Dans une affaire aussi sensible que celle-ci, le commissaire Couplet ne peut et ne veut négliger aucune piste aucun détail. La pression qui pèse sur ses épaules commence à devenir importante. En quelques heures, l’affaire a pris une ampleur nationale. La presse parisienne, elle aussi, s’est mêlée à l’affaire et n’hésite pas à comparer cet enlèvement à celui du fils Lindbergh, quelques années auparavant aux Etats-Unis. Conséquence immédiate : aux coups de téléphone du Préfet, Laurent Gaussorgues et de son chef de cabinet Emile Froment, se sont désormais rajoutés les appels en provenance du Ministère de l’Intérieur et du ministre lui-même, Joseph Paganon, sans oublier le Secrétaire Général de la Police à la préfecture, André Jacquemart.
Dans ce contexte exacerbé, le chef de la Sûreté à Marseille veut mettre toutes les chances de son coté. Il n’hésite pas à demander de l’aide à M. Crescenzi, le propriétaire d’un chenil de dressage, le « Chenil des Spartiates » situé Traverse de la Seigneurie à Mazargues. L’idée maitresse du policier est de faire sentir aux chiens des effets appartenant à Claude Malmejac puis de voir leurs réactions.
Amenés devant le 5 Cours Pierre Puget, les chiens « Ric » et « Mireille » cherchent toute la matinée du 29 sans grand succès. Cet échec est toutefois relativement compréhensible quand on connaît le volume de passage de cette artère, volume grandement amplifié par la foule de curieux qui veulent observer l’immeuble où la ravisseuse s’est réfugiée. Il est difficile, même pour l’odorat exercé des chiens, de trouver la piste du petit Claude au milieu de milliers d’odeurs différentes.
A intervalle régulier, les enquêteurs font flairer aux chiens un vêtement ayant appartenu à Claude Malmejac et fortement imprégné de son odeur. Mais les chiens ne réagissent pas vraiment à ces stimuli et font comme si le petit Claude n’était jamais passé par là.
Soudain, les observateurs pensent que les chiens viennent de trouver une piste. En effet, passant devant les grilles d’entrée des jardins du Pharo, les chiens y pénètrent et, après moult hésitations, s’arrêtent devant la porte principale de la Faculté de Médecine. Faux espoir. Il faut se rendre à l’évidence. Les chiens avaient en fait senti l’odeur du père de l’enfant, le Docteur Malmejac, qui, rappelons le, enseigne dans ces locaux.
En tout début d’après-midi, les recherches canines se concentrent à proximité du quartier d’Endoume où les enquêteurs pensent que se cache la ravisseuse. Mais ces nouvelles recherches ne vont pas apporter une réelle progression à l’enquête. |