Jeudi 28 novembre 1935 : L'enlévement de Claude Malmejac

 

UN LUNDI MATIN MOROSE


XL

L’affaire Samana

 
XLI

La reconstitution de l’enlèvement

 



Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages de certains acteurs lors d’émissions diverses, des récits des témoins, des compte-rendu des journaux de l’époque, que ce soit les quotidiens nationaux comme le Petit-Parisien ou l’Intransigeant, pour ne citer que les principaux, ou la presse locale, le Petit Marseillais et le Petit Provençal en tête.

La plus grande partie de l’iconographie est issue des photos publiés par deux quotidiens connus pour leurs photos : Paris-Soir et l’Intransigeant. La mauvaise qualité de cette iconographie est due à l'utilisation du bélinographe, appareil de transmission des photos à distance par le biais du système téléphonique, appareil révolutionnaire pour l’époque et ancêtre du télécopieur.

Ce récit se veut être le plus proche possible des réactions humaines qu’ont eu les témoins et les acteurs du drame en ce jour tragique. Il se veut surtout être un texte à la mémoire des habitants de Marseille qui se sont tant inquiété du sort d'un enfant qu'il ne connaissait pas mais qui, pour eux, était avant tout un enfant de Marseille..

 

XL / L’affaire Samana :


M.Couplet, le chef de la Sûreté a vraiment l’impression de faire du surplace. La matinée du lundi semble commencer comme celle du dimanche avec sa cohorte de témoignages spontanés, tous plus farfelus les uns que les autres, avec les rapports des opérations de la nuit, tout aussi déprimants. Le policier pense que la journée va être aussi négative pour l’enquête que celle de la veille.

C’est alors qu’un élément nouveau va enfin lui donner l’impression que l’enquête avance. Un de ses inspecteurs, pénétrant dans son bureau, lui demande s’il se souvient de l’affaire Samama. Bien sur, M. Couplet se souvient très bien de cette affaire d’agression puis d’extorsion de fonds dont a été victime cet avocat réputé.

Ce riche tunisien, avocat conseil âgé de soixante-neuf ans, avait été agressé en septembre dernier dans la villa qu’il possède sur la promenade de la plage et qu’il tentait de louer. Quelques jours plus tard, il avait été victime d’une tentative d’extorsion de fond directement liée à l’agression dont il avait été victime. L’agresseur ne fut jamais retrouvé malgré d’actives recherches. De cette affaire, la Sureté avait gardé, entre autres, la lettre anonyme reçue par Nessim Samama lors de cette tentative.

Un inspecteur, plus curieux que les autres, avait eu l’idée géniale de comparer cette lettre aux lettres reçues par les Malmejac. A sa grande surprise, les deux premières missives reçues au domicile des Malmejac présentaient de telles similitudes de style et d’écriture qu’il était évident que les lettres étaient écrites par la même main.

En ce lundi matin, le dossier Samama est donc rouvert par la Sûreté. La première chose qui saute aux yeux des enquêteurs c’est que Nessim Samama avait eu à faire à un homme d’une trentaine d’années. Or, dans le cas des Malmejac, c’est une femme d’une soixantaine d’années qui est à l’œuvre.

En épluchant avec minutie le dossier Samana, les enquêteurs finissent par trouver la trace d’une femme. Mais elle avait un rôle tellement marginal que les inspecteurs en charge de ce dossier doutaient de l’existence même de cette femme. En effet, lors d’un mystérieux coup de téléphone reçu par l’avocat, c’était une femme qui avait appelé mais les inspecteurs en charge de l’affaire avaient conclu que l’agresseur avait contrefait sa voix.

La piste de l’homme déguisé en femme est donc de nouveau d’actualité. Cela change totalement la donne et relance complètement l’enquête. Reste à identifier l’auteur de la missive. Une nouvelle équipe de la Sureté est mise immédiatement au travail.

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XLI / La reconstitution de l’enlèvement :



5 Cours Pierre Puget

Le 5 Cours Pierre Puget



Devant l’absence de résultat de la police, le juge d’instruction Mimmard va, lui aussi, tenter de faire avancer les choses. Pour essayer d’y voir plus clair, il organise ce matin là une nouvelle reconstitution à laquelle il va adjoindre tout les moyens modernes dont il dispose. Il fait donc filmer et photographier chaque étape de l’opération. Ce fut la première fois qu’un juge employa ce type de procédé à Marseille.

Mais, lors de la reconstitution devant le 5 cours Pierre Puget, un drame va endeuiller la journée. Il était aux environs de quinze heures. La reconstitution venait de se terminer mais de très nombreuses personnes se pressaient encore au bas du cours Pierre Puget.

Tout à coup, sous l’effet du vent, une cheminée d’un immeuble situé presque en face, au numéro 4, s’abattit avec fracas sur le trottoir. Atteint à la tête, un jeune homme s’écroula sur le sol sous les yeux épouvantés de sa mère et des employés du magasin de coiffure voisin sortis sur le pas de la porte pour assister au « spectacle ».

On se pressa aussitôt auprès de la victime, M. Armand Avril âgé de vingt et un ans  Mais, tous les soins étaient inutiles et le docteur Boyer ne put que constater le décès. Tandis qu’on emmenait le corps au dépositoire de la morgue Saint-Pierre aux fins d’autopsie, le commissaire du 3ème arrondissement était chargé de l’enquête.

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Jeudi 28 novembre 1935
Des témoins capitaux Avant