’administrations (dont entre autre celui des "Nouvelles-Galeries"), gardant la main mise sur son cabinet qu’il a transféré dans des locaux beaucoup plus vastes au 5 place Mi-Carême, aujourd’hui place Jean Plotton.

 


Nouvelles-Galeries

Nouvelles-Galeries - Saint Etienne

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LXIII / LE PERE ET LE FILS :


Trois ans plus tard, en 1905, son fils Marcel vient le rejoindre. Il vient d’obtenir à son tour son diplôme d’architecte (le 17 novembre 1905) après avoir suivi le cursus des Beaux-Arts.

Le père et le fils travaillent alors main dans la main, les deux hommes se complétant parfaitement. En effet, l’un possède un esprit pratique et organisateur, joint à de réels talents de négociateurs, avec une grande fermeté dans la conduite des chantiers, l’autre est un artiste, doué pour le dessin, auteur de façades remarquables, décorateur d’intérieur raffiné.

Le travail ne manque pas pour ce cabinet performant, qui décroche ainsi de très nombreux contrats, aussi bien pour le compte de la Chambre de Commerce de Saint-Etienne que pour la Banque de France.

Un nouveau projet municipal de régénération du centre-ville de Saint-Etienne donne à Léon Lamaizière l’occasion de gravir un nouvel échelon de cette réussite exceptionnelle. En 1907, profitant de la nouvelle réglementation sur la voirie des villes, votée en 1905, il fonde la "Société des Immeubles Modernes" dont il est à la fois l’administrateur principal , l’architecte et le maître d’œuvre de ces nouveaux immeubles de rapports sis du 23 au 29 avenue de la Libération.

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LXIV / UN FIN EN QUEUE DE POISSON :


Malheureusement, le drame touche la famille, drame qui marqua le début du déclin. Marcel, le fils chéri, meurt le 5 novembre 1924 à l’âge de quarante quatre ans. Son père aura du mal à surmonter sa peine et se remettre au travail.

Deux ans plus tard, il cède le cabinet d’architecte à deux de ses plus proches collaborateurs, Pierre Mas et Francisque Martin.

Le ressort est définitivement cassé. Il se retire alors à Annecy où il s’éteint le 23 septembre 1941.

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