Jeudi 28 novembre 1935 : L'enlévement de Claude Malmejac

 

REBONDISSEMENT INATTENDU


LVI

Témoignage du deuxième chauffeur de taxi

 
LVII

L'école des Beaux-Arts

 
LVIII

Le couple Saada

 
LIX

Rebondissement inattendu

 


Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages de certains acteurs lors d’émissions diverses, des récits des témoins, des compte-rendu des journaux de l’époque, que ce soit les quotidiens nationaux comme le Petit-Parisien ou l’Intransigeant, pour ne citer que les principaux, ou la presse locale, le Petit Marseillais et le Petit Provençal en tête.

La plus grande partie de l’iconographie est issue des photos publiés par deux quotidiens connus pour leurs photos : Paris-Soir et l’Intransigeant. La mauvaise qualité de cette iconographie est due à l'utilisation du bélinographe, appareil de transmission des photos à distance par le biais du système téléphonique, appareil révolutionnaire pour l’époque et ancêtre du télécopieur.

Ce récit se veut être le plus proche possible des réactions humaines qu’ont eu les témoins et les acteurs du drame en ce jour tragique. Il se veut surtout être un texte à la mémoire des habitants de Marseille qui se sont tant inquiété du sort d'un enfant qu'il ne connaissait pas mais qui, pour eux, était avant tout un enfant de Marseille..

 

Les premières constatations faites le lendemain matin par les policiers confirment les dires des inculpés. Gilbert Rolland était bien inscrit à l’école des Beaux-Arts. De surcroit, le second chauffeur de taxi ayant conduit les ravisseurs du Cours Pierre Puget à Beaumont se fait connaitre.

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I / Témoignage du deuxième chauffeur de taxi :


Le deuxième chauffeur de taxi se nomme Maxime Raspail et habite à Saint-Barnabé, au 5 Boulevard Cortal. Il se présente volontairement à la police dès le lendemain de l'arrestation, soit le 3 décembre, quand les modalités concernant l'enlèvement sont publiées par la presse.

Il explique qu'il ne s'est pas présenté plus tôt car il n'a pas fait le rapprochement entre ses clients chargés au Cours Pierre Puget et les ravisseurs.

Jeudi après-midi, vers seize heure quinze, il se trouve en attente à la station de la place Estrangin lorsqu'un jeune homme le prend et lui demande de se rendre au 22 cours Pierre Puget. Lorsqu'il arrive à cette adresse, le jeune homme ouvre la porte et semble chercher quelque chose. A ce moment précis, il détourne son attention en lui demandant s'il connaît le lotissement Saint-Jacques à Montolivet avant de prolonger la conversation, empêchant ainsi le chauffeur de dévisager la vieille femme qui monte dans son taxi, portant une sorte de paquet au bras.

Le jeune homme demande alors au taxi de se rendre devant l'école de Montolivet. Le trajet qu'emprunte le taxi est des plus classiques : rue Breteuil/Canebière/La Madeleine/Bd de la Blancarde/Bd Rougier/rue Saint Bruno/Chemin de Montolivet.

Le taxi stoppe finalement devant l'école de cette banlieue. Le jeune homme paye la course tout en cherchant à dissimuler plus ou moins sa compagne qui porte quelque chose.

A aucun moment, il n'a soupçonné la présence d'un enfant dans son taxi.

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L'école des Beaux-Arts :


Ceux-ci expliquent que Gilbert Rolland est inscrit à l'école depuis le mois d'octobre 1933. Il suivait des cours de préparation au professorat de dessin que donne Mlle Meyer. C'est un élève appliqué quoique très souvent absent mais au style de dessin intéressant. Ses camarades remarquèrent son étrange mentalité fait de politesse obséquieuse, de surexcitation constante et de manières bizarres. Il ne s'est jamais fait remarquer, ni en bien ni en mal, à se demander si il existe réellement.

Un jour de février 1934, Mlle Meyer lui fit une réflexion sur ces absences injustifiées. Il expliqua alors que, cherchant un appartement, il était obligé de souvent s'absenter. A partir de ce jour-là, il ne remit plus les pieds à l'école. Mademoiselle Meyer regrette simplement qu'il ne se soit pas présenté lors des examens.

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IV / Le couple Saada :

Ce sont les plus proches voisins des Rolland. Mr Saada est un employé de l'imprimerie du Sémaphore et qui travailla aussi à celle du Petit-Marseillais, au boulevard Michelet.

Les Rolland se sont installés au 12 boulevard des Fauvettes deux mois auparavant lorsqu'ils ont quitté leur ancien logement de Bel-Air. Ils ne fréquentaient ni ne recevaient personne. Ils se contentaient de vivre en autarcie, en compagnie de leur chien "Mousse" et d'un singe dont le voisinage entendait parfois le cri.

Mme Rolland produisait au premier abord une bonne impression. Elle disait vivre de ses rentes et présentaient son fils comme un artiste de valeur, travaillant surtout la nuit.

Jeudi dernier, jour du rapt, Mme Rolland rendit une courte visite aux Saada dans la matinée. Les Saada ne se rappellent pas l'avoir vu à la suite de cette rencontre et encore moins dans l'après-midi.

Samedi, nouvelle visite de Mme Rolland. Ils ont parlé de l'enlèvement, stigmatisant en terme violent le crime de la ravisseuse. Mme Rolland évita de se prononcer sur cet enlèvement. Depuis ce jour-là, Mme Rolland semblait plus préoccupé qu'à l'ordinaire. Quant à son fils, qui d'ailleurs ne parlait pas du tout au voisin, personne ne l'a vu ces derniers jours.

Le couple Saada n'a jamais soupçonné la présence d'un bébé chez leur voisine. Les faibles cris qui en provenait pouvait très bien provenir du singe et non d'un bébé.

De même, le couple Saada n'a jamais soupçonné que leur voisine pouvait être folle ou détraqué. Elle s'exprimait bien, "comme une personne instruite et cultivée."


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V / Rebondissement inattendu

A la Sureté Marseillaise, un coup de théâtre inattendu se déroule  le 3 décembre 1935 avec la réception d’un coup de téléphone en provenance de Rouen. En effet, Mr Cabannes, commissaire central à Rouen, appelait Mr Couplet, Chef de la Sureté à Marseille pour lui faire d’une bien curieuse histoire.

Ayant eu en lisant la presse, les photographies des ravisseurs, deux policiers de cette ville portuaire, l’inspecteur chef de la Sureté Dorival et l’inspecteur Deveaux, qui en janvier 1934 avaient enquêté de concert sur une affaire  d’extorsion de fonds et de faux et usage de faux, étaient sûr de les avoirs reconnus. Il s’agirait des deux fuyards recherchés dans cette affaire. Seul problème, les deux fugitifs ne s’appellent pas Gilbert et Marie Rolland mais Gustave André Clément et sa mère Eugénie Marie Cardin.

Une rapide confrontation avec les éléments envoyés par la Sûreté de Rouen permettent aux policiers marseillais de se rendre compte qu'ils ont réellement à faire à André Clément et Eugénie Marie Cardin.

D’après les renseignements complémentaires fournis par les services rouennais, Marie Cardin aurait divorcé  au début des années vingt d’Edmond Clément, un capitaine au long cours respecté sur la place rouennaise. De cette union, elle aurait eu un fils, André, né le 8 avril 1909 aux Sables d'Olonnes.

L'enquête venait de prendre un tournant des plus important.

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Jeudi 28 novembre 1935
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