{"id":669,"date":"2023-11-24T21:34:18","date_gmt":"2023-11-24T20:34:18","guid":{"rendered":"http:\/\/jeanclaudemathon.fr\/?p=669"},"modified":"2023-11-25T01:14:22","modified_gmt":"2023-11-25T00:14:22","slug":"incendie-des-nouvelles-galeries-introduction","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/jeanclaudemathon.fr\/?p=669","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Incendie des Nouvelles-Galeries\u00a0\u00bb (Introduction)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Pour vous faire une id\u00e9e, l\u2019introduction du \u00ab\u00a0Tome I\u00a0\u00bb des \u00ab\u00a0Chroniques de Marseille\u00a0\u00bb :<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Marseille, vendredi 28 octobre 1938\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jour-l\u00e0, le temps est maussade sur la cit\u00e9 phoc\u00e9enne. Le mistral souffle sur la ville depuis la veille, faisant chuter le thermom\u00e8tre. Depuis vingt-quatre heures, la ville vit au rythme du Parc Chanot o\u00f9 se d\u00e9roule le congr\u00e8s annuel du Parti radical. C\u2019est un congr\u00e8s d&rsquo;importance puisqu\u2019il doit simultan\u00e9ment ent\u00e9riner deux changements majeurs dans la politique ext\u00e9rieure de la France, mais aussi en politique int\u00e9rieure. En effet, ce congr\u00e8s doit approuver les \u00ab Accords de Munich \u00bb et enterrer d\u00e9finitivement le Front populaire. Les journaux locaux sont, pour une fois, au diapason avec la presse parisienne et ne s\u2019int\u00e9ressent qu\u2019\u00e0 ce congr\u00e8s capital.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, malgr\u00e9 les nombreux projecteurs braqu\u00e9s sur la ville, la population continue \u00e0 vivre sa vie, indiff\u00e9rente \u00e0 la pr\u00e9sence de ces politiques, insouciante peut-\u00eatre aux menaces qui p\u00e8sent sur elle. C&rsquo;est ainsi que, sur le Vieux-Port, les poissonni\u00e8res continuent, \u00e0 \u00e9couler le produit de la p\u00eache ramen\u00e9 par leurs maris, que le port, v\u00e9ritable poumon \u00e9conomique de la ville, continue \u00e0 battre des records, et que la v\u00e9n\u00e9rable Chambre de Commerce de Marseille s\u2019enorgueillit de l\u2019explosion du volume des \u00e9changes commerciaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Insouciante, la vie l&rsquo;est. On ne veut assur\u00e9ment pas consid\u00e9rer les nuages mena\u00e7ants en provenance de l&rsquo;Allemagne nazie. Malgr\u00e9 l\u2019implication de nombreux Marseillais dans la guerre d\u2019Espagne, on ne veut pas entendre les nouvelles dramatiques en provenance de Barcelone et Madrid. Malgr\u00e9 les nombreux Italiens pr\u00e9sents dans la ville, on pr\u00e9f\u00e8re ignorer l\u2019Italie fasciste. Les nuages sont nombreux, mais les Marseillais tentent de vivre normalement.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme ces deux femmes de la bourgeoisie locale (dont Mlle Alexis, la fille du puissant directeur de la \u00ab Compagnie des Docks et Entrep\u00f4ts \u00bb) qui, en ce d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi, d\u00e9cident de se rendre aux \u00ab Nouvelles-Galeries \u00bb pour effectuer quelques emplettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est aux alentours de quatorze heures trente lorsque leur v\u00e9hicule arrive \u00e0 hauteur du magasin, fleuron du n\u00e9goce marseillais. Elles \u00e9prouvent la surprise de sentir leur voiture ralentir tandis que leur chauffeur, se tournant vers elles, leur d\u00e9conseille vivement de se rendre dans ce temple de la vente. Il leur montre alors la fum\u00e9e noire qui monte d&rsquo;une fen\u00eatre du premier \u00e9tage du magasin, au coin de la rue de l\u2019Arbre . Tandis que la voiture poursuit sa course vers le haut de la Canebi\u00e8re, les deux femmes ne peuvent s&#8217;emp\u00eacher de se retourner pour observer le d\u00e9roulement de ce qui ressemble encore \u00e0 un modeste feu de rayon. Soudain, les flammes apparaissent derri\u00e8re la fen\u00eatre voisine avant de se propager horizontalement vers la droite, vers l&rsquo;immeuble \u00ab Detaille \u00bb. Elles cheminent en ondulant, au-dessus de la marquise, \u00e0 hauteur du premier \u00e9tage.<\/p>\n\n\n\n<p>Les badauds, pr\u00e9sents sur le trottoir devant les vastes vitrines du magasin, ne se doutent de rien. Ils ne prennent r\u00e9ellement conscience que quelque chose d&rsquo;anormal se d\u00e9roule uniquement au moment o\u00f9 les vitres du magasin en \u00e9clatant, s&rsquo;abattent en une pluie de verre aux alentours. Un mouvement de foule a lieu sur le trottoir. Paradoxalement, aucune sortie massive du b\u00e2timent ne r\u00e9v\u00e8le une quelconque panique \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Trois ou quatre minutes tout au plus, apr\u00e8s la premi\u00e8re apparition ext\u00e9rieure de l\u2019incendie, les deux femmes virent soudain les flammes jaillir de la fa\u00e7ade. Elles \u00e9taient accompagn\u00e9es d&rsquo;une \u00e9paisse fum\u00e9e noire, sur toute la longueur du premier \u00e9tage.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 quatorze heures trente, ce vendredi 28 octobre 1938, le drame des \u00ab Nouvelles-Galeries \u00bb venait de commencer.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet opuscule, nous allons \u00e9tudier cette catastrophe qui co\u00fbta la vie \u00e0 soixante et quinze personnes. Elle fit aussi perdre \u00e0 la ville son autonomie politique, pour passer sous la tutelle administrative de l&rsquo;Etat.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour vous faire une id\u00e9e, l\u2019introduction du \u00ab\u00a0Tome I\u00a0\u00bb des \u00ab\u00a0Chroniques de Marseille\u00a0\u00bb : Marseille, vendredi 28 octobre 1938\u2026 Ce jour-l\u00e0, le temps est maussade sur la cit\u00e9 phoc\u00e9enne. Le mistral souffle sur la ville depuis la veille, faisant chuter le thermom\u00e8tre. 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