La presse dans son ensemble, qu’elle soit locale ou nationale, de droite comme de gauche, crie au scandale et réclame une révision urgente du code pénal. En effet, cet enlèvement a bouleversé le pays au plus haut point et la population, la « vox populi » veut que ces criminels qui se sont attaqués à un jeune enfant soient sévèrement punis.
Hors, l’article 355 du code pénal concernant « les coupables d’enlèvement, de recel ou de suppression d’enfant », ne prévoit que des peines de réclusion ne pouvant excéder dix ans. Si les circonstances atténuantes peuvent être avancées, cette peine est ramenée à cinq ans.
La population ne comprend pas que pour d’autres crimes jugés par elle moins grave, les travaux forcés (au bagne de Cayenne) soient la peine et que pour un crime d’enfant seulement la prison ne punisse le coupable. D’autant plus que la concomitance des événements permet ce type de parallèle puisqu’un faux monnayeur coupable d’avoir contrefait des pièces de dix francs a été condamné le 30 novembre 1935 aux travaux forcés à perpétuité.
Le juge Mimmard par contre a remarqué une faille dans cette affaire, faille dans laquelle va s’engouffrer quelques mois plus tard le Procureur d’Aix-en-Provence pour alourdir les peines et contourner la loi.
Si pour l’enlèvement de Claude Malmejac, les ravisseurs ne risquent donc au maximum que dix ans, il n’en va pas de même avec la tentative d’enlèvement des enfants Cisely. En effet, l’un des deux enfants est une fille or la législation est beaucoup plus sévère lorsqu’il s’agit de mineure et prévoit vingt ans de travaux forcés. |