Jeudi 28 novembre 1935 : L'enlévement de Claude Malmejac

 

LES RECOMPENSES ET LA SATISFACTION


LXIV

Les récompenses promises

 
LXV

Le geste du Docteur Malmejac

 
LXVI

Les peines encourues

 
LXVII

Conclusion provisoire

 


Remarques : Le compte-rendu du drame tel que vous le découvrez, est en fait la mise en écriture des témoignages de certains acteurs lors d’émissions diverses, des récits des témoins, des compte-rendu des journaux de l’époque, que ce soit les quotidiens nationaux comme le Petit-Parisien ou l’Intransigeant, pour ne citer que les principaux, ou la presse locale, le Petit Marseillais et le Petit Provençal en tête.

La plus grande partie de l’iconographie est issue des photos publiés par deux quotidiens connus pour leurs photos : Paris-Soir et l’Intransigeant. La mauvaise qualité de cette iconographie est due à l'utilisation du bélinographe, appareil de transmission des photos à distance par le biais du système téléphonique, appareil révolutionnaire pour l’époque et ancêtre du télécopieur.

Ce récit se veut être le plus proche possible des réactions humaines qu’ont eu les témoins et les acteurs du drame en ce jour tragique. Il se veut surtout être un texte à la mémoire des habitants de Marseille qui se sont tant inquiété du sort d'un enfant qu'il ne connaissait pas mais qui, pour eux, était avant tout un enfant de Marseille..

 

LXIV / Les récompenses promises

Paris-Soir

Ainsi « Paris-Soir » va offrir une prime de quarante mille francs à qui donnera une information concrète permettant de retrouver l’enfant enlevé


Parallèlement à tous ces efforts, une nouvelle manière d’aider la famille dans la douleur apparaît, manière initiée par la presse parisienne. Durant la période de « l’entre deux guerres »,  les grands journaux de la capitale rivalisent dans la course à l’audience. Dans cette course effrénée, tous les coups sont permis. L’un des atouts est « le » geste pour la « noble cause », geste bien entendu soutenu par une grande campagne publicitaire. Ce geste, fort opportun et nullement désintéressé, est très souvent une souscription. Les journaux ont pris l’habitude de lancer des souscriptions pour tout et n’importe quoi.

Dans l’affaire qui nous intéresse, c’est ce qu’ils vont faire mais ils vont introduire une nouvelle variante : ils offrent des primes. Cela va être durant quatre jours la course à la prime. Chaque prime consentie est annoncée à grand renfort d’affiches dans toute la France pour que tout le monde soit bien au courant des efforts consentis par les rédactions.


La remise des récompenses


Une prime de 40.000 francs a été attribuée par « Paris-Soir », grand quotidien parisien. Elle   est destinée à récompenser les personnes qui auraient donné un précieux renseignement ayant permis la libération de l'enfant. Après concertation,  la prime est donnée aux deux témoins capitaux ayant permis l'arrestation des ravisseurs :

  • 30.000 francs pour mademoiselle Montagu
  • 10.000 francs pour madame Lacan


Les deux inspecteurs à l'origine de l'arrestation reçoivent 20.000 francs pour avoir retrouvé le petit Claude Malmejac. Ils vont partager cette somme avec la totalité des équipes ayant participé à la recherche de l’enfant.


Les récompenses

Les inspecteurs

Les inspecteurs de la Sureté de Marseille

Haut

 

LXV / Le geste du Docteur Malmejac


Le professeur Malmejac tient le 7 décembre 1935 une promesse qu'il avait faite à Léon Bancal quelques jours auparavant, lors de la libération de son fils. Il s'est rendu à l'Évêché où il a remis une somme de 50.000 francs, somme équivalente à la rançon demandée par les ravisseurs, à Mr Couplet, chef de ma Sûreté, en le priant de bien vouloir assurer la répartition selon la meilleure équité.

En effet, cette récompense survient à la suite d'une conversation entre Léon Bancal et le docteur Malmejac, conversation dont le Petit Marseillais nous livre la teneur :

"Que pensez-vous faire maintenant ?

Comment, vous me le demandez ? Mais c'est simple. J'étais disposé à remettre sans arrière-pensée la rançon exigée par des apaches, par des criminels. Je ne leur aurais même pas fait reproche de leur abominable conduite. Vous ne voudriez tout de même pas que j'essaie de tourner mon devoir ? Les cinquante mille francs iront à ceux qui m'ont aidé. Nous verrons plus tard comment les repartir !"

Haut

 

XLVI / Les peines encourues :


La presse dans son ensemble, qu’elle soit locale ou nationale, de droite comme de gauche, crie au scandale et réclame une révision urgente du code pénal. En effet, cet enlèvement a bouleversé le pays au  plus haut point et la population, la « vox populi » veut que ces criminels qui se sont attaqués à un jeune enfant soient sévèrement punis.

Hors, l’article 355 du code pénal concernant « les coupables d’enlèvement, de recel ou de suppression d’enfant », ne prévoit que des peines de réclusion ne pouvant excéder dix ans. Si les circonstances atténuantes peuvent être avancées, cette peine est ramenée à cinq ans.

La population ne comprend pas que pour d’autres crimes jugés par elle moins grave, les travaux forcés (au bagne de Cayenne) soient la peine et que pour un crime d’enfant seulement la prison ne punisse le coupable. D’autant plus que la concomitance des événements permet ce type de parallèle puisqu’un faux monnayeur coupable d’avoir contrefait des pièces de dix francs a été condamné le 30 novembre 1935 aux travaux forcés à perpétuité.

Le juge Mimmard par contre a remarqué une faille dans cette affaire, faille dans laquelle va s’engouffrer quelques mois plus tard le Procureur d’Aix-en-Provence pour alourdir les peines et contourner la loi.

Si pour l’enlèvement de Claude Malmejac, les ravisseurs ne risquent donc au maximum que dix ans, il n’en va pas de même avec la tentative d’enlèvement des enfants Cisely. En effet, l’un des deux enfants est une fille or la législation est beaucoup plus sévère lorsqu’il s’agit de mineure et prévoit vingt ans de travaux forcés.

Haut

 

XLVII / Conclusion provisoire

Claude Malmejac

Cette affaire ébranla au plus profond de son âme la vieille cité phocéenne. Non seulement on avait touché à l’un de ses enfants mais en plus c’était pour une raison sordide : l’argent. Et cela était totalement inadmissible pour une population où l’enfant est le centre de tout.

C’est pour cette raison que la ville entière se mobilisa pour retrouver Claude Malmejac et que l’on vit l’association la plus improbable se former  pour le retrouver : la police et le grand banditisme, main dans la main, réunis dans la recherche de la vérité !

Haut

 

Retour L'instruction et ses révélations
Jeudi 28 novembre 1935
Le procès Avant