Alors que le malheureux père est en train d’évaluer la crédibilité de cette étrange lettre, la concierge de l’immeuble, Madame Lombardi, frappe à la porte de l’appartement. Comme tous les matins, elle a vérifié le contenu de la boite aux lettres communes de l’immeuble. Elle y a trouvé une enveloppe adressée aux Malmejac. Se doutant de l’importance de cette lettre, elle s’est empressée de l’amener à son destinataire. Ouvrant fébrilement l’enveloppe blanche dont l’adresse est elle-aussi écrite au crayon noir, le docteur découvre une autre demande de rançon dont le texte est strictement identique à la première.
Pour les enquêteurs, immédiatement mis au courant, l’origine de ces deux missives ne fait aucun doute. A dix sept heures, lorsque la demande de rançon a été glissée dans la boite aux lettres de la rue Saint-Ferréol, la nouvelle de l’enlèvement n’avait pas encore été divulguée. La station de T.S.F. « Marseille-Provence » qui couvre l’actualité locale n’a diffusé cette information que bien plus tard et aucun des quotidiens du soir, qu’ils soient locaux ou nationaux, n’a évoqué l’enlèvement. Personne donc ne connaissait à cette heure là cette information hormis la famille, la police et la ravisseuse. Cette lettre ne peut qu’émaner d’elle.
Une chose étonne toutefois les enquêteurs lorsqu’ils découvrent à leur tour la missive. C’est la valeur relativement minime de la rançon réclamée. En effet, cinquante mille francs n’est pas un montant excessif pour l’époque. Ayant, de toute évidence, à faire à un membre de la pègre, les policiers s’attendaient à une somme beaucoup plus élevée.
De son coté, le professeur est soulagé. Ce n’est point une malade mentale qui a enlevé son fils. Il a bien affaire à un crime crapuleux dont le mobile est l’argent. La possibilité de retrouver vivant l’enfant en est grandement accrue. |