M.Couplet, le chef de la Sûreté a vraiment l’impression de faire du surplace. La matinée du lundi semble commencer comme celle du dimanche avec sa cohorte de témoignages spontanés, tous plus farfelus les uns que les autres, avec les rapports des opérations de la nuit, tout aussi déprimants. Le policier pense que la journée va être aussi négative pour l’enquête que celle de la veille.
C’est alors qu’un élément nouveau va enfin lui donner l’impression que l’enquête avance. Un de ses inspecteurs, pénétrant dans son bureau, lui demande s’il se souvient de l’affaire Samama. Bien sur, M. Couplet se souvient très bien de cette affaire d’agression puis d’extorsion de fonds dont a été victime cet avocat réputé.
Ce riche tunisien, avocat conseil âgé de soixante-neuf ans, avait été agressé en septembre dernier dans la villa qu’il possède sur la promenade de la plage et qu’il tentait de louer. Quelques jours plus tard, il avait été victime d’une tentative d’extorsion de fond directement liée à l’agression dont il avait été victime. L’agresseur ne fut jamais retrouvé malgré d’actives recherches. De cette affaire, la Sureté avait gardé, entre autres, la lettre anonyme reçue par Nessim Samama lors de cette tentative.
Un inspecteur, plus curieux que les autres, avait eu l’idée géniale de comparer cette lettre aux lettres reçues par les Malmejac. A sa grande surprise, les deux premières missives reçues au domicile des Malmejac présentaient de telles similitudes de style et d’écriture qu’il était évident que les lettres étaient écrites par la même main.
En ce lundi matin, le dossier Samama est donc rouvert par la Sûreté. La première chose qui saute aux yeux des enquêteurs c’est que Nessim Samama avait eu à faire à un homme d’une trentaine d’années. Or, dans le cas des Malmejac, c’est une femme d’une soixantaine d’années qui est à l’œuvre.
En épluchant avec minutie le dossier Samana, les enquêteurs finissent par trouver la trace d’une femme. Mais elle avait un rôle tellement marginal que les inspecteurs en charge de ce dossier doutaient de l’existence même de cette femme. En effet, lors d’un mystérieux coup de téléphone reçu par l’avocat, c’était une femme qui avait appelé mais les inspecteurs en charge de l’affaire avaient conclu que l’agresseur avait contrefait sa voix.
La piste de l’homme déguisé en femme est donc de nouveau d’actualité. Cela change totalement la donne et relance complètement l’enquête. Reste à identifier l’auteur de la missive. Une nouvelle équipe de la Sureté est mise immédiatement au travail.
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