Jeudi 28 novembre 1935 : L'enlévement de Claude Malmejac

 

AU SOIR DU VENDREDI ...


XXI

Les autres pistes

 
XXII

L'aspect humain et familial

 



Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages de certains acteurs lors d’émissions diverses, des récits des témoins, des compte-rendu des journaux de l’époque, que ce soit les quotidiens nationaux comme le Petit-Parisien ou l’Intransigeant, pour ne citer que les principaux, ou la presse locale, le Petit Marseillais et le Petit Provençal en tête.

La plus grande partie de l’iconographie est issue des photos publiés par deux quotidiens connus pour leurs photos : Paris-Soir et l’Intransigeant. La mauvaise qualité de cette iconographie est due à l'utilisation du bélinographe, appareil de transmission des photos à distance par le biais du système téléphonique, appareil révolutionnaire pour l’époque et ancêtre du télécopieur.

Ce récit se veut être le plus proche possible des réactions humaines qu’ont eu les témoins et les acteurs du drame en ce jour tragique. Il se veut surtout être un texte à la mémoire des habitants de Marseille qui se sont tant inquiété du sort d'un enfant qu'il ne connaissait pas mais qui, pour eux, était avant tout un enfant de Marseille..

 

XXI / Les autres pistes :


En cette soirée du 29, les enquêteurs sont assez déroutés par la tournure inattendue qu’ont prise les recherches. La découverte du landau au Cours Pierre Puget a anéanti plusieurs témoignages jugés fiables et la piste d’Endoume a fait long feu. Ils doivent avouer qu’ils ne savent pas où se trouve l’enfant et qu’aucune piste crédible n’est en leur possession. Les policiers sont dans le brouillard le plus complet.

Et ce n’est pas le témoignage spontané de cette femme qui se présenta dans l’après-midi à l’Evêché qui relancera réellement à l’enquête. Tout au plus, elle permettra de conforter les soupçons du chef de la Sûreté, M. Couplet, quant au professionnalisme de la ravisseuse. Pour celui-ci, il ne fait plus aucun doute que le rapt fut préparé de longue date et l’adresse donnée au chauffeur de taxi ne le fut pas au hasard. Le témoin expliqua longuement que, alors qu’elle passait sur le Cours Pierre Puget jeudi, en milieu de matinée, elle repéra une vieille femme correspondant en tout point au signalement diffusé par la pesse, femme qui examinait avec minutie les entrées d’immeubles dont les portes étaient ouvertes.

Au cours de cette journée, les policiers vont aussi réentendre les témoins clefs de l’affaire et, surtout, Georgette Perrachon. En effet, les policiers ont des doutes la concernant. Il leur parait hautement improbable qu’elle ait été complètement étrangère à ce rapt. Comment cette jeune fille a t’elle pu se laisser tromper aussi facilement ? La seule explication qui vient à l’esprit est qu’elle est complice de la ravisseuse.

La presse ne sera pas non plus très tendre avec la nurse. Les journaux présenteront aussi des doutes après que la jeune fille ait refusé de rencontrer le docteur Malmejac lui aussi convoqué. Mais ce refus est mal interprété par la presse marseillaise qui ne voit en lui qu’une preuve de culpabilité alors qu’il est très probable que ce geste soit dû aux sentiments d’une jeune fille qui pense avoir failli à la confiance que mettaient en elle ses patrons.

Devant l’inspecteur Martini, Georgette Perrachon se bornera à refaire à l’identique sa déposition initiale, apportant seulement quelques précisions nouvelles sur son emploi du temps dans la période précédant le drame. On apprendra ainsi qu’elle a passé la nuit du 27 au 28 chez sa sœur, Madame Andras, au 12 chemin du Château d’If.

Les policiers profiteront de sa présence à l’Evêché pour la confronter à toutes les vieilles femmes vêtues de noir que les vérifications qu’ils effectuent les amènent à croiser, sans résultat probant cependant.

Le contre interrogatoire du docteur Crémieux, lui aussi convoqué, n’amènera pas non plus d’éléments nouveaux. Il précise simplement qu’il penche pour l’hypothèse d’une malade mentale en manque d’enfant.

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XXII / L’aspect humain et familial :


Ville d'Alger

"Ville d'Alger" survolant Marseille

C'est par cet appareil, affecté à la ligne Alger / Marseille opérée par Air France, que Mme Vacherot, la mère de MMe Malmejac, regagnera Marseille, dès le 29 novembre 1935.

Le 29 novembre 1935, à vingt heures, la station de radiodiffusion « Marseille-Provence », la station la plus écoutée de la région marseillaise, va diffuser un nouveau signalement du petit Claude complété par un avis de recherche de la police.

Cet avis est accompagné d’un appel émouvant de la mère éplorée suppliant les ravisseurs de lui rendre son enfant :

Mais l’aspect humain de l’affaire n’est pas à négliger. Ainsi, depuis qu'est connue la nouvelle de l'enlèvement, le couple Malmejac est entouré chaleureusement, montrant ainsi l'estime dans lequel il se trouve. Dès les premières heures, les collègues du professeur se sont efforcés d'aider l'enquête sous son coté scientifique. L'hypothèse de la folie est celle retenue par les éminents scientifiques. Mais ; là encore, aucune preuve n’est avancée, que des soupçons.

Dès les premières heures du drame, les parents du professeur ont accouru au domicile du jeune couple. De son côté, la famille de madame Malmejac réside à Alger. Elle est prévenue télégraphiquement.

Madame Vacherot gagne le plus rapidement possible la cité phocéenne en prenant le vol régulier Alger / Marseille. Elle arrive à quatorze heures quinze à l’aéroport de Marignane. Une heure plus tard, elle se trouve elle aussi auprès du jeune couple. D’autres membres de la famille sont aussi présents, comme Monsieur Sarlande, le cousin parisien de Madame Malmejac.

Le jeune couple trouve ainsi dans le cocon familial un peu de réconfort dans les terribles épreuves qu’il traverse.

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Jeudi 28 novembre 1935
L'enquête piétine Avant