Jeudi 28 novembre 1935 : L'enlévement de Claude Malmejac

 

La découverte du landau


XVII

La découverte du landau

 



Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages de certains acteurs lors d’émissions diverses, des récits des témoins, des compte-rendu des journaux de l’époque, que ce soit les quotidiens nationaux comme le Petit-Parisien ou l’Intransigeant, pour ne citer que les principaux, ou la presse locale, le Petit Marseillais et le Petit Provençal en tête.

La plus grande partie de l’iconographie est issue des photos publiés par deux quotidiens connus pour leurs photos : Paris-Soir et l’Intransigeant. La mauvaise qualité de cette iconographie est due à l'utilisation du bélinographe, appareil de transmission des photos à distance par le biais du système téléphonique, appareil révolutionnaire pour l’époque et ancêtre du télécopieur.

Ce récit se veut être le plus proche possible des réactions humaines qu’ont eu les témoins et les acteurs du drame en ce jour tragique. Il se veut surtout être un texte à la mémoire des habitants de Marseille qui se sont tant inquiété du sort d'un enfant qu'il ne connaissait pas mais qui, pour eux, était avant tout un enfant de Marseille..

 

La découverte du landau

Vers midi, ce 29 novembre 1935, un élément inespéré va donner un tour nouveau à l’enquête. Alors que la police est en train d’axer ses recherches sur le quartier d’Endoume, le landau de Claude Malmejac est retrouvé par hasard, caché au fond d’un couloir, au 10 Cours Pierre Puget, à proximité d’une porte menant aux caves de l’immeuble.


10 Cours Pierre Puget

Le 10 Cours Pierre Puget de nos jours
(c) Google Street View


La porte d’entrée de cet immeuble, situé entre la rue Gustave Ricard et la rue Breteuil reste toujours ouverte.  En effet, non seulement il s’agit d’un immeuble de bureau mais, de surcroît, un salon de coiffure pour femme occupe les locaux de l’entresol. Le couloir, très large et long d’une dizaine de mètres, est à demi occupé par un escalier imposant. Vers le fond, à gauche, il s’élargit devant la porte du logement du rez-de-chaussée.

La découverte du landau est fortuite. Un témoin, descendant l’escalier, aperçut le landau dans l’obscurité du couloir mais il n’y prêta pas spécialement attention. En effet, les clientes du salon de coiffure ont pour habitude de laisser les landaus à cet endroit là. Lorsque revenant plusieurs heures plus tard, il aperçut de nouveau le landau, un doute l’assaillit et il prévint aussitôt la police.

Il s’agissait bien du landau des Malmejac. Tous les jouets de l’enfant sont retrouvés à l’intérieur. Par contre il manque le sac à main de la nurse qui, pour mémoire, contenait une petite somme d’argent.


Le landau



Bien entendu, l’immeuble et ses caves sont immédiatement fouillés de fond en comble par la police, sans aucun résultat cependant. Toutefois, cela ne surprend pas les enquêteurs qui s’attendaient à un tel résultat. Il y avait fort à parier que la ravisseuse ne demeurait pas dans l’immeuble où elle avait abandonné le landau.

Un peu plus tard dans l’après midi, le docteur Malmejac va formellement reconnaître le landau. Tous les objets qu’il contenait furent minutieusement examinés par les services techniques de la police mais cet examen minutieux n’apporta aucun  élément nouveau à l’enquête.

Par contre, cette découverte va plonger les enquêteurs dans un abîme de perplexité. Ils s’attendaient à trouver tôt ou tard le landau abandonné mais certainement pas à cet endroit là.  Cette découverte renforce le témoignage principal, celui de M. Grosset, le chauffeur-livreur des Etablissements Catalan, qui avait vu la ravisseuse avec le landau remontant le Cours Pierre Puget, donc vers le 18.  Par contre elle fragilise grandement les témoignages du facteur et de l’officier de l’Armée de Terre qui avaient vu l’inconnu sur le boulevard de la Corderie avec le landau alors que normalement, vu l ‘endroit où le landau a été retrouvé, elle aurait du être sans.


Faut-il en conclure que la ravisseuse est revenue durant la nuit cacher le landau ou est-ce toute la piste d’Endoume qui est fausse ?

Dans l’état actuel des choses, la Sûreté ne cherche pas une explication rationnelle à ce détail, le bouclage du quartier d’Endoume étant déjà lancé.

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Jeudi 28 novembre 1935
Endoumes au coeur de l'enquête Avant