Jeudi 28 novembre 1935 : L'enlévement de Claude Malmejac

 

L'INSTRUCTION ET SES REVELATIONS


LX

La véritable identité des ravisseurs

 
LXI

Les délits à Rouen

 
LXII

Les délits à Marseille

 
LXIII

Dieppe sur le devant de la scène

 


Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages de certains acteurs lors d’émissions diverses, des récits des témoins, des compte-rendu des journaux de l’époque, que ce soit les quotidiens nationaux comme le Petit-Parisien ou l’Intransigeant, pour ne citer que les principaux, ou la presse locale, le Petit Marseillais et le Petit Provençal en tête.

La plus grande partie de l’iconographie est issue des photos publiés par deux quotidiens connus pour leurs photos : Paris-Soir et l’Intransigeant. La mauvaise qualité de cette iconographie est due à l'utilisation du bélinographe, appareil de transmission des photos à distance par le biais du système téléphonique, appareil révolutionnaire pour l’époque et ancêtre du télécopieur.

Ce récit se veut être le plus proche possible des réactions humaines qu’ont eu les témoins et les acteurs du drame en ce jour tragique. Il se veut surtout être un texte à la mémoire des habitants de Marseille qui se sont tant inquiété du sort d'un enfant qu'il ne connaissait pas mais qui, pour eux, était avant tout un enfant de Marseille..

 

Démasqué, les deux ravisseurs ne font aucun difficulté pour confirmer aux juges leur véritable identité d’André Clément et Eugénie Cardin

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LX / La véritable identité des ravisseurs :


Les Clément

André Clément et Eugénie Cardin


Convoqué de nouveau devant le juge d’instructions en début d’après-midi, les deux prévenus commencent par nier farouchement être ce que la Sureté de Rouen affirme. Il aurait pu réussir à tromper le juge si celui-ci n’avait pas eu entre les mains le livret militaire d’André Clément trouvé le matin même dans la villa du boulevard des Fauvettes lors d’une fouille méthodique effectuée par la police marseillaise.

Après de nouvelles dénégations, le ravisseur ne peut que reconnaître la vérité : il est bel et bien André Clément, recherché par la justice pour détournement de fond.

Les ravisseurs du petit Claude Malmejac sont donc André Clément, né le 8 avril 1909 à Dieppe et Marie Cardin, née le 4 septembre 1867 à la Roche-sur-Yon.

La raison profonde de ce changement d’identité est à chercher dans leur passé tumultueux.

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LXI / Les délits à Rouen


Rouen en 1930

Rouen en 1930


D’après la Sureté de Rouen, un mandat d’arrêt a été lancé par le juge d’instruction Tasniere en charge d’enquêter sur un détournement de fond effectué à l’encontre de la société de transit Paloumé-Lafresne, pas moins de 125000 francs qu’auraient empoché la mère et le fils, celui-ci étant employé dans la société comme commis.

Profitant de son poste, André Clément aurait détourné et encaissé avec l’aide de sa mère, deux chèques au porteur à la fin de l’année 1933. La société s’apercevant du détournement que le 19 janvier 1934. Ils ont disparu de la circulation dès que le détournement a été découvert

Ils ont été condamnés par contumace, André Clément ayant écopé de vingt années de bagne.

( Voir l'annexe « L'Affaire Paloumé-Lafresne » )

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LXII / Les délits à Marseille


Marseille

Marseille en 1930


Les événements marseillais s'enchaînent et les policiers marseillais sont désormais convaincus qu’ils se trouvent aux prises avec un couple de petits malfrats sans aucun lien avec la pègre marseillaise qui, d'ailleurs, s'est désolidarisé très tôt de cet enlèvement. Toutefois, la liste des délits qui peuvent être imputés au couple sur la commune de Marseille prend rapidement une certaine ampleur.

  • Escroquerie à l'encontre de Mademoiselle Montaigu concernant le stock de marchandise vendu sans aucune compensation
  • Agression à l'encontre d'un avocat par André Clément pour lui voler son portefeuille. . (Voir l'annexe L'Affaire "Samama")
  • Tentative d’enlèvement contre les enfants Ciseli
  • Enlèvement du petit Claude Malmejac

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LXIII / Dieppe sur le devant de la scène


Dieppe en 1930

Dieppe en 1930


Au fil des heures, le portrait d’un couple de malfrat à la petite semaine se dessine et la liste de leurs escroqueries s’allongent. Ainsi, par une indiscrétion de la Police, le « Petit Marseillais » peut révéler que les Clément sont passés par Dieppe où ils n'ont pas laissé un bon souvenir.

En 1925, Edmond Clément fit entrer au service des concessions des cimetières de la mairie de Dieppe son fils âgé alors de seize ans. Celui-ci resta trois mois dans ce service avant de disparaître du jour au lendemain. Il ne fallut pas longtemps au chef de service pour s’apercevoir que le fond de roulement du service, en l’occurrence 1500 francs, avait disparu.

Le lendemain de la disparition de l’argent, le maire de Dieppe reçut un courrier de la part d’André Clément. Celui-ci expliquait sans détour avoir détourné l’argent pour « compenser le salaire que la mairie aurait dû normalement [lui] verser ».

La mairie décida alors de porter plainte pour récupérer son dû mais l’affaire n’alla pas bien loin. Dès qu’il fut avisé des malversations de son fils, plaidant l’erreur de jeunesse, son père remboursa rubis sur l’ongle la somme détournée mais demanda en contrepartie que la mairie retirasse sa plainte.

Chose fut faite et le dossier classé.

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Jeudi 28 novembre 1935
Les récompenses et la satisfaction Avant